Liber sacramentorum Romanac ecolesiœ : Micsb, ly
Pères de l'Église, T. II. 31
aucun doute d'origine romaine, mais tout aussi certainement un travail privé, non une œuvre officielle des pontifes. L'abbé Duchesne (1889) en retarde la composition jusqu'au milieu du via siècle. Probst (1892) soutient l'opinion, jusque-là dominante, qui reporte au ve siècle la composition de ce recueil et qui attribue la plupart de ses formules au pape saint Léon-le-Grand.
III. Littérature. — Les éditions capitales des œuvres ds saint Léon sont celles du P. Quesnel, Paris, 1675, 2 vol. in-4°, souvent réimprimées dans la suite, et celle des frères Pierre et Jérôme Ballerini, Venise, 1753-1757, 3 vol. in-f*, reproduite par Migne, liv-lvi. Sur ces éditions et sur toutes celles antérieures à 1794, ainsi que sur les manuscrits connus jusque-là, on trouve d'amples renseignements dans 8chœnemann, ftzMofA. kisl.UU. Pair, lat., n, 886-1012 : Migne, liv 64-114.
Depuis les Ballerini pas le moindre fragment nouveau n'est venu compléter les œuvres de saint Léon. Les huit prédications mises au jour par Caillau (Migne, lvi, 1131-1154) sont toutes également apocryphes. Le sermo de eucensione publié par Liverani sous le nom da saint (Spicilcg. Liber ian., Florence, 4863 in-f*, p. 121-123) n'est pas de meilleur aloi.
Par contre, Amelli, S. Leone magno e l'Oriente, Rome, 1882, Mont- Cassin, 1890, in-8°, a tiré d'un recueil latin de pièces relatives aux controverses mono physi tes, deux lettres nouvelles adressées à S. Léon, Tune de Flavien de Gonstantinople, l'autre d'Eusèbe de Dorylée. L'une et l'autre sont un appel au pape contre la sentence du Brigandage d'Ephèse, qui avait, contre toute justice, déposé ces deux évoques. Cf. Grisar, L'appel dernièrement découvert de Flavien au pape Léon /, dans la Revue de théol. cath., t. VU (1883), p. 191-196. — Mommsen a donné» d'après le manuscrit qui avait ser?i à Amelli, une nouvelle édition des deux lettres, Documents pour Vhist. de l'Eglise d'après le Cod. Novar. 30, dans les Nouvelles Archives de la société de l'ancienne hist. allemande, t. Xi (1886), p. 361-368. Amelli a publié dernièrement le recueil tout entier, Monl-Cassin, 1893. V. § 90, ni. On trouve dans la Correspondance de saint Léon, sous les n°» 22 et 26, en grec et en latin, deux autres lettres de Flavien au pape; Migne, liv, 723-732; 732-751. On a en outre une lettre du même évéque à l'empereur Théodose II : Migne,
P. G.t lxv, 889-892.
Nous devons à Krusch une édition nouvelle et très soignée des
lettres de saint Léon sur le comput pascal : Etudes sur la chronologie
chrétienne du moyen âge. Le cycle pascal de 8ï ans et ses sources, Leipz., 1880, in-8°, p. 251-265. Hurter a inséré dans ses Opuscules sel., t. XIV et XXV-XXVI, un choix de sermons et de lettres d'après l'édition des Ballerini. Pour la datation des lettres, v. Jaffé, Reg. Pontif. Rom. Ed. 2, t. I, p. 59-75. Sur le Sacramentarium Leonianum, v. Duchesne, Origines du culte chrétien, Etude sur la liturgie latine avant Charlemagne, Paris, 1889, in -8° ; — Probst, Les plus anciens sacramentaires et ordres romains expliqués. Munster, 1892, in-8 ; — Wilson, A comparative index to (lie Léonine, Gelasian and Gregorian Sacramentaries according to the text of Muratori, Cambridge, 1892, in-8°.
Sur S. Léon en général, v. entre autres, Arendt, Léon-le-Grand et son époque* Mayence, 1835, in-8° ; — Pertbel, Vie et doctrines du pape Léon I. Contrib. à l'histoire de tf Eglise et du dogme, Iéna, 1842, in-8° ; — Bœhringer, Les Pères de la papauté: Léon 1 et Grégoire I, Stuttgard, 1879 ; — Bertanî, Vila di S. Leone Magno, ponte fice massimo, Monza, 1880-1881, 3 vol. in-12 ; — Kubn, La christologie de S. Léon-le-Grand systématiquement exposée. Etude d'histoire des dogmes, Wurtzbourg, 1894, in-8°.
Du prédécesseur de S. Léon, Sixte III (432-440), il reste huit lettres : Migne, l, 581 et suiv. Cf. Jaffé, L. c, 1, 57-58.
IV. Saint Pierre Ghrysologue. — Né à Forocornelium, la moderne Imola, vers 406, dès 433, selon la chronologie la plus suivie, Pierre occupait la chaire épiscopale de Ravenne, alors résidence de l'empereur d'Occident, et jouissait d'une grande renommée comme modèle du vrai pasteur. Ravenne avait-elle dès avant saint Pierre Chrysologue le rang de métropole? Ne l'obtint-elle que sous cet évoque? C'est une question controversée. Pierre entretint des relations d'amitié avec saint Léon. Lorsque Eutychès, le père du Monophysisme, condamné par le concile de Constantinople de 448, chercha à gagner l'opinion publique, il ne manqua pas de s'adressera l'évêque de Ravenne. Celui-ci répondit au moine byzantin qu'il n'avait qu'à se conformer aux instructions du pape, « puisque le bienheureux Pierre, qui vit et préside dans son antique chaire, communique la vraie foi à ceux qui la cherchent. Quant à nous, l'amour de la paix et de la vérité ne nous permet pas de recevoir les questions de
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foi sans le consentement de l'évêque de Rome (1) ». Le
saint évoque mourut, senible-t-il, vers 450, à Forocorne- Hum.
Nous avons sous son nom cent soixante-seize sermons, recueillis dans les premières années du vine siècle par l'évêque Félix de Ravenne (707-717) (2). On admet généralement qu'il n'a pas su écarter tout élément apocryphe ; mai* c'est d'autre part une opinion fondée qu'en dehors de ce recueil et sous d'autres noms, nous possédons plusieurs sermons de saint Pierre Chrysologue (3).
Les cent soixante-seize morceaux du recueil sont en général assez courts. Une bonne moitié* traite du texte biblique. Après avoir expliqué le sens littéral, l'orateur cherche à en dégager un sens plus haut (4). Les discours dogmatiques au sens propre du mot sont l'exception; ils regardent surtout le mystère de l'Incarnation et combattent les Ariens et les Eutychiens. Les nos 56-62 sont consacrés au symbole des apôtres.
Il y a une série de panégyriques de la Sainte Vierge, une autre de saint Jean-Baptiste. Tous ces discours sans exception respirent le véritable esprit de l'Eglise. Le style est inégal, d'ordinaire concis et serré, plein de mouvement et de force (5). Même au moyen âge les sermons du saint évêquo étaient Tort goûtés et partout répandus, à en juger par la multitude des manuscrits. Son surnom de Chrysologue se rencontra pour la première fois sous la plume d'Agnellus qui écrivit au ix° siècle le Liber pontificalis
i. « Quoniam beatus Pctrus, qui in propria sede et vivit et prœsidet, prœstat quœrentibus fidei veritatem ; nos enim pro studio pacis et fidei extra consensum Ilomanœ civitatis episcopi causas fidei audire non possumus. » Dans la corresp. de S. Léon, 26 : Migrb, uv, 739-744.