‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 65 sur 228 · Ch. vm · texte numérisé non relu

Ch. vm

§ 18. — ÀTHÉNAGORE 181

On a souvent fait remarquer que la sévérité d'Athénagore pour les secondes noces sent le montanisme. Maison a aussi souvent répondu que dans les mêmes circonstances un montaniste eût parlé, non d'un «décent » ou « secret » adultère, mais d'un adultère honteux si public. Clément d'Alexandrie exprime plus clairement la vraie pensée d'Athénagore, lorsqu'il dit que le mariage n'est pas tellement dissous par la mort que l'époux chrétien ne tienne à le garder à jamais inviolable (1).

III. De Resurrectione mortuorum. — Après l'Apologie les manuscrits donnent, comme du même auteur, un écrit Sur la Résurrection des morts (2). Vers la fin de l'Apologie, Athénagore, interrompant la brève exposition de la doctrine de la résurrection, semble promettre de revenir sur ce sujet (3). 11 est donc probable que ce nouvel écrit fut composé peu de temps après le premier, dont il est le digne pendant, et par la perfection de la forme et par la solidité du fond.

Le traité se divise en deux parties, dont la première, ch. i-x, réfute les objections contre la possibilité de la résurrection des corps. Direz-vous que Dieu ne peut pas ressusciter les morts ? ou bien que, le pouvant, il ne peut pas le vouloir ? S'il ne le pouvait, ce serait faute de science ou de puissance ; mais il a prouvé qu'il possède l'une et l'autre en formant l'homme. S'il ne pouvait le vouloir, ce serait que la résurrection léserait la justice ou dans le ressuscité lui-même ou dans autrui — ce qui n'est pas — , ou bien qu'elle serait indigne de Dieu — ce qui n'est pas davantage, puisque la création n'est pas indigne de lui.

La seconde partie, ch. xi-xxv, cherche à prouver la réalité de la résurrection, par quatre chefs de preuves ; parla

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