‹ Les Pères de la Chambre du Commerce de GuienneChapitre 236 sur 253 · LISTE DES DIRECTEURS · texte numérisé non relu

LISTE DES DIRECTEURS

Nicolas Ferayre. André Barreyre. — Jacques Agard. Raymond Dubergier. — Jean Treilhes. — Pierre-Slanis-

las Dirouard.

André Crozilhac. — Claude Mercié. — Jean Pérès- Duvivier. k :

Pierre-Noël Saincric. — Alexis Dubergier. — Guill. Pas-

caud.

Gabriel Touges. — Jean Grateloup cadet. — Jean-Baptiste Poncet.

Decoud. — A. Saige cadet. — Louis Poncet.

Jean Menoire. — Jean Carton. — Etienne Cauvy.

François-Paul Baulos. — Pierre Dubergier. — Gabriel Pery.

Arnaud Castaing. — Louis Combelle. — Barthélemy Ferran.

Jean Saintmarlin. — Elias Brunaud. — Guill. Jarreau.

Jean Brunaud. — Jean Rulleau. — Raymond Vignes.

Jean Rulleau. — Jean Jung. — Jean Dupin.

Jean Roche. — Raymond Dubergier fils. — Nicolas Beaujon.

Simond Miramond. — Jean-Valentin Quin. — Michel Decamps.

Pierre Billalte. — Jean-Baptiste Thibaud. — Jacques Dudevan.

Jean Ollé. — Raymond St-Aignan fils. — François Lafon.

Guy Cholet. — Jean-Baptiste Lamestrie. — Pierre De-

asse.

Philippe Dississarry. — Pierre Agard. — Antoine Seguy.

Jean Lafore. - Pierre-Joseph Menoire.— Louis Pourcin.

André Barreyre. — Pierre Penne. — Jean Jaure jeune.

Stanislas Dirouard. — Jean Castaing. — Martin Duffour.

Alexis Dubergier. — François Larligue. — Philippe-

Julien Feger aîné.

Jean Grateloup. — Guill. Lafargue. — Christophe Caila.

P. Dubergier. — Bonaventure Journu. — Faure-Lacaussade.

Gabriel Pery. — François de Kater.— Joseph Bérard.

Louis Poncel. — Jean Faurie. — Pierre Gaubert.

Elias Brunaud. — Pierre Dutasta. — Marc Granié.

Guill. Jarreau. — Pierre Menoire. — J.-Baptiste Journu.

Jean Rulleau. — Denis Maccarthy. — Ant. Dubergicr jeune.

Raymond Vignes.— Jean Brunaud fils aîné. — François Farrouilh.

Jean-Bapliste Thibaut. — Pierre Chicou. — Jacques Le Tellier.

Pierre Agard. — Jean Dulasta. — André Aquart.

Pierre-Joseph Menoire aîné. — Jean Mercié. — J.-V. Chicou-Bourbon.

Jean Jaure. — Jean Ferrière. — Jacques Raby.

Jean Castaing. — Mathieu Dirouard. — Jean Latuilière.

Marlin Duffour. — Pierre-Boyer-Fonfrède. — Jean-Ray-

mond Lelellier,

SIMON OCT COTE OT CARIOT OT Or

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mai 1774.

mai 1775.

mai 1776.

mai 1777.

mai 1778.

mai 1779.

mai 1780.

mai 1781.

mai 1782.

mai 1783.

mai 1784.

mai 1785.

mai 1786.

mai 1787.

mai 1788.

mai 1789.

mai 1790.

» mai 1791.

Guill. Lafargue. — Amand Bààs. — Pierre Cabesse.

Bonaventure Journu. — Jean-Charles Brunaud. — Joseph Gaschet-Delisle.

Jean-Ant. Lacaussade. — J.-Baptiste Lafargue fils. — Jean-Valentin O’Quin.

Pierre Gaubert. — Bernard Journu-Aubert. — Basile Brun.

Pierre Menoire. — Richard de Meyère. — Franç. Feger de Kerhuel.

Jean-Baptiste Journu. — Louis Testard fils. — François Seignouret. 2

Pierre Chicou. — Guill. Peychaud. — Arnaud Lavaud aîné.

Bertrand-Jacques Le Tellier. — Nicolas Pérès-Duvivier. — Sébastien Candau.

