‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 99 sur 374 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

§ 52. — DENYS DIT l'ARÉOPAGSTE 133

ne peut plus nier que l'auteur lui-même ait voulu se faire passer pour l'aréopagite, disciple de l'apôtre, qu'il ait pris un masque antique, un peu comme Hermas (1) et comme Moïse de Chorène (2). Dès lors le nom même de Denys peut parfaitement n'être pas historique et il faut abandonner l'identification avec Denys de Rhinocolure. Bien des circonstances d'ailleurs recommandent l'opinion qui place la composition des Areopagitica à une époque bien plus tardive (3), Les expressions citées de saint Grégoire de Nazianze et de saint Jérôme qui feraient allusion à ces écrits, sont extrêmement vagues, et la première trace certaine de leur existence ne remonte pas au-delà de l'an 531 (4).

III. Histoire des écrits aréopagitiques. — Dans le colloque qui eut lieu à Constantinople en 531, entre les Orthodoxes et les Sévériens ou Monophysites modérés, ces derniers en appelèrent entre autres à Denys l'Aréopagite ; mais Hypatius, le porte-parole des catholiques, rejeta les écrits allégués, comme apocryphes et inconnus de l'antiquité. L'autorité de ces écrits n'alla pas moins grandissant, grâce surtout à saint Maxime le Confesseur (f 662), qui en soutint l'authenticité et en montra la parfaite orthodoxie dans la question des deux volontés.

Qu'un autre que TAréopagite pût en être l'auteur, le moyen âge tout entier n'en eut pas le moindre soupçon. L'an 827, l'empereur Michel le Bègue fît remettre un exemplaire à Louis le Débonnaire. Une première version latine, œuvre de l'abbé de Saint-Denys, Hilduin, ne satisfit personne; mais, à la prière de Charles-le-Ghauve, Scot Eri-

i. Cf. Supra, § 9, m-iv.

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