Ch. XXXII-XXXIY, XXXV-XXXTI
toute pensée voluptueuse. Beaucoup d'entre eux, hommes et femmes, ont vieilli dans le célibat ; ils estiment les se— condes noces « un adultère décent (1) ». Condamnant le spectacle du meurtre presque autant que la perpétration, ils fuient les combats de gladiateurs. Ils voient dans ta. pratique de l'avortement un horrible homicide et de même assimilent au meurtre l'exposition des enfants.
Gomme saint Justin et à la différence de Tatien, Athéna— gore ne se départ jamais de l'attitude la plus bienveillante pour les philosophes grecs. Les poètes lui sont aussi très familiers. Son discours, d'ordinaire, coule paisible, aussi plein de mesure que de dignité. Par la pureté et la beauté de la langue bien au-dessus de ses deux prédécesseurs, il ne les égale peut-être pas pour l'originalité de la pensée.
La démonstration rationnelle de l'unité divine mérite d'attirer l'attention, étant le premier essai de ce genre que nous offre la littérature chrétienne, a S'il y avait depuis l'origine deux ou plusieurs dieux, ou ils seraient tous en un seul et même lieu, ou chacun d'eux serait en un lieu différent ». Ils ne peuvent être en un seul et même lieu, n'étant nullement semblables. Il n'y a de semblables que les êtres nés l'un de l'autre ou façonnés sur le modèle l'un de l'autre ; des dieux non engendrés et éternels ne sauraient l'être. Ils ne peuvent pas davantage être chacun en son lieu propre ; car comme le Dieu qui a créé le monde l'entoure aussi et l'embrasse, où resterait-il place pour un autre dieu ? 11 ne saurait être ni dans le monde, qui appartient à son créateur, ni autour du monde, où le créateur réside. S'il était ailleurs dans un autre monde ou autour d'un autre monde, il n'aurait nul rapport avec nous ; borné dans son être et dans son action! il ne serait point le vrai Dieu (2).