Antoine Dubergier.— Pierre-Benoît Chicou-Bourbon fils. — Louis Hyacinthe Dudevant.

André Aquart. — André Crozilhac. — Hippolyte-Jean Grignel.

Jean Brunaud aîné. — Jacques-Barthélemy Gramont de Castera. — Guill. Louvrié.

Jean Dutasta. — Hugues Vignes. — Pierre Loriague.

Jean Mercié. — Antoine Journu de St-Magne. — Jacques-Bruno Lafile-Dupont.

Jean-Vincent Chicou-Bourbon pére. — Jean Béchade Casaux. — Daniel Maccarthy.

Jean Ferrière. — Bernard Marchand. — Ant. Gaubert.

Jean Latuilière. — Alexis Testart de Grosval. — Pierre- Antoine Seignouret.

Jean-Raymond Le Tellier. — Antoine Bounin. — Daniel Lys.

Jacques-Charles Brunaud. - Jean Macearthy. Daniel-

François Dommenget.

C. 4267 — fol. 82. (Envoyé à la Chambre par M. de Begon, intendant à Rochefort).

MM. les Directeurs de la Chambre de Commerce de Guienne a Bordeaux sont supliés de vouloir bien mettre leur avis autentique a l’occasion d’un vol d'espèces prétendu fait dans un des vaisseaux du Roy, et d’une police d’asseurance dautant plus singuliere qu’en conséguence l’asseuré en demande le payement a son asseureur el qu’au contraire cet asseureur prétend devoir être payé de la prime de 24 pour cent, ce qui fait une question infiniment opposée — suivant ce mémoire et la copie figurée des pièces dont voicy le fait :

Vers la fin de l’année 1703, Robert, Louis et Balthazard proposèrent de faire faire achapt a Paris par compte égal de tiers d’interest entre eux de quelques marchandises pour être envoyées dans l'Amérique Espaignole sous la direction dud. Balthazard.

Robert feut chargé par cette Sosciété ternaire de les ordonner à Paris.

Louis de les recevoir a Rochefort et disposer des retours après la vente dicelles.

Balthazard de les débiter en Amérique où il avait déjà fait plusieurs voyages.

Il faut observer que Robert indépendamment de Louis et de Balthazard, ses associés, accorda moitié d’interest dans son tiers de la susditte Sosciété ternaire a François de Paris son gendre lequel avait fait l’'envoy des dittes marchandises.

Elles arrrivèrent en huit caisses a Rochefort le 18° février 1794, elles feurent chargées par Balthazard dans la frégate du Roy nommée l'Hermionne et au bas de la facture feut écrite la Sosciété, pour participer par égale portion de chacun un tiers dans les profits et pertes qu'il plairoit a Dieu d'y envoyer.

Cette Hermionne où étoit embarqué. Balthazard avec Monsieur l’intendant de Saint-Domingue du quel il étoit secrétaire, partit de France au mois d'avril en suivant, et arriva peu de mois après a la Goira et a Carthagène villes espaignoles, dou Balthazard écrivit a Louis et a Robert ses associés qu'il avait vendu toutes les marchandises communes, dont en meme temps il leur envoya la facture de vente, et leur manda qu’elle en avoit receu le montant, qu'il ne manqueroil pas de remetre a leur société terniaire par la première occasion favorable.

Robert en fidelle associé fil aussitot part a François son sous associé de celle vente de marchandises de la société lernaire en luy envoyant la copie figurée de la lettre de Balthazard et de la facture de vente, afin que comme par là les choses paroisoient en sauveté toute entière, il fit asseurer leur tiers, ou comme dit est il avoit moitié d’interest dans le Liers de Robert du quel il étoit sous associé.

Sur la foy de cet avis circonstencié François fit asseurer par le sieur

Loyseau, et il en fit passer la police d’asseurance en forme pour le retour du liers des dits effets a 24 pour cent au proffit de cet asseureur distingué avec le quel il feut convenü qu’au lieu de payer celle prime en argent comptant a l'ordinaire, l’asseuré s’obligeail de la payer seulement a l’arrivée des relours attendus de la part de Balthazard, de quoy le dit François donna aussilot avis au dit Robert duquel il étoit sous associé.

