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QUADRATUS ET ARISTIDE

3uadratus remit, vers l'an 126, à l'empereur Adrien (1) v 117-138), pendant son séjour à Athènes, pour y vengera la fois l'innocence des fidèles persécutés et la divinité de leur religion. Elle n'est point arrivée jusqu'à nous, sauf un très court fragment qu'Eusèbe nous a conservé (2).

Eusèbe fait de l'auteur un « disciple des Apôtres (3) ». Mais peut-être l'apologiste est-il un troisième Quadratus, distinct de l'évêque d'Athènes et du prophète del'Asie-Mineure.

Les données que nous avons sur Quadratus et sur son Apologie se trouvent rassemblées dans Roulh, Rcliquiœ sacrœ, 2* éd., t. I, 69-19 ; dans Otto, Corpus apolegetarum, Cf. supra, § 14), ix, 333-341. — Cf. Harnack, La tradition des apologistes grecs du n e siècle (v. supra, § 14), 100- 109. ; Histoire de l'ancienne littérature chrét., l re part., p. 95-96, Leipzig, 1893. — Tb. Zaho, Le plus ancien apologiste du christianisme, dans la Nouv. rev. ecclés.,t. II, 1891, 281-287.

II. Aristide. — Selon Eusèbe (4) et saint Jérôme (5) Aristide, philosophe d'Athènes, présenta, en même temps que Quadratus, une apologie à l'empereur Adrien. Il ne restait pas trace de la deuxième apologie chrétienne, quand les PèresMéchitaristes de Venise publièrent, en 1878, sous le nom du philosophe athénien Aristide, deux textes arméniens, un fragment d'apologie avec ce titre : « A l'empereur Adrien » et une homélie « Sur la prière du bon larron et la réponse du Crucifié ». L'homélie tire des paroles de Jésus-Christ en croix (6) la preuve de sa divinité ; mais la

1. M. J. R. Harris, The Apology of Aristide* , p. 10 et s., incline plutôt a croire que l'Apologie de Quadratus a été présentée, comme celle d'Aristide, à Antonin le Pieux. (N. des T.). — 2. Hist. eccl., iv, 3 : Migre, P. G., xx, 308.

— 3. Chron. ad a. Abr., 2140 : éd. Schœne, u, 166. S. Jbb., De rtV. ill. % 19 : Micw, P. L. f uni, 637. — 4. L. c. et Hist, eccl,, iv, 3. — 5. De vir. HL, 20 #

— 6. Luc, xxiii, 43.

■14-2 PREMIÈftE TKRIODE. — ÉCRIVAINS GRECS

plupart des critiques, pour des raisons intrinsèques, et repoussent ou du moins en suspectent l'authenticité. Lu bien autre accueil était réservé au fragment d'apologie, qui nous parle, dans la première partie, de l'existence et de la nature de Dieu, dans la seconde partie, de la division du genre humain en quatre branches, Barbares, Grec;. Juifs et Chrétiens. Presque tous les critiques ont reconnu dans ce morceau une version arménienne (1) de l'Apologie d'Aristide, et les faits, depuis, leur ont donné raisop avec un éclat vraiment inespéré.

Au printemps de 1889, M. Harris découvrit dans la bibliothèque du couvent de Sainte-Catherine, sur le mon' Sinaï, le texte syriaque de l'Apologie d'Aristide. Découverte précieuse et qui permit à M. Robinson d'en faire bientôt une nouvelle; c'est que la Vie de Bariaam et é Joasaph, une des œuvres apocryphes de saint Jean Damascène, s'est approprié l'Apologie du philosophe athénien, pour la mettre dans la bouche du chrétien Nachor parlant au roi Abenner (2). Dans ce texte grec aussi bien que dans le texte syriaque, on retrouve, avec des variantes plus ou moins graves, le fragment arménien. De la comparaison des trois textes entre eux, il appert que le Pseudo-Damascène a fortement remanié le travail d'Aristide et que la découverte de M. Harrîs nous rend bien plus sûrement l'ouvrage original.

L'Apologie peut se réduire à cette thèse que voici : Le> Chrétiens possèdent la véritable idée de Dieu, que les trois autres portions de l'humanité, Barbares, Grecs, Juif? n'ont pas su conserver. Le polythéisme des Grecs, de? Egyptiens et des Chaldéens est assez brièvement réfuté. Après quoi, la belle description de la vie des chrétien* rappelle par nombre de traits la Didachè (3) et, plus encore.

(. L'Apoln?i^ iV.\ri5tidc a laissé des Irnces dans l'ancienne littérature ani» L nii'ime. Y.sxùa, d.inasa Réfutation des hérésies, B'en est visiblement cl Isrpfineut servi. I "un homélie, qui porte lu nom de saint Grégoire l'Illuminai?»' mai* <|ui est plutôt ilo révoque saint saint Mesrop (f 441), nous en apporlf !Liis-i un (''.'lui m ri prolongé. Cf. Veittb, Rtr. irim. detkéol., Tub., t. LXW1I, IBM, p. 5B9-539. (S. dm T.).— 2. th. xj»i-iït.i; Mkki. P. G., tevi, iiOB-llii- — 3. Supra, % .t,i.

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e tableau exquis de l'Epitre à Diognète (1) qui n'est cepenlant pas dépassé.

L'Apologie, d'ailleurs, n'a pas répondu aux grandes espérances qu'avait éveillées le nom de son auteur. A la science de l'antiquité chrétienne elle n'apporte rien de nouveau. Point de théologie proprement dite, nul art de la composition. Saint Justin, Tatien, Athénagore dépussent de cent coudées Aristide.

Le texte syriaque, tiré d'un manuscrit du vu* siècle, porte ce titre vraiment étrange, « Omnipotenti Cœsari Tito Hadriano Antonino Augustis et Glementibus a Marciano Aristide philosopho Atheniensi. » Nul doute que la première partie n'en soit fautive. Hans le titre grec de l'ouvrage primitif on lisait, selon toute apparence : « A l'autocrator César Titus Adrien Antonin l'Auguste, le Pieux », ce qui désigne non pas Adrien, mais Antonin son successeur. 11 y aurait donc lieu d'abaisser d'environ quinze ans la date que l'on assignait autrefois à l'Apologie d'Aristide ; elle aurait été composée vers Tan 140.

S. Aristidis philosophi Atheniemis sermones duo... Venise, 1878, in-8°. L'Homélie, tirée d'un manuscrit du xn e siècle, porte bien dans son titre le nom d'Aristide, au lieu de celui d'Arislée que lui donnent les éditeurs. Mgr Baunard traduisit presque aussitôt en français le fragment arménien, Rev. des se. ecclés., mai 1879. M. H. Doulcet en a aussi publié une traduction française, dans les Annales de philos, chrét., février et mars 1881. — Rummler, De Aristidis phil. Ath. sermonibus duobus apologeticis (Progr.), Posen, 1881, in-4°. — M. l'abbé Martin a réédité le texte arménien dans les Analecta sacra du card. Pitra, t. IV, p. 6-11 (en arménien), p. 282-286 (en latin), Paris, 1883; cf. Proleg. ; p. x-xi. M. Martin y a aussi publié, d'après un manuscrit arménien de Paris, un fragment insignifiant de quelques lignes, intitulé : Lettre d'Aristide à ton* les philosophes. — The Apology of Aristides f edited and translated by J. Rendel Harris, with an appendix by J. Armitage Robinson, Londres, 1891. — M. M. Seeberg et Hennecke ont essayé de restituer le texte original de l'Apologie d'Aristide. L'important travail de M. See-

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