‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 223 sur 228 · Lvc. cit · texte numérisé non relu

Lvc. cit

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saint Abercius, qui devait savoir de quelle province éî£ t . son héros, le fait vivre et mourir dans la Phrygie Salutaire.

On soupçonnait depuis longtemps que saint Abere i;; n'est autre que l'AuCpiioç MipxeXXoç auquel est dédié un écri. anonyme contre les Montanistes, des environs de Tan20A longuement cité par Eusèbe (l). Les explorations c> M. Ramsay donnent à cette conjecture un haut degré d< probabilité. En effet, dans le prologue de l'écrit anti-montàniste, il est parlé deZoticus d'Otrous comme d*un évèqae bien connu d'Avircius et son voisin. Or, M. Ramsay a rencontré les ruines d'Otrous à 2 lieues de celles d'Hiéropolis. Entre Abercius et Àvircius, il y a donc concordance pour les lieux, comme pour le nom et l'époque.

M. Ramsay a complété sa découverte par une autre, encore plus heureuse. Étant retourné en Phrygie peu d'années après, il a retrouvé, en deux fragments, les restes du cippe sépulcral d'Abercius lui-même, portant encore une notable partie de l'inscription, la moitié des vers 7-15. En 1892, le Sultan envoya à Léon XIII, à l'occasion de son jubilé épiscopal, le fragment principal, auquel vint se joindre bientôt l'autre morceau, don de M. Ramsay, qui l'avait emporté en Ecosse. Cette insigne relique brille aujourd'hui en tête des inscriptions chrétiennes du Musée du Latran.

Ce qui reste du monument sépulcral d'Abercius en rend ]a [restitution aisée. C'était un cippe quadrangulaire en marbre blanc. L'inscription couvrait trois côtés (dont deux ont complètement disparu) ; le quatrième portait au milieu une couronne de feuillage qui se voit encore. Ce cippe, au dire de Thagiographe, s'élevait sur le tombeau

i. Hist. eccl.. v, 16 et 17. Bien que son épitaphe ne le dise pas, il y a tout lieu de croire l'hagiographe bien informé lorsqu'il attribue à Abercius la qualité d'évêque.

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même du saint, peut-être au milieu d'une chambre sépulorale, en tous cas isolé de tous côtés.

Est-il besoin de s'attarder à réfuter les fantaisies de quelques auteurs allemands, voyant dans Abercius, qui, avec Ficker, un prêtre de Gybèle (1), qui, avec Dietrich, un myste d'Atys, qui, avec Harnack lui-même, un représentant du syncrétisme religieux de l'Orient? M. de Rossi, M. Duchesne, M. Marucchi, etc., ont dissipé ces rêves, œgri somnia; le mot est de M. de Rossi, se départant pour une fois de sa constante courtoisie. L'épitaphe d'Abercius rappelle si vivement les peintures des Catacombes, c'est si parfaitement la même langue mystique qu'on croit volontiers que Tévêque phrygien, dans son voyage à Rome» avait visité les premières fresques eucharistiques de Saint- Calliste ou la Fraction du pain de Sainte-Priscille (2).

Le texte de l'épitaphe est aujourd'hui bien établi, les manuscrits étant contrôlés par le3 marbres pour quinze vers sur vingt-deux (3). On le trouve dans les Inscriptiones Christ, de M. de Rossi, t. II, part. I, p. xvu, et dans le Nuovo Bulletino di Arch. crist. Nous donnons la version latine du Bulle tino, qui ne diffère que par quelques mots de celle de M. de Rossi.

Eleclœ civitatis civis hoc feci

Vivent ut habeam (quum tempus erit) corporis hic sedem

Nomen mihi Abercius discipulus pastoris casti

Qui pascit ovium grèges in montibus et agris

1. De nombreux témoignages attestent que l'ichtyophagie était défendue aux adorateurs de Cybèle, tandis qu'ici elle apparaît comme caractéristique. On ne pouvait guère concevoir un système plus contradictoire que celui de Ficker. Aussi Harnack reconnalt-il qu'il s'agit réellement ici de l'i/Bàç eucharistique*

2. On comprend que M. Ficker prévoie comme conséquence de son hypothèse une revision a peu près complète de l'archéologie chrétienne.

3. La planche I1I-VI du Xuovo Bulletino di arch, crist. , 1895, n°* 1-2, donne une reproduction en grandeur réelle du reste du monument et la planche VII une réduction.

Cui oculi sunt grandes ubique conspicientes

h me docuit (vitœ) lit 1er as fidèles

Qui Roman me misit regnum contemplaturum

Yisurumque reginam (1) aurea siola aureis calceis decoram

1 bique vi'ii populum (2) splendido sigillo insignem

Et Sirix vidi campos vrbesque cunctas Nisibin quoque

Transgres&o Euphrate U bique vero naclus sum familiariter cà.

Paulum habens(b)...Fidcs vero ubique mihiduxfuil [queutes ;

Prsobuitque ubique cibum piscem e fonte

Ingentem purum quem prekendit virgo casta

Dedilque amicis perpetuo edendum

Vinum optimum habens minislrans mixtum cum pane»

Hxc adstans Abercius dictavi hic inscribenda

Annum agens vere septuagesimum secundum

Hœc qui intelligit quique eadem sentit oretpro Abercio

Pieque quisquam sepulcro meo alterum superimponat

Sin autem inférât aerario Romamorum aureos bismille

Et oplimx patrix Hieropoli aureos mille.

Littérature. V. supra, p. 176. Ajouter: Ramsay, dans le Bulletin de Corresp. hellénique, juillet 1882, p. 518 et suiv. Le même dans te Journal of Hellenic studies, oct. 1882. — Duchesne, dans le Bulletin critique, 16 mars 1894, p. 117. — Wilpert. Principes d'Archéot. chret.

1. pautXdav, re{jnum,la majesté impériale ; j3a7tXî(jjav, la reine, la princesse, l'Église romaine, a que nous voyons tout le long du second siècle, visitée et vénérée par les chrétiens de tout pays, do toute condition, de toule nuance, Asiatiques, Orientaux, Egyptiens, évoques, philosophes, orthodoxes, gnostiques, unitaires, montanistes, quartodécessians ». Duchesne, Revue des Quest. hist., 1" juillet 1833. p. 24.

2. Aaov. Hirschfcld et Dielrich y voient un accusatif de Xaaç, pierre, et l'entendent de la pierre météorique gardée dans le temple de Cybôle. Le sens de pierre ne serait pas pour gêner l'interprétation chrétienne, mais ce sens n'est pas probable.

3. L'unité de la foi et la communion de la charité, de Rome aux bords de r Euphrate.

A. Le commencement du v. 12 reste assez obscur. Il manque sur le marbre un pied et demi, que ne suppléent pas les manuscrits. Il semble bien y être question de saint Paul, qucl'évéque voyageur aurait pris pour modèle.

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Fribourg, 1889, in-4°, p. 50 et suiv. — Weber, LEpitaphc de S. Abercius. Son importance pour le dogme calh. dans le Bulletin mensuel de théoi. pratique t. III, (1833), p. 474-481. — Zahn, Avereius Marcel lus cV Hier o polis, dans le3 Recherchez sur Vhist, du canon du Nouv. Test. 5° part. Erlangen, 1893, p. 57-99.

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