‘Jusque la rien de meilleure foy ce semble ny plus en regle de la part de tous les acteurs,mais peude temps après il falut bien changerle ton, sur ce que Louis et Robert restés tranquilement a Rochefort dans lattente des retours que Balthazard leur avoit promis, ils apprirent par une lettre qu’il leur écrivit de St-Domingue que l'Hermionne retournant de Carthagène audit lieu de St-Domingue avoit touché sur un banc de sable apelé Salmedevé, qu'a la vérité l'équipage et les effets avoient élé sauvés même rechargés dans un autre vaisseau françois nommé l’Ambitieux, mais que pour luy il avoit seul le malheur d’être volé de 2500 piastres, faisant partie de 4650 qui étoient alors dans son coffre, ce qui tomboil disoit-il en perte a la Sociélé ternaire de 907 piastres ainsy qu'a d’autres particuliers à proportion, les quels l’avoient chargé à son départ de France de diverses marchandises pour les négocier pour leur compte, outre qu’il en avoit encore en particulier pour son compte dans ce vaisseau.

Robert attentif a Rochefort au bien général de la Société lernaire, et en particulier a celuy de l’asseurance faite a Paris pour les retours, feut obligé d'annoncer a François son sous associé ce contrelemps impréveu afin qu'il peut en regle avoir son recours contre Loyseau, son asseureur, mais encore eomme il n'avait alors aucune autre piece pour justilier ce prélendu vol de 2500 piastres que la lettre de Baltha- Zard, qui portait simplement l'avis de ce fait inouy, el que l’asseureur de sa part aux lermes de la police d’asseurance ne devoit êlre payé de la prime convenüe qu'après les retours que Balthazard devoit remetre, et que d’ailleurs François ne pouvail non plus prétendre d’elre payé Loyseau son asseureur qu'en justifiant le vol allégué par pièces en bonne forme, l’asseureur el l’asseuré feurent obligés de convenir unanimement par l’avis de leurs amis communs, d'attendre un plus grand éclercissement du vol en question par pièces valables, afin d'éviter entre eux procès qu'ils n’ayment nullement ny l’un ny l’autre.

En cet élat rien de plus facile à décider puisqu'au fonds Balthazard n’avoit qu'a établir par bonnes pièces que le vol prétendu de 2509 piastres luy avoit été véritablement fait.

Le question se réduit done a scavoir si les pièces de Ballhazard sont sufisantes pour obliger l’asseureur de payer la chose asseurée.

Plus que 14 mois après le prelendu vol allégué ef après beaucoup de sollicitations réilérées, Balthazard envoya enfin à Louis et à Robert ses associés une copie informe de la déclaration faite a Léogane trois mois après le naufrage de l'Hermionne, au pied de laquelle est la légalisation expédiée dix ou onze mois encore après, ‘écrile de la propre main dudit Balthazard, mais encore elle ne regarde que la seule foy du greflier,on passe ce fait sous silence pour ne pas fatiguer les lecteurs, il y joignit dans un cahier séparé le certificat de Monsieur l’intendant de St-Domingue,son maitre, puisqu'il en est le secrélaire, dont le corps est encore éerit de la propre main dud. Balthazard, il ny a qu'à lire avec reflexion el remarquer les dattes de ces actes.

Il ne faut obmetre que cet intendant équitable n’y met nullement que Ballazard ail rien perdu en celle occasion, ny qu'il ait été volé des 2500 piastres prétendües, puisqu’au contraire, il fait mention seulement qu'il a sauvé 2000 piastres, deux habits et six chemises, ce qui dans l’état ou est la question de la Société lernaire, celle de lasseuré et de

l’asseureur est bien éloigné de la proposition de Balthazard d’avoir élé volé de quoyque ce soit a la connoyssance de cet intendant el sous ses yeux même. s ù

Cette déclaration de Balthazard la légalisation qui est au pied et le certificat de Mons. l’intendant de St-Domingue qui sont les seules pièces qu'ait adressées Balthazard a Louis et a Robert ses associés feurent à la reception envoyées de Rochefort par Robert a François son sous associé, afin qu'il les communiquat amiablement a Loyseau son asseureur pour les contredire s’il y avait lieu, a quoy cet asseureur repondit de vive voix dès la première lecture sur la demande du vol imaginaire de 2500 piastres, que bien loin de payer quoyque ce soil sur ces pièces informes, il était au contraire établi créancier sans contredit par la des 24°/, de la prime convenue aux termes de la police d'asseurance, ne paroissant rien moins par aucun acte valable que Balthazard eut dans son coffre lors du naufrage de l’'Hermionne d'autre argent effectif que les 2100 piastres qu’il confessait d’avoir sauvées el que par ainsi ce prétendu vol de 2500 piastres éloit tout a fait de mauvaise foy et encore plus mal concerté, que luy asseureur n’auroit en tout cas besoin pour s’en parer que de la negative absolüe, puisque c'etait toujours a Balthazard a prouver ce prétendu vol de 2500 piastres par pièces incontestables, ce qu’il ne faisait nullement par sa simple declaralion, par la légalisation, et encore moins par le certificat de son maitre, lesquelles pièces dans le vray éloient plustôt contre luy qu'a la décharge.

