Cf. supra, § 37, m
et d'erreurs théologiques. Elles sont empreintes nota: ment du millénarisme le plus grossier, et leurdoctr de la Trinité manque absolument de précision.
Gommodien a lu les poètes classiques dont il reprc ça et là les tours et les expressions favorites ; il conm merveille ses devanciers, Minucius Félix, Tertullien, s- Cyprien; il profite surtout des Témoignages du prir d'Afrique, Mais, par système, il parle la langue popuh et son style, d'une teinte sombre, a toute la raideur du; Le vers chez Gommodien n'a gardé de l'ancien hexam : que l'apparence et l'extérieur ; il ne lui reste qu nombre régulier de syllabes, que le poète groupe à 5 gré, sans souci de la quantité ; l'intonation y produi' rhythme en place de la mesure. La rime elle-même coz mence à poindre chez le poète africain du m* siècle. M pour donner à ceux qui lisent ces vers de hasard Yillu* du vers classique, l'auteur conserve la césure après le ?cond pied et forme le cinquième d'une syllabe accentssuivie de deux qui ne le sont pas (1).
Le deuxième ouvrage de Commodien, le Carmen apo geticum % dans les 1060 vers (2) qui nous en restée' [
1. Ce mode de versification, dont l'accent tonique est & pen près le &* élément, datait du premier âge de la poésie romaine et s'était conservé du 1 les chants populaires. Lettré lui-môme, Commodien l'adopta pour être mi*" 11 compris du peuple, et nul doute que le peuple, à défaut des gens du mn: i n'en ait été frappé. On lisait encore Commodien deux siècles plus tard, pui*/<' le pape Gélase II, en 494, crut devoir ranger parmi les livres défendus le< • i vrages de ce poète étrange, dont le classique "saint Jérôme n'avait rien £■> Aussi bien, Commodien avait eu quelques imitateurs, peu nombreux ,!iv l'Eglise. Un siècle et demi après lui, saint Augustin, ce lettré raffiné, employait également la versification populaire dans son Psaume abécédai* Contre les Donatistes ; une inscription des Catacombes de l'an 400 parait cal quée sur le vers de Gommodien, et les œuvres de Vérécundus, évéque ' Junca en Byzacène, nous offrent des morceaux tout analogues. Mais de i""' nade au P. Sirmond, qui cite quelques morceaux des Instructions à iï suite de son édition d'Ennodius, 1611, nul ne prononcera plus le nom de fr 33 ' modien. (N. des T ).
2. Les 33 derniers ne se font conservés ou ne sont lisibles qu'en partie.
§ 38. — COMHODIEN 357
semble fort aux Instructions. Ici et le, même langue, ec plus de fraîcheur et de vie dans le Carmen ; le poète, > rs des entraves de l'acrostiche, s'y sent plus à l'aise dans n sujet. Ici et là, même système de versification ; mais, ms le Carmen, on trouve quelques hexamètres coric ts, c'est-à-dire conformes aux lois de la quantité, et s rhythrae, en général, y est plus moelleux et plus couint.
Au fond, dans le Carmen et dans le premier livre des nstruclions, le caractère et l'esprit sont les mêmes; l'au- .eur développe les mêmes idées. Ici encore, il veut reprendre et instruire les païens et les juifs; mais tandis que les Instructions s'occupaient avant tout des païens, c'est aux Juifs que s'attaque de préférence le Carmen.
La dernière partie du poème (1), à tous les points de vue la plus remarquable et la plus intéressante, nous offre un tableau de la fin du monde. Gommodien, avant Lactance, imagine deux antéchrists au lieu d'un. Le premier est l'empereur Néron, qui, selon la légende romaine, n'est pas mort, et qui, revenant de chez les Parthes, saccagera Rome, s'associera dtux Césars et se déchaînera, pendant trois ans et demi, contre les chrétiens. Alors s'élève l'autre antéchrist, le grand, le vrai. C'est un roi de l'Orient, c'est l'homme de la Perse, et il fond sur l'Occident avec une armée composée de quatre peuples, les Perses, les Mèdes, les Chaldéens et les Babyloniens ; il défait et tue Néron avec ses deux Césars, et se rend en Judée, où les Juifs le reconnaissent pour Dieu et l'adorent. Enfin le Christ parait avec les tribus perdues d'Israël, qui vivaient cachées par delà l'Euphrate, au-delà de la Perse, t Le peuple des justes » taille en pièces l'armée de l'antëchrist et prend possession de la cité sainte, de Jérusalem. Le règne du Christ sur la terre doit durer mille