Conc. Ghalc. act. n : Mansi, vi
§ 75. — LE PAPE SAINT LÉON-LE-GRAND Â&i
trône céleste, sans abandonner la gloire de son Père. Il est né d'une nouvelle naissance et dans un nouvel ordre de choses... Bien que sa naissance du sein de la Vierge soit merveilleuse, sa nature n'est pas pour cela différent© de la nôtre. Vrai Dieu, il est aussi vrai homme, et il n'y a nul mensonge dans cette union, formée de la bassesse de l'homme et de l'élévation de Dieu. Le Dieu n'est point diminué par son abaissement et l'homme n'est point absorbé par son élévation. Chacune des deux natures opère ce qui lui est propre en union avec l'autre, le Verbe ce qui est du Verbe et la chair ce qui est de la chair. L'un resplendit dans les miracles, l'autre succombe sous les outrages. Et comme le Verbe ne déchoit pas de l'égalité de la gloire du Père, la chair ne déserte pas la nature de notre race, car, nous ne saurions trop le redire, une seule et même personne est à la fois vrai fils de Dieu et vrai fils de l'homme (1). »
Aux prédications et aux lettres de saint Léon on joint d'ordinaire quelques écrits de provenance douteuse. On a mentionné déjà (2) le De vocatione omnium gentium et l'épître Ad Demetriadem. Le Sacramentaire léonien (3), la forme la plus ancienne du Missel romain, qui a été en ces derniers temps le sujet de tant de discussions, est sans
1. « Ingreditur ergo hœc mundi infima films Dei, do cœlesti sede descendes et a paterna gloria non recedens... nec in Domino Jesu Christo ex utero virginis genito, quia nativitas est mirabilis, ideo nostri est natura dissimilis. Qui enim verus est Deus, idem verus est homo, et nullura est in hac uni ta te mendacium, du m invicem sunt et humilitas hominis et altitudo deitatis. Sicut enim Deus non mutatur miseratione, ita homo non consumitur dignitate. Agit enim u traque forma cum alterius communione quod proprium est ; Verbo scilicet opérante quod Verbi est et carne exsequente quod carmis est. Unum horum comscat miraculis, aliud succumbit injuriis. Et sicut verbum ab œqualitate paterna; glorire non recedit, ita caro naturam nostri generis non reiinquit Unus enim idemque est, quod sœpe dicendum est, vere Dei filins et vere hominis filius. » c. 4.