Il ajouta que l’ordonnance qui demande precisement que tout comptable pour sa décharge fasse incessament la déclaration d’un vol a luy fait ou perte prétendue par devant les juges des amirautés des lieux les plus prochains, ou les commandans des vaisseaux ou autres officiers, est leur règle dans l’occasion présente et que de même que le deffaut d’un protest fait hors du temps prescrit sur une matière de change toujours provisoire, tombe en pure perte pour celuy qui lauroit négligé, ne peuvant être supléé par un autre acte ; Balthazard tomboit irremissiblement dans le cas pareil par la négligence pour ne pas dire par une supposition qui faute de pièces en bon ordre sera toujours mal expliquée a son avantage. |

Balthazard comptable a Louis et a Robert ses associés des retours de leur societé ternaire, convient de s'être rembarqué dans le vaisseau l’Ambitieux, de s’y etre retiré avec 2100 piastres, deux habits, six chemises et ses autres hardes, qu'il a dit-il sauves du naufrage, d'y avoir resté avec M' l’Intendant son maître, duquel il pouvait sans doate aisément obtenir un certificat du prétendu vol de 2500 piastres s’il avoit été serieux. Mais au lieu d'y faire a temps sa déclaration, ou bien a Carthagene ou il est notoire qu'il a été plusieurs fois en personne ou depuis, attan de la faire simplement a Léogane plusieurs mois après sans autre formalité requise il n'y à qu'a lire et remarquer les dattes pour conclure.

Qui ne voit qu'après qu'il a dit expressement avoir été chargé de nombre d'effets appartenans a diverses personnes et en son particulier a luy-même, il devoit pour cela même avoir dautant moins négligé sa declaration en Lemps convenable en bonne forme et ou il appartenoit, qu'il se rendroit par ce deffaut responsable des évenements aux termes précis de l'ordonnance, el enfin ne seroil ce pas hazarder a la discrelion d’un associé mal intentionné tout le bien el la fortune de ceux qui auroient de la confiance souvant trop étendüe, ce qui jamais ne se doit faire en faveur d’un infidelle ou négligent associé au préjudice de la seurelé des Socielés qui a ses regles déterminées, puisqu'un asseureur de bonne foy par un contrecoup fatal comme il se voit dans l’occasion présente, le quel hazarde avee confiance sur l’apas d’une prime médio-

cre en deviendroil la victime sacrifiée et seroit bien malheureux si on ne luy faisoit voir au moins par pièces en bonne forme la perte prouvée dont on voudroit le charger, et présumera-l-on de bon sens que celles raportées par Balthazard puissent justifier un tel vol extraordinaire et incroyable d’ailleurs et qu’elles soient suffisantes pour obliger un asseureur a payer la ehose asseurée.

Aucun des embarqués dans l’Hermionne n’ignore que Balthazerd chargea depuis la vente des marchandises de la Société ternaire auparavant le naufrage de l’Hermionne dans un-batiment françois nommé le Palmier qui partoit de la côte de l'Amérique Espaignolle pour le vendre à St-Domingue ou il est bien arrivé, des coffres, des hardes, même sa basse de viole et son clavessin, aprés cela que ne peut-on point inferer de celte précaution, si non que pour ne pas risquer tout l’argent en espèces qu’il pouvoil avoir de la vente des marchandises de la Société lernaire, il avait mis dans ce Palmier partie des prélendües 4650 piastres dont il dit hardiment sans preuve qu'on luy à volé

