Socr., Hit t. eccl.y i, 8 : Mignb, P. G., lxvii
4. S. Anus, Apol. c. Arian.y ch. vi : Migkb, Ibid., xxt, 260.
Mais le meurtre de l'empereur d'Occident, Constant (350), vint bouleverser une fois de plus la situation. Constance, livré sans contrepoids à l'influence et aux intrigues des Ariens, se remit à persécuter les catholiques. Devant les menaces et sous la pression de la cour, le concile d'Arles, en 353, et en 355, celui de Milan, condamnèrent Athanase. L'Arien Georges, en 356, s'empara de son siège les armes à la main ; une fois encore le sang coula. Pendant six ans, c'est-à-dire pendant le reste du règne et de la vie de Constance, Athanase erra de déserts en déserts parmi les moines de l'Egypte, gouvernant ses ouailles du fond de sa cellule, et soutenant de ses écrits la cause de la foi.
En 362, Julien l'Apostat, par une ostentation de tolérance ou plutôt dans l'espoir d'aviver les dissensions et les troubles de la chrétienté, rappela tous les évêques exilés par la faction arienne. La modération dv Athanase déjoua les visées de l'empereur; grâce à l'esprit vraiment chrétien et vraiment politique, dont le patriarche se montra surtout animé dans le concile d'Alexandrie de l'an 362, nombre de semi-ariens se virent faciliter leur retour au giron de l'Eglise, et les affaires de l'orthodoxie furent complètement rétablies en Orient. Déçu et irrité, Julien se hâta, cette année même, d'arracher d'Alexandrie, par un nouvel exil, le perturbateur du repos public. L'épreuve fut courte cette fois, comme le passage même de Julien sur le trône. Lui mort, Athanase reparaissait vainqueur et comblé d'hommages par le nouvel empereur Jovien, qui régna peu.
Une dernière persécution l'attendait sous l'empire de Valens, zélé pour l'hérésie, persécuteur acharné des semi-ariens comme des catholiques. Athanase partit pour son cinquième exil, vers le milieu de l'année 365, et passa quelques mois aux portes d'Alexandrie, caché dans le tombeau de son père; mais il fallut le rendre aux vœux
et aux réclamations d'un peuple qui l'adorait et qui, pour lui seul, fut toujours si fidèle. Il revint s'asseoir sur la chaire épiseopale, et désormais, trop grand pour être persécuté ou protégé par l'empire, après tant d'épreuves, il mourut en paix le 2 mai 373, au milieu de son troupeau. Il a été pour tout l'Orient le porte-drapeau de l'orthodoxie ; et dans POccident même, nul n'a été plus révéré que lui (1).
II. Ecrits apologétiques (2). — En tête des œuvres de saint Àthanase, l'édition des Bénédictins nous offre deux traités apologétiques, intitulés par tous les manuscrits sans exception, l'un le Discours contre les Grecs (3), l'autre le Discours sur V Incarnation du Verbe (4). Mais, malgré la différence des titres, ces deux traités ne sont, en réalité, que les parties d'un seul tout, et saint Jérôme les mentionne en effet comme un ouvrage unique (5).
Dans le premier, Athanase découvre le vide et le néant du polythéisme ; puis, au panthéon bizarre de l'Egypte, il oppose la grandeur morale et la nécessité du monothéisme chrétien. Le second livre défend la foi au mystère de l'Incarnation contre les attaques des païens et des juifs.
Cette apologie, qui remonte aux environs de Tan 318,