Ap. Photîus, Bibl. cod., 85 : Migre, P. G.y cm
mail Hégémonius, et l'exactitude du renseignement ne saurait être contestée.
Les Acta prennent le ton et les allures d'un compterendu ; on dirait le procès-verbal d'une discussion qui a mis aux prises Archelaûs, évêque de Garrhes, en Mésopotamie, et le fondateur du manichéisme, et qui, sous les yeux et de l'avis des doctes juges du camp, s'est terminée par la victoire d'Archélaûs. Une seconde séance a consacré, en le faisant éclater plus encore, le triomphe de Tévêque. Pure fiction littéraire ! De fait, ces conférences n'ont jamais été tenues ; et l'auteur a voulu simplement, dans un cadre de son choix, mener la campagne contre le manichéisme. Pas un des personnages en scène, Manès excepté, n'est connu de l'histoire. Les Acta ne laissent pas d'être un document historique du plus haut prix ; Hégémonius a profité d'ouvrages manichéens authentiques et les a partiellement reproduits ; c'est la source commune, ou presque tous les auteurs grecs et latins ont puisé ce qu'ils nous disent du système religieux de Manès.
Zacagni, le premier, a publié intégralement le texte latin des Acta disputationis, dans les Colleclanea monumentorum veterum eccl. Grœcêe ac Latinx, p. M05, Rome, 1698, in-fol.; l'édition a été depuis souvent réimprimée. On la retrouve dans Routb, Reliquiœ sacras, 2* éd. t. V, p. 1-206, Oxford, 1848, et dans Migne,P. G.,x, 1403-1528. — H. V.Zittwitz, Etude des Acta disputa tionis Archelai et Manelis, dans la Rev. de th. historique, 1873, t. XLIII, p. 467-528. — A. Oblazinski, Acta disputationis Archelai et Manetis, Leipzig, 1874, in-8°. — K. Kessler, Mânes, recherches sur Iv religion manichéenne, i. I, p. 87-171, Berlin, 1889. Kessler tient pour l'existence d'un original syriaque. — Contra, Th. Noeldeke, dans la Rev. de la société allemande de l'Orient, 1889, t. XL11I, p. 537*541. — Partant de l'idée de Kessler, Ad. Harnack, Les Acta Archelai et le Diatessaron de Tatien, dans les Textes et Recherches..., 1883, t. I, fasc. 3, p. 137-153, s'est cru autorisé à conclure que les Acta ont emprunté leurs citations de l'Evangile au Diatessaron. Cf. Supra, § 17, ni.
II. Alexandre de Lycopolis. — Un certain Alexandre de Lycopolis, probablement un évèque de cette ville dans la première moitié du ive siècle (1), guerroya, lui aussi, contre les manichéens. L'ouvrage qu'il a laissé, npoçxàc Mxvtxafou 8o£«<;, malgré son peu d'étendue, malgré son style pénible et trop souvent obscur, nous aide puissamment à bien connaître le manichéisme, et mérite à ce titre toute notre attention.
L'ouvrage d'Alexandre a été publié par F. Gombefis, BibL Grxc. Pair, auctarium novissimum, Part. II*, p. 3-21. Paris, 1672, in-8°. On le retrouve dans Galland, BibL vcL Patrum, t. IV, p. 71-88 ; dans Migne, P. G.9 xvin, 409-448. A. Brinkmann en a donné, d'après le Codex Laurentianus ix, 23, une nouvelle édition, Alexandri Lycopolitani contra Manichœi opiniones ditputatio, Leipzig, 1895, in-8° (Bibliotheca Teubneriana).
III. Sérapion de Thmuis. — Au-dessous du traité d'Alexandre de Lycopolis par l'étendue comme par l'importance, on rencontre l'opuscule que Sérapion, évêque de Thmuis dans la Basse- Egypte, avait lancé contre les Manichéens ; avouons pourtant que l'opuscule ne nous est pas intégralement parvenu. Sérapion, un fidèle ami de saint Athanase (2), mourut vers 358. Saint Jérôme (3)
1. C'est aussi l'opinion de M. Fuiœ, Die t. de th., 2* éd., à l'art. Alexandre de Lycopolis. En réalité, la polémique du livre npo<; xkç Mavt^oo 8<£ga;, à la fin du m* siècle ou dans les premières années du ive, est marquée au coin de l'école néoplatonicienne ; l'auteur est un païen, que les contradictions, les inconséquences et les absurdités du manichéisme ont révolté, mois qui, sans haine contre « la philosophie » chrétienne, ne laisse pas néanmoins de la juger sévèrement. Cf. A. Brinkmann, dans la Préface de son édition d'Alexandre de Lycopolis. (N. des T.;.