En un mot pas le moindre acte en forme, ny aucune déclaration verbale de qui que ce soit qui puisse justifier qu'il eut 4650 piastres dans son coffre, ny qui luy en ait été volé 2500. S'en rapportera-t-on a sa simple déclaration fabriquée plusieurs mois après coup et hors du temps prescril par ordonnance dans un lieu éloigné de plus de 300 lieües de l'endroit ou il prétend mal a propos que le vol de 2500 piastres luy à été fait, ce qui élant beaucoup au delà des 907 piastres qu'il porte en perte a la Société ternaire, doit sans doute retourner en bonne Justice a la ditte Société, n'étant nullement parlé dans le certificat de M" l’Intendant son maître qu'il eul 4650 piastres dans son coffre ny qu'il luy en ait élé volé 2500 mais seulement qu'il avait sauvé 2100 piastres, deux paires d’habits et six chemises. N’est il donc pas a perte de veüe et hors du bon sens de prétendre à sa fantaisie corrompüe en cela faire supporter a la Société terniaire la perte de 907 piastres qu'il porte à son-débil qui par la retomberoit sur Passeureur de Paris, ou sur François sous associé, lequel seroil en cela le plus maltrailé de tous et la victoire absolüe de la negligence affectée, pour ne pas dire de la mauvaise foy toute entiére de Balthazard, puisqu'il perdroil avec Robert du quel il est sous associé, outre son capilal asseuré encore les 24 p °/, de prime prélendus par son asseureur de paris.

Il est au reste pien (sic) peu judicieux à Balthazard de vouloir faire croire sur sa simple declaration informe entant de manières, que ce vol prétendu de 2500 piastres luy ail élé fail impunément sous les yeux même de M. l’Intendant, puisque s’il avait élé verilable, ou le moins du monde apparent, ce magistral plein de justice n’auroil pas manqué den faire mention precise en faveur de son secretaire, el den faire exactement la perquisition, dans le bord de lAmbilieux ou Pequipage de l’'Hermionne etoit entré avec luy, mais dans son eerlifical donné plusieurs mois après le naufrage de l'Hermionne il n’est parlé que du sauvement qu'a fait Balrhazard d'environ 2000 piastres, de deux paires d’habits el six chemises, qu’en doit on raisonnablement inférer.

Rien au surplus de plus pitoyable que la declaration qu'ose faire hardiment Balthazard en disant qu'il avoit dans l'Hermionne au temps du naufrage nombre d'effets dont il s’elail chargé à son départ de France pour les negocicr en Amerique, lesquels appartenoient à diverses personnes sans compter les marchandises de la Société ternaire el ce qu'il en avoil en son particulier pour son comple, luy qui ne doil pas ignorer qu’en qualité d’associé de Louis el de Robert il ne lui éloil nullement permis en regle de fidelle sociélé de faire aucun negoce particulier, sans en donner auparavant avis à ses associés parce qu’en effet telle augmeniation de marchandises élrangères a leur egard, ne

pouvoil gueres que faire un préjudice notable au debit de celles de la société ternaire. à

* Ilest au fonds des maximes les plus triviales que quand même un commerce étranger à la société luy auroit été permis en son particulier, que non, Balthazard auroit toujours élé indispensablement obligé de faire un compte génèral en debit et credit de tous les effets qu'il confesse d’avoir emportés de France avec luy, afin de faire un repartiment au marc la livre par raport au prétendu vol de 2500 piastres pour connoitre au vray ce que chacun devoil en supporter de perle pour sa part, el connoitre pour ce compte auroil peu revenir de net a chacun des 2100 piastres qu'il délare d’avoir sauvées. Ce compte necessaire peut il jamais etre supplée, el peut on de bonne foy s'en rapporter au repartiment tacite qu'il en fall a son gré dans son imagination suspecle en cela à Louis et Robert ses associés de Rochefort, a François sous associé de Robert, el encore plus à Loyseau l’asseureur de Paris.

