‹ Les pères de l'égliseChapitre 81 sur 149 · V. Infra, § 93, n · texte numérisé non relu

V. Infra, § 93, n

On doit une édition nouvelle de Sidoine Apollinaire à Luetjohann : Gai Sollii Apcllinarù Sidonii epistulœ et carmina. Accedunt Fausti altorumque epistulx ad Ruriciwn aliosque. Ruricii epistulœ, reo. et emend. Br. Krusch, Monum. Germ. hist. Auct. Antiquiss., t. VIII, Berlin, 1887. Après la mort prématurée de Luetjohaan (8 avril 1884), Fr. Léo et Th. Mommsen ont achevé la revision du texte. Pour la critique de celle édition, v. A. Engelbrecht, Contributions à la critique et à l'explication des lettres de Sidoine Apollinaire, de Fauste et de Ruricius, dans la Revue des gymnases d'Autriche, 1890, t. XLI, p. 481-497, 677-699. — Migne, P.L., Lvm, a réimprimé l'édition quele P.Sirmond avait donnée des Œuvres de Sidoine, Paris, 1614,1652. — Edition nouvelle parBaret, Paris, 1879, in-8°.— Traduction française complète (avec le texte latin et des notes), par J. F. Grégoire et Collombet, Lyon et Paris, 1836,3 vol. in -8°. Gorini, Défense de l'Eglise, 6- éd., Paris, 1872, t. I, p. 210-306. — M. Fertig, Sidoine Apollinaire et son temps, d'après ses ouvrages (3 Progr.), Wurtzbourg, 1845- 1846, Passau, 1848, in-4°. — G. Kaufmann, Les œuvres de C. S. A. Sidoine, une des sources de l'histoire de son siècle, Gœttingue, 1864, in-8°. — Ampère, Hist. littéraire de la France, t. II, p. 216-255. — L. A. Gbaix, S. Sidoine Apollinaire et son siècle, Clermont- Ferrand, 1867-1868, 2 vol. in -8°. — M. Buedinger, Sidoine Apollinaire, homme politique, Vienne, 1881, in-8°. — H. Krelschmann, De latinitate C. S. A. Sidonii (2 Progr.), Memel, 1870-1871, in-4°. — Châtelain, Etude sur Sidoine Apollinaire, couronnée, en 1875, par P Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. — M. Mueller, De Apollinaris Sidonii latinitate, Halle, 1888, in-8*. — Grupe, La langue de Sidoine Apollinaire (Progr.), Saverne, 1892, in-4°. — Y. en outre Teuffel-Schwabe, Hist. de la litt. romaine, 5« éd., p. 1199-1200; et Chevalier, Répert. des sources hist,, 2081-2082, 2812.

La correspondance de Sidoine Apollinaire nous révèle nombre de poêles gaulois, célèbres de son temps, et dont sans lui les noms ne seraient probablement pas parvenus jusqu'à nous. Sur les Gonsentius, les Lampridiue, les Léon, les Pierre, les Sévérien, les Proculus, etc., que Sidoine compare bravement à Virgile ou à Homère, et aux pieds desquels il met toute l'antiquité, v. Teuffel-Schwabe, Op. laud., p. 1191- 1194 ; — Manitius, Hist. de la poésie chrétienne latine, Stuttgard, 1891, p. 235-237.

L'évoque de Toul, Auspiciolus (vers 470), était aussi l'un des amis de Sidoine. Nous avons de lui, P. L. 9 lxi, 1005-1008, une épflre en vers à ce comte de Trêves, Arbogaste, que Sidoine, Ep., iv, 17, remercie de conserver, sur les rives de la Moselle, les traditions de la langue latine. Cf. Manitius, Op. cU., 232-234.

Pérès de l'Église, T. III. 8

III. Paulin de Pella et Paulin de Périgueux. — Le titre de poètes chrétiens, au sens propre du mot, ne messied ni à Paulin de Pella ni à Paulin de Périgueux.

Le premier était né, en 376 selon toute apparence, à Pella dans la Macédoine ; dès 1 âge de trois ans il fut amené à Bordeaux, patrie de sa famille, où son grandpère Ausone vivait encore, et ce fut dans le midi de la Gaule que s'écoula sa longue carrière, pleine de vicissitudes. En 459, à quatre-vingt-quatre ans, il écrivait ses Confessions, l'histoire de sa vie, dans un petit poème, où il bénit Dieu de toutes choses, et qu'il intitula Eucharisticos Deo sub ephemeridis meœ textu.

Ce curieux poème, qui contient six cent seize hexamères, n'a aucun mérite d'expression ; la latinité en est barbare, au point d'être à peine intelligible ; la prosodie et la métrique fourmillent de fautes ; mais les vers de Paulin, en même temps qu'ils nous retracent une vie d'homme au milieu du v* siècle, sont le miroir fidèle d'une âme simple et pieuse, dont les épreuves n'ont jamais abattu la filiale confiance en Dieu ; il offre, du commencement à la fin, un attrait et un charme singulier.

