Joan., xv
Ade par sa loi et par sa doctrine, par lesquelles nous appelions ce que nous devons faire et ce que nous devons espérer. Il ne peut être question d'un don de l'Esprit diirin, nous rendant capables d'accomplir ce que nous avons reconnu pour notre devoir. Les Pélagiens rejettent aussi tes prières que l'Eglise fait, tant pour les infidèles et pour ceux qui résistent à la doctrine divine, afin qu'ils se convertissent à Dieu, que pour les croyants, afin qu'ils croissent et persévèrent dans la foi. Car, disent-ils, c'est là un double bien que les hommes ne reçoivent point de Dieu, mais doivent se procurer à eux-mêmes, puisque la grâce de Dieu qui sauve du péché, nous est accordée selon nos mérites. Il est vrai qu'au tribunal des évêques de Pales- Une, réunis à Jérusalem et à Diospolis en 415, Pelage, pour éviter une condamnation, dut renier cette doctrine ; mais il ne la soutient pas moins dans ses écrits postérieurs. Il enseignait en outre que la vie des justes ici-bas est entièrement exempte de péché, quece'sont ces justes qui forment l'Eglise, laquelle est par conséquent sans aucune tache ni ride (1). Gomme si ce n'était pas l'Eglise de Jésus- Christ qui par toute la terre crie vers Dieu : « Pardonneznous nos offenses (2). » Les Pélagiens nient que les en* fants, par le fait d'être issus d'Adam, encourent la mort spirituelle. Les enfants naissent au contraire libres de tout lien du péché et tels qu'une seconde naissance ne trouverait rien à leur remettre. Le baptême, qui n'est nullement une rénovation intérieure, une délivrance du péché et de la peine, n'a d'autre effet que d'initier au royaume de Dieu ; sans le baptême les enfants n'obtiendraient pas moins une vie éternelle et bienheureuse, bien qu'en dehors du royaume de Dieu. Adam, disent-ils, serait mort corporellement quand même il n'aurait pas péché, et,
i. Cf. Eph , ▼, 27.