DENYS DIT L'ARÉOPAGITE
éponymes des divers écrits, rappellent autant de disciples des apôtres, et la dixième lettre est adressée au théologien Jeôn, apôtre et évangéliste, exilé dans l'île de Pathmos. Etant à Héliopolis en Egypte, Denys avait été témoin « de Téclipse survenue dans la croix salutaire (1) » ; par quoi il semble bien désigner le phénomène relaté par l'Evangile à la mort du Sauveur. Avec un grand nombre de frères il fit un voyage « pour contempler le corps qui avait enfanté la vie et reçu Dieu (2) ». De quoi peut-il s'agir que d'une visite à la Sainte Vierge? A cette visite assistent le « frère de Dieu (3) Jacques, et Pierre, le plus haut et le plus ancien sommet de la théologie ».
11 est néanmoins impossible, pour des raisons intrinsèques et extrinsèques, d'assigner aux écrits aréopagitiques une date antérieure au milieu du iv° siècle. Les écrivains ecclésiastiques des trois premiers siècles les ignorent ; Eusèbe lui-même n'en fait nulle mention. Peut-être en trouve-t-on les premières traces dans un passage de saint Grégoire de Nazianze de Tan 380 (4) et dans un autre de saint Jérôme de l'année suivante (5). Celui-ci par 1' « auteur grec très versé dans l'Ecriture sainte », celui-là par « un autre écrivain plus ancien » n'entendent-ils pas notre auteur?
C'est du reste dans la seconde moitié du ive siècle, et non avant, que le sol semble préparé pour l'éclosion de ces écrits. L auteur est manifestement un produit de l'école néo-platonicienne, très familier avec les doctrines alexandrines, telles qu'elles s'élaborèrent sous l'action de Plotin, de Porphyre, de Jamblique. Converti au christianisme, il oppose au néo-platonisme un système théologique qui se
1. TÎfc fcv ti|> wcrtpi<p arrjpêp ytyovAzs iKXetysco; ; Ep. tu, 2.