ARNOBE
irist ; mais il le subordonne au Dieu suprême, comme 1 être inférieur; le Fils, à ses yeux, ne s'est pas incarné; s'est revêtu de la nature humaine, sans se faire omme (1). L'àme humaine est d'une qualité mitoyenne, n ceps , mediœ qualitatis , à égale distance de la vie et de x mort, sujette par elle-même à une destruction finale et usceptible d'acquérir une longévité indéfinie par un don spécial du souverain Maître : Arnobe va jusqu'à prétendre qu'elle a pour auteur, non pas Dieu, mais un être au-dessous de Dieu, bien qu'il soit de sa cour et y tienne un haut rang (2).
Avec une connaissance si incomplète et si vague de la théologie chrétienne, l'œuvre d'Arnobe ne pouvait échapper, dans sa partie dogmatique, à la confusion et à l'obscurité. Une prolixité souvent fatigante, une recherche démesurée du style, une pompe et une abondance d'expressions, qui sentent le rhéteur d'une lieue, tout y épaissit encore les nuages. De sorte qu'on n'hésite pas à ratifier le jugement de saint Jérôme: « Arnobe est inégal et excessif, et sauf dans le plan de son ouvrage, il manque d'ordre et de netteté (3). »
III. Editions et littérature. — Le texte d 'Arnobe nous a été conservé, avec le titre d' Ad ver sus nationes, par un seul manuscrit du ix* siècle, le Codex Paris. 1601 ; cf. supra, § 35, v.
L'édition princeps est celle de Faustus Sabaeus Brixianus, Rome, 4543, in- fol. V. la liste des éditions postérieures dans Schœaemann, Bill. hist. lit. Patr. lat., î, i 60-175. On a édité fort souvent Arnobe, tant ses pages, si riches de détails sur la mythologie, ont excité Tinté- Têt des philologues modernes ! Editions récentes de Migne, P. Lat. $ v, Paris, 1814; de Hildebrand, Halle, 1844; de Fr. QE hier, Leipzig,