Comme la vérilé se manifeste souvent dans la suite du temps par elle-même Balthazard marque inconsiderement dans sa declaration de Leogane que lors du naufrage de l'Hermionne il eloit en culote et chemise, et qu'il n'avoil peu trouver la clef de son coffre ou étoit dit-il son argeul en espèces, pourra-t-on s'’imaginer de bon sens que cette importente elef deut etre ailleurs que dans la poche de sa ditte culote, celle allegalion ridicule ne saute-t-elle pas aux yeux, lorsqu'il feut obligé continue-t-il hardiment de faire rompre ce coffre fort qui renfermois {ant de bien pendant l'obscurité qui régnait dans la Sainte Barbe, el il n'en prend pas garde que dans ce lieu privilégié sur tout dans les vaisseaux du Roy lorsqu'ils sont sous voilles il reste toujours un fanal alumé, mais sur ce principe comment y pouvoir rompre un tel cofre a talons daus l'obscurité qu'il prétend, et pourquoy ne le pas plus tot tirer dehors sans le metre en pièces, ce qui vraysemblablement auroit été plus facile et plus court, veu le nombre de geus qu'il dit s’etre offerts a sauver son argent, mais il avoit aparament alors bien d’autres veües et bien differentes, el il n’est pas dilicile par cete allégatlion téméraire de juger de son propre aveuglement en cela.

Voicy le comble d'une imprudence enorme d'avancer comme il fait dans sa déclaration, que se trouverent alors dans cette Sainte Barbe obscure plusieurs personnes qui s'offrirent gracieusement a luy sauver son argent, comme si la ses gens imaginaires -eussent été exprés apportés pour luy faire ce service important, ce ne pouvoit au fonds qu'etre que, ou des ofliciers de vaisseau, ou que des gens de l'équipage, ou bien que des commis de M' l'Inlendant, or qui ne croira que dans un péril prochain tel que le figure Balthazard les officiers du vaisseau avoient bien d'autres affaires que de rester tranquillement dans cet endroit sacré des vaisseaux du Roy ou sont les artifices et les poudres, il est deffendu sous peine de la vie aux soldats et aux metelots d'y entrer impunément, el qui auroient ils fait dans le tumulte, il faudroit done que ce feussent des gens de M° l'Intendant, et ce qu'il ajoute sans reflexion qu'il donna confusément son argent pour le porter sur le pont à différentes personnes qu'il ne connoissoit pas luy qui était embarqué il y avait plus de dix mois sur l'Hermionne, et qui en qualité de secrélaire devoil mieux qu'aucun autre connoilre {ous les domestiques dont il faisoil partie ne les accuse-L-il pas tacitement d'etre des voleurs el n'abuse-Lil pas en mème Lemps en cela de la crédulité de ses associés auxquels il doit un compte régulier de celle de François sous associé de Robert, el pour ainsi dire encore plus de celle de lasseureur de Paris.

Ballhazard en ajoutant qu'il s'elait attaché au sauvement de deux paires d'habits el six chemises, dont apparament il avait eu le loisir de faire des paquets serait encore moins exeusable d'avoir abandonné

le soin de sauver le plus qui est son argent, pour s'attacher à sauver le moins qui sont les nipes et les hardes, si dans le vray ce n’éloif pas comme on dit en proverbe une pièce accomodée au théâtre.

Il est de notoriété incontestable que cette Hermionne ayant touché seulement vers la minuit par le plus beau temps du monde les ofliciers n'en sorlirent pour entrer dans l'Ambilieux que le lendemain assez tard excepté M' l’Intendant de St-Domingue lequel passa le reste de Ia nuit dans son canot en attendant le jour a venir, afin d'entrer dans l’'Ambitieux qui etoit à l'ancre assez près de la, ou sur ce qui luy revint que quelques gens s’elant mal saisis dans le tumuite de quelques hardes et effets qui etoient a d’autres, ce magistrat attentif a rendre la justice les avoit fait exactement fouiller sur le champ en sa présence par Balthazard même et dans leurs coffres, et par le sieur Chevalier de Vilette enseigne de l’'Hermionne qui l’a déposé par écrit ainsi que plusieurs autres officiers et gens de l'équipage, et fail rendre généralement a tous les plaignans sans contredit ce qui pouvoit leur appartenir, el presumera-t-on raisonnablement que son secretaire ait élé seul volé de 2500 piastres dans celte occasion et le seul qui n’ait pas jouy de celte justice de son maîlre sans au moins s’en plaindre dans le moment, sans compter que pendant plus de huit jours de suite, l’equipage de celle Hermionne lravailla incessament sous les ordres de M: l’Intendant et du dit Balthazard son secretaire a retirer de ce vaisseau échoué sur le banc de sable, les agrès, appareaux, les canons et les provisions, ce qui feut heureusement exécuté avec beaucoup de loisir, et comme il paroissoil toujours a découvert hors de l’eau, on feut obligé d'y metre le feu pour empêcher des gens du pays d’y venir plonger pour tacher d'en pescher quelques planches. Aïinsy ne voit on pas que tout a élé retiré de ce naufrage, aussy peut on dire raisonnablement que Balthazard ne pouvant trouver son compte à dire qu'il avait perdu dans ce naufrage d’ou tout avoit été sauvé, s’éloil avisé d'inventer le plus gracieusement du monde a son loisir l’histoire mal concertée, qu'il avoit été volé de 2500 piastres par des gens inconnus, ce qui ne peut jamais laisser douter que la déclaration qu'il en avoit faite a Léogane plusieurs mois après, ne feut une pièce médilée pour ne pas dire pis afin de venir a ses fins.

