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VII. Ecrits dogmatiques polémiques. Suite. — Ecrits contre les Pélagiens. — L'erreur dont la réfutation devait occuper les dix-huit dernières années de la vie d'Augustin, a pris son nom du moine breton Pelage. Son disciple Caelestius, de naissance obscure, a développé et précisé la doctrine du maître, dont le défenseur le plus zélé fut Julien, évêque d'Eclane, homme d'un talent dialectique supérieur, très batailleur, plein de confiance en lui-même.
Pour caractériser la doctrine pélagienne, nous ne saurions mieux faire ici que de transcrire une partie du dernier chapitre du De hœresibus (1) de saint Augustin, d'autant plus que cette brève exposition fait en même temps connaître clairement, dans ses traits Fondamentaux, le système opposé de l'auteur. Les Pélagiens, nous dit Augustin, font si peu de cas de la grâce de Dieu, qui nous arrache à la puissance des ténèbres et nous élève à la dignité d'enfants de Dieu, qu'ils croient l'homme capable d'accomplir sans elle tous les commandements de Dieu. Le Sauveur disait au contraire : « Personne ne vient à moi, s'il ne lui est donné par mon Père (2) », et ailleurs : « Sans moi vous ne pouvez rien faire (3). » Gomme les fidèles objectaient qu'on n'avait que faire alors du secours de la grâce, la grâce, répondait Pelage, est donnée aux hommes pour accomplir plus facilement par son secours les commandements imposés à leur libre volonté. Il maintenait donc la thèse que l'homme peut observer les commandements de Dieu sans la grâce divine, bien qu'avec plus de peine. Cette grâce de Dieu sans laquelle nous ne pouvons faire aucun bien, d'après les Pélagiens, ce n'est autre chose que le libre arbitre, cette force que notre nature a reçue de Dieu sans aucun mérite antécédent. Dieu nous