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LES APOLOGISTES DU 11° SIÈCLE

De ces apologies, les unes s'adressent aux païens, les i titres aux Juifs. Celles-là veulent faire avant tout la lurxxière sur le dogme, la morale et le culte chrétien, mais ians la mesure nécessaire pour réfuter les calomnies et dissiper les préjugés du polythéisme. Contre les Juifs, les apologies s'inspirent presque toutes du besoin qui pressait en particulier l'Eglise des Gentils, de peser et de renverser, l'Ecriture sainte à la main, les objections du Judaïsme. Fr. Morel songea le premier, pour la commodité du lecteur, à former des apologies du n" siècle un Corpus apologetarum. Le premier il rassembla dans un seul recueil les œuvres de saint Justin, d'Athénagore, de Théophile, de Tatien et d'Hermias, Paris, 1615.

Les deux principales éditions de8 apologistes grecs du n e siècle sont dues, l'une àDom Prudence Maran, de la congrégation de Saint- Maur, in-fol., Paris, 1742, Venise, 1747, l'autre en 9 vol. in-8°, à M. le professeur Otto, Iéna, 1847-1872. Gai I and, BibL vel. Patrum, (t. I, saint Justin, Tatien ; t. II, Atbénagore, Hermias, Théophile), a emprunté le texte de Dom. Maran. Ce texte est aussi reproduit avec de légères corrections dans Migne, P. G., vi. Mais on y trouve à la suite, col. 1705-1816, le précieux travail des Conjecture et emendationes où J.H.Noite nous donne des manuscrits de Paris une collation infiniment plus exacte que celle qu'on trouve dans l'édition d'Otto.

MM. Harnack et von Gebhardt ont démontré que presque tous les manuscrits des apologies grecques de n* et du m* siècles dont nous sommes en possession, sauf les ouvrages de saint Justin, les trois livres de Théophile a Autolycus et l'Irrisio d'Hermias, dérivent plus ou moins directement d'un seul et même prototype, et que ce prototype est conservé en assez mauvais état à la Bibliothèque nationale de Paris (Coi. Paris. Gr. 451) sous le nom de Codex Aréthas, écrit, en 914, sur Tordre d'Aréthas archevêque de Gésarée. V. Harnack, La tradition des apologistes grecs du n* siècle, dans l'antiquité et dans le moyen-ûge, dans les Textes et études..., t. I, fasc. 1-2, Leipzig, 1882 ; von Gebhardt, La tradition manuscrite des apologistes grecs. 1. Le codex Aréthas, Ibid., 1. 1, fasc. 3, p. 154-196, 1883. Cette découverte a frayé des chemins nouveaux à la critique textuelle des ouvrages qui nous occupent. MM. von Gebhardt et Schwartz ont entrepris une édition nouvelle des

apologistes grecs avec de courtes explications grammaticales et de? tables. M. Schwartz a fait paraître le Discours de Tatien aux Grecs, L^ zig, 1888, L'Apologie d'Alhénagore et son Discours sur la résurrection ic morts, îbid.j 1891. — M. Hennecke, V Apologie d'Aristide, récens ion et restitution du texte, Leipzig, 1093. — Tous ces travaux ont trouvé pltcr dans les Textes et études pour servir à l'hisL de Uanc. lit t. chréi. , t. IV. fasc. 1, 2, 3.

Les apologistes en général ont occupé K. Werner, Histoire de la littérature apologétique et polémique dans la théologie chrétienne, Scbaffhoas* 1861-1867,5 vol. in-8*. Le premier volume étudie la polémique cbrrtienne contre le judaïsme et le paganisme, les erreurs g nos tiques et manichéennes. — J. Donaldson, A critical hislory of Christian literatun and doctrine from the death of the Aposlles to the Nicene council % t. MU : The Apologists, Londres, 4866, in- 8°. — J. Moschakes, Etudes sur les apologistes chrétiens des n e et ni* siècles, Athènes, 1876, in-8°. — H. Dtmbowski, Les sources de l'apologétique chrétienne du n e siècle. I r « partie, L'Apologie de Tatien, Leipzig, 1878, in-8°. — A. Harnack, UAltercate Simonis Judœi et Theophili Chrisliani, avec une étude de la polémique contre les Juifs dans l'ancienne Eglise. Textes et études.,. I. I, fasc. 3, p. i 136, 1883. — Ostroumow, Critique des témoignages d'Eusèbe de Cisarée et de saint Jérôme, touchant les apologistes grecs du christianisme au n e siècle (en russe), Moscou, 1886, in- 8°. — R. Mariano, Le apologû nci primi tre secoli délia chiesa; le cagioni et gli effellù Naples, 1888, in-S*. — G. Schmitt, L'apologie des trois premiers siècles, études d'histoire et de philosophie, Mayence, 1890, in-8°. —Sur la polémique primitive des chrétiens contre les Juifs, v. aussi Me Giffert dans son édition du Dialogus Papisci et Philonis Judœorum cum quodam monacho, p. 1-4", v. infra, § 84, iv.

§ 15. — Quadratus et Aristide.

I. Quadratus. — La Grèce fut au n° siècle le berceau de l'apologétique chrétienne et l'esprit grec la marqua de son empreinte.

La première en date des apologies connues est celle que

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