‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 225 sur 228 · DEUX CERTIFICATS ORIGINAUX DE LIDELLATIQUES · texte numérisé non relu

DEUX CERTIFICATS ORIGINAUX DE LIDELLATIQUES

apporté à Fayoum en Egypte, localité bien connue par d'autres insignes trouvailles (1). Il forme une bande de papy rus brun clair, de 20 cm ,5 sur 8 cm , avec 24 lignes d'écriture en langue grecque, les seize premières et les cinq dernières lignes soignées et assez correctes, les trois autres, d'une main différente, négligées et rapides. Le tout sans accents ni esprits. Voici la traduction de cette pièce :

« A ceux qui ont été choisis au sujet des sacrifices du

bourg de Cîle d'Alexandre, de la part cC Aurélien Diogène,

fils de Satabus, du bourg de nie d Alexandre, âgé de 72 ans,

portant une cicatrice sur le sourcil droit. Et je n'ai jamais

cessé de sacrifier aux dieux, et maintenant en votre présence,

selon Védit, j'ai sacrifié {et fai fait des libations et fai

mangé des victimes), et je demande que vous r attestiez*

Portez-vous toujours bien. Aurélien hiogène j'ai remis...

Aurélien... sacrifiant...

« Lan 1 de l'empereur César Gaïus Messius Quintus Trajan Dêcius, le Pieux, FHeureux, Auguste, le 2 du mois dEpiphi. »

Le 2 du mois d'Epiphi de Tan 1 de Dèce correspond au 26 juin 250.

La provenance de ce libellus, comme de celui de Wessely, l'un de l'île d'Alexandre, un village des lacs de Fayoum, l'autre de Philadelphie (2), bourgade du nome d'Arsinoë, est une preuve de fait que la persécution de Dèce a sévi jusqu'au fond des campagnes et dans les plus petits villages (3). De la suscriplion : « A ceux qui ont été choisis au sujet des sacrifices », il ressort que dans les

1. V. P. Savi, Ze fragment evangé ligue du Fayoum, Paris, 1892.

2. Ou plutôt de la campagne environnante. Les quatre titulaires du certificat sont dits E^tuiruXeltat.

3. Cf. Lettre de saint Denis le Grand apud Eus. Hist. eccl., yi, 42.

moindres localités, aussi bien qu'à Carthage, à coté t>représentants ordinaires de l'autorité, siégeait un comiu spécial de notables, avec mission de veiller à l'exécuta i. de Tédit. A Carthage ce comité comptait cinq membres ( I . Épiés, dénoncés, traqués de toutes parts, le désert seul offrait aux Paul de Thèbes un sûr asile.

La teneur des deux libelli permet de deviner les disposi tions de redit perdu de Dèce. « Selon les prescriptions dit Aurélius Diogène, j'ai sacrifié aux dieux. » Hamac, proposait de lire les deux lignes suivantes, fort mutilées: « et j'ai fait des libations et j'ai mangé des victimes » ; p libellas de Philadelphie est venu pleinement confirai?.** cette conjecture. L'édit ordonnait donc à tous, sous peine de mort, les sacrifices aux dieux, les libations et l'usée des viandes immolées. Harnack soupçonnait aussi fue Tédit de Maximin Daza (308), cité par Eusèbe (2), était, du moins en partie, la reproduction littérale de celui de Dèce ; les données des deux libelli ne permettent plus d'en douter.

Aurélius Diogène ne dit pas seulement qu'il a sacrifié en présence des inquisiteurs ; il dit qu'il n'a jamais cessé de sacrifier. Il n'y a pas lieu de croire pour cela que nous ayons affaire à un vrai païen, faussement soupçonné de christianisme ; les libellatiques de Philadelphie en disent autant ; c'était évidemment une formule, probablement exigée par les autorités.

Le viel Aurélius semble avoir écrit lui-même sa pétition. Le libellus de Philadelphie, sans doute de la main d'un scribe, est signé par un tiers, au nom des titulaires, qui sont « illettrés »•

La fin du papyrus de Vienne manque à partir de la signature. Par malheur, les lignes suivantes de celui de

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