Et ce qui peut dautant plus convaincre que la déclaration faile a Léogane ne peut jamais passer que pour une pièce fabriquée hors des regles de l’équité et faite après coup est que Balthazard y soutient sans preuve quelconque ny par aucun livre, facture, ny le moindre autre papier ny déclaration même verbale de qui que ce soil, qu'il avait dans son coffre les 4650 piastres valant 17000 livres, on ne conteste pas qu’il n’y eut put etre dedans les 2100 piastres qu'il confesse d’avoir sauvées avec deux paires d’habits el six chemises el ses autres hardes, ce n’est nullement l'affaire de la Société lernaire de Rochefort, ny celle de Francois sous associé de Robert, ny celle de l’asseureur de Paris, mais de vouloir s’imaginer de pouvoir faire croire que Ballthazard ail élé impunement volé par des gens a luy inconnus de 2500 piastres dans une occasion où personne autre que luy ne se plaint de pareille avan- Lure sous les yeux même de M' lIntendanl de St-Domingue, c'’esl comme s’il disoit qu'on les luy eut pris dans sa poche en plain midy ou qu'il les eut perdu au jeu ; au quel cas pourroit-il en porter 907 piastres dé perte, comme il fait par le comple général qu'il a envoyé a Robert et Louis ses associé, aussy voil-on bien que M' lIntendant de St-Domingue son maitre plein de justice el d’équilé n’a pas marqué dans le certificat qu'il luy a délivré que le dit Balthazard eust 17000 ivres dans son coffre lors du naufrage de l’'Hermionne, mais seulement qu'il n’avail sauvé qu'environ de 2000 piastres el quelques hardes ce qui est bien décisif en cette occasion.

Il y à enfin tant de contrariétés grossières dans cette déclaration de Balthazard qui sautent aux yeux, et il y auroit tant de remarques a y faire, toutes plus desavantageuses pour la réputation les unes que les autres, particulièrement en ce que fils d'un marchand qu'il est, lequel ne peut ou ne doit pas ignorer les maximes des sociétés dans le commerce, que pour éviler la prolixilé qu'il n'y a pas eu moyen de retrancher ni assés de temps d'en chatier les répétitions dans ce mémoire.

Messieurs sont très humblement suppliés de suppléer par leurs lumières pénétrantes et par leur équité ordinaire de dire sauf correction que le dit Balthazard doit rapporter à la Société lernaire de Rochefort les 907 piastres qu'il porte à son debit pour sa part du vol de 2500 piastres qu'il prétend luy avoir été fait, au moyen de quoy Robert et François son sous associé payeront sans contredit a Loyseau lasseureur de Paris les 24 p./° convenus pour sa prime d’asseurance, et ainsy toute celle contestation entre l’asseureur et lasseuré sera assoupie aussy bien qu'entre les associés de la ternaire société de Rochefort. Les quels ne pouvoient pas autrement se dispenser d'entrer en procès en celle occasion avec le dit Balthazard leur associé, et de la sur l'avis de Messieurs les directeurs de la Chambre de commerce de Guienne, il resullera une loi de probité entre les associés participés au commerce de mer, qui affermira la fidélité qui doit régner dans toute les entreprises, les asseureurs et les asseurés, et qui subsistera fidelement a l'avenir dans tous ses points et loule son étendüe.

