Ibid
VII. Lettres pascales. — Parmi tant de doctes traités, de protestations et de Lettres d'Athanase, il ne se trouve rien de ses sermons. Mais quelques-unes de ses instructions pastorales sont arrivées jusqu'à nous.
Le soin de déterminer chaque année Pépoque précise de la fête de Pâques semblait, depuis 19 me siècle (1), un privilège attaché au siège métropolitain de l'Egypte. Aussitôt après la fête de l'Epiphanie, le patriarche d'Alexandrie envoyait à ses suffragants et dans tous les monastères de l'Egypte une lettre officielle, pour annoncer aux fidèles l'ouverture et la fin du jeûne quadragésimal. C'étaient, sous forme de circulaires et avant le dispositif, de véritables homélies, où se reflétaient les questions et les agitations religieuses du temps. On n'en saurait donner une idée plus exacte qu'en les comparant aux mandements de carême de nos évêques. Elles s'intitulaient, du nom de leur objet immédiat, lettres festivales ou pascales (2).
Le texte primitif des lettres pascales de saint Anathase est, à quelques fragments près (3), totalement perdu. Mais, en 1847, un couvent du désert de Nitrie, celui de Sainte-Marie, livrait au Musée britannique un recueil syriaque de ces lettres, et Tannée suivante, W. Cureton les donnait au public (4). Le manuscrit, si mutilé qu'il soit, contient encore quinze lettres entières, correspondant aux années 329-348 ; saint Anathase, en 336, 337, 340, 343, 344, n'avait pas publié de lettres pascales. Ce nouveau document de la littérature chrétienne est de la plus haute importance pour l'histoire de l'arianisme.
VIII. L'Incarnation et le dogme trinitaire. — Au faîte comme au fond de la christologie d'Anathase, on ren-
i. Cf. Supra, § 30, i.
2. iitiSToXat àopxocrrtxai, peut-être aussi Xdyoi lopTaartxo(.