De Paulin de Périgueux nous ne savons à peu près rien. Il nous a laissé sur saint Martin de Tours un poème épique en six livres, qui fut achevé vers Tan 470, De vita S. JSfartini episcopi libri VL Les trois premiers livres, écho prolongé de Sulpice Sévère, nous redisent la vie du thaumaturge des Gaules ; le quatrième et le cinquième empruntent aux deux dialogues de Sulpice Sévère la matière de leurs chants (i) ; le sixième, enfin, s'appuie sur le récit que saint Perpet de Tours (458-488) avait fait des miracles posthumes de son glorieux prédécesseur. Saint Perpet avait mis la plume aux mains du poète, le poète lui dédia son œuvre.

Nous possédons, en outre, de Paulin deux petits poèmes,

i. V. Supra, g 66, i.

de date plus récente et qui se rattachent tous les deux à la vie de saint Martin ; l'un, Versus Paulini de visitatione nepoluli sut, célèbre en quatre-vingts hexamètres la guérison d'un petit- fil s du poète, qui, au contact de l'écrit de saint Perpet, avait recouvré la santé ; l'autre, Versus Pau- Uni de orantibus, est une inscription de vingt-cinq hexamètres, pour la basilique élevée par l'évêque de Tours en l'honneur de saint Martin.

VEucharisticos de Paulin de Pella fut publié par M. de la Bigne, en 1579. — Editions modernes par L. Leîpziger, Breslau, 1858, in-8°, et par J. Brandes, dans les Poetx chrUliani minores, Pars I', Vienne, 1888, p. 263-334. (Corpui script, eceles. lat,, t. XVI). Ce poème n'a pas trouvé place dans la Patrologie latine de Migne. — J. Roeafort, De Paulini Pellxi vita et carminé, Bordeaux, 1890, in-8°.

L'édition princeps de Paulin de Périgueux est l'œuvre de Fr. Juret, Paris, 1589. On la retrouve dans Migne, P. L., lxi, 1009-1076. — Deux éditions nouvelles, Fune par Gorpet, avec traduction française, Paris, 1852, in-8* ; l'antre par M. Petschenig, dans les Poetœ christiani minores précités, Pars 1, p. 1-190.

Le récit des miracles de saint Martin par saint Perpet n'a pas survécu. Le Testamentum et VEpitaphium Perpetui episcopi, ap. Migne, P. L., lviii, 753-656, ont élé fabriqués de toutes pièces par l'oratorien Vignier. V. le travail sus-mentionné, § 3, u, de J. Havel, dans la Bibliothèque de VEtoU des Chartes, t. XLVI, Paris, 1885, p. 205-271. La correspondance de Sidoine Apollinaire, v. Supra^ n, contient une lettre à saint Perpet (vu, 9).

IV. Gennade de Marseille. — Le prêtre marseillais Gennade, dont nous avons tant de fois cité l'essai d'histoire littéraire (1), vivait également dans la seconde moitié du

(1) V. Supra,§ 2, n. — M. Bruno Czapla, dans sa remarquable étude critique du De viris illustribus, fait ressortir le vaste savoir, la justesse d'esprit, la loyauté de Gennade. Malgré les taches qui le déparent, — ici et là quelques

v e siècle. C'est à peu près tout ce qu'on sait de lui. A la fin de son De viris illustribus (1), il esquisse lui-même à grands traits le tableau de son activité littéraire : « J'ai composé, dit-il, huit livres contre toutes les hérésies, six livres contre Nestorius et six livres contre Eutychès, trois livres contre Pelage, des traités sur le millénarisme et sur l'Apocalypse du bienheureux Jean, le présent ouvrage et une lettre que j'ai envoyée touchant ma foi au bienheureux Gélase, évêque de Rome ». Gennade nous apprend ailleurs (2) qu'il avait traduit en latin divers ouvrages grecs, ceux entre autres d'Evagre le Pon tique (3). Ce qui est certain, c'est que la plupart de ses œuvres originales ont péri.

En général on identiQe l'opuscule que nous avons encore De ecclesiasticis dogmatibus avec la Lettre au pape Gélase. De fait, cet opuscule est bien une sorte de profession de foi, puisqu'il nous donne un précis de la doctrine catholique ; mais il n'a rien de la forme épistolaire, et nulle part, sauf dans le chap. xxm(4),on n'y retrouve l'accent d'une profession de foi personnelle. Peut-être vaut-il mieux se ranger à l'opinion de Gaspari, et faire de notre

négligences, ailleurs une teinte semi-pélagienne trop prononcée, — le De viris illustrions a pour l'histoire de la littérature chrétienne du v* siècle une valeur exceptionnelle ; c'est une source de premier ordre et, en plus d'un cas, la source unique qui nous demeure ouverte. Sa bibliographie, dans laquelle Gennade ne signale point ordinairement de livres qu'il n'ait lus, est bien plus sûre que la biographie des auteurs, une œuvre souvent de seconde main. Le De viris illustribus fut écrit de Tan 477 à Tan 494, peut-être de l'an 491 à Tan 494. V. Br. Czapla, Gennade, histwien littéraire, Munster, 1898, in-3«. (N. dis T.).

1. Ch. c, V. Supra, § 2, u. « Scripsi adversus omnes hœreses libros VIII, et adversus Nestorium libros VI et adversus Eutyehen libros Ylet adversus Pelagium libros III et tractât us de mille anniset de Apoealypsi beati Joannis et hoc opus et epistulam de fide mea misi (tnissam t) ad beatum Gelasium f urbis Rottue episeopum ».

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