Copie de la déclaration faite par Balthazard a Léogane le 18° fevrier © L'an mil sept cent cinq et le dix huitième jour du mois de fevrier est compareu au greffe du siège de Léogane, côte Saint-Domingue, le S' Balthazard de présent en ce quartier le quel a dit et déclaré que la frégale du Roy l'Hermionne commandée par le sieur Marin sur laquelle ledit S' déclarant étoit embarqué, seroil perdue a la cote de Cartagène la nuit du vingt deux au vingl troisième décembre dernier, et dit que lors de la perle du dit navire il avoit son coffre dans la Sainte Barbe où il y avoit dedans quatre mille six cents cinquante piastres tant a luy qu'a plusieurs parliculiers qu'ils luy en avoit chargé en effets, qu'il auroit vendu à la cote des indes d’espaigne pour leur compte et risque et toutes les hardes et nipes, el dit comme il vit le dit naufrage arriver il feut si transporté de peur de perdre la vie, qu'il se trouva tout en chemise et culote, cependant malgré tout le peril qui luy paroissoil altendu que le dt vaisseau coulait bas d'eau et prest a s'ouvrir il descendit dans la ditte sainte Barbe ou il avoit son dit coffre, et comme dans ce moment il n'en peut trouver la clef dans l'obscurité qu'il y avoit dans la sainte Barbe il feut obligé de rompre le dit coffre, et ce pour lâcher de sauver son argent, hardes et nipes, et se trouvant alors plusieurs personnes dans la dille sainte Barbe qu'il pria de Iuy ayder a sauver son argent a quoy ils s'affrirent, le dit déclarant dit qu'il donna confusément a differentes personnes qu'il ne connoissoit pas des sacs d'argent pour porter sur le pont, dont la plus grande partie feurent délournés sans qu'il ait peu aprandre ny sçavoir ce qu'ils étoient devenus tout le monde élant en désordre et confusion. Le dit déclarant dil qu'étant embarqué sur le vaisseau l'Ambilieux mouillé devant Boncochy il auroit fait recherche parmy les équipages et passagers qui Séloient sauvés de l'Hermionne au bord du dt vaisseau l'Ambilieux, et il auroil trouvé avoir la somme de deux miile cent piastres, dont il auroil sauvé luy-même la plus grande partie, et le restant il auroil reconnu à differents malelols par les sacs qu'ils avoient dans le mème temps que Monsieur des Landes fit faire la recherche de l'argent de la royale companie de la Sciente qui avoient élés de mème pillés, à dit qu'il ne sauva que cinq chemises et deux habits dont il en fit un paquel en s'embarquant dans le canot qui est tout ce qu'il a déclaré, et

promis d'affirmer la présente déclaration par serement par devant tous juges qu'il appartiendra lors qu'il en sera requis, de tout quoy il a requis acte a lui octroyés pour luy valoir et tenir en tant que de raison signé sur la minute Balthazard : el Chauvet greffier au bas de Poriginal, signé Chauvet, greffier et en suile collalionné et plus bas est écrit :

Nous commissaire de la Marine, ordonnateur de lisle de la Forlüe el cote de Saint Domingue faisant les fonelians d’intendant certifions a tous qu'il appartiendra que M: Chauvel qui a receu la déclaration cy dessus est notaire du conseil superieur de Léogane, el que foy doit etre ajoutée aux actes qu'il passe en justice el hors jugement. En lesmoin de quoy nous avons delivré le present pour servir de légalisation que nous avons signé, fait contre signer par notre secrelaire &êt a iceluy fail aposer le sceau de nos armes à Leogane de St-Domingue le vingt un decembre 1705:

Signé Des Landes, el au bas est écril par mon dit sieur Cavalier :

Nous commissaire ordonnaleur de lisle de la Torlüe el cote de Saint Domingue ey devant embarqué sur la frégatle du Roy l’Hermionne commandée par Mons! Marin naufragée devant Carlagène, certifions avoir connoissance que le sieur Balthazard embarqué avec nous, n’a sauvé avec luy qu'environ la somme de deux mille prastres, deux habits et six chemises, en foy de quoy nous luy avons donné le présent certifical pour luy servir el valoir ce que de raison, a Legane de St-Domingue le 25° fevrier 1705. Signe Des Landes:

Décision.— Les Directeurs de la Chambre de Commerce de Guienne qui ont leu avec attention le présent memoire, la déclaration du sieur Balthazard et le cerlilicat de Monsieur des Landes, commissaire ordonnateur a lisle St-Domingue, au sujet du vol que le dit Balthazard prétend luy avoir élé fait dans lé temps du naufrage de la frégate du