‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 222 sur 228 · Isaïe, m, 10, d'après les Septante · texte numérisé non relu

Isaïe, m, 10, d'après les Septante

l'épitaphe de saint abercius Supra, p. 175.

L'Épitaphe <T Abercius étant l'un des « documents essentiels », l'une des « clefs du Symbolisme chrétien *> (K nous tenons à transcrire icile texte complet du monument phrygien, de la « reine des inscriptions chrétiennes, » comme rappelle M. Marucchi. Quelques notes compléteront celles de la page 175 et suiv.

Inconnu des anciens martyrologes, saint Abercius, évoque d'Hiérapolis en Phrygie, « thaumaturge, homme égal aux Apôtres, \<j<nz6<rzo'ko<; » figure pour la première fois dans les ménologes grecs du x° siècle, au 22 octobre. C'est là que Baronius Ta pris pour le mettre dans son martyrologe à la même date. La mention des ménologes procède d'une vie de saint Abercius du recueil de Métaphraste, remontant aux environs de Tan 380, selon Harnack, au V e ou au VI e , selon l'abbé Duchesne, légende très brillante, mais où l'invention de Thagiographe, après l'imagination populaire, s'est donné carrière.

11 en est tout autrement de l'épitaphe, en vingt-deux vers hexamètres, qui termine la biographie. Bien qu'elle

(t) Duchesne, Saint Abercius, dans la Revue des Que st. hist., 1" juillet 1883.

EPITAPHE DE S. ABERCIUS 385

iéplût à Tillemont (1) plus encore que la légende, cette inscription est certainement authentique ; l'hagiographe a écrit en présence du monument d'Abercius, et c'est l'inscription elle-même imparfaitement comprise, il est vrai, quia surtout inspiré la légende.

Dom Pitra reconnut le premier dans cette épitaphe une perle de la plus haute valeur, qu'il recueillit dans son Spicilège (2). A la suite du savant bénédictin, M. de Rossi et le P. Garrucci étudièrent ce précieux monument.

En 1882, un jeune Écossais, M. W.-M. Ramsay, publiait dans le Bulletin de Correspondance hellénique de l'école française d'Athènes, numéro de juillet (3), une étude sur la vallée de Sandukli en Phrygie, qu'il venait de visiter. Il donnait notamment, sans en soupçonner tout l'intérêt, une épitaphe chrétienne d'un certain Alexandre d'Hiéropolis, datée de l'an 216. On reconnut aussitôt que les six vers de Tépitaphe d'Alexandre d'Hiéropolis imitaient, reproduisaient presque, six vers de Tépitaphe d'Abercius d'Hiérapolis.

M. de Rossi (4) n'hésita pas à conclure de ce rapprochement qu'Abercius ne devait pas être, comme tout le monde l'avait cru jusque-là, d'Hiérapolis ad Lycum, ville (5) de la Phrygie l re ou Pacatienne, située à plus de 30 lieues à l'ouest de l'endroit exploré par Ramsay, mais bien d'une autre Hiérapolis, ou, plus exactement, Hiéropolis, ville de la Phrygie Salutaire, où Ramsay venait de trouver l'épitaphe d'Abercius imitée par un de ses concitoyens. M. Duchesne (6) montra d'ailleur3 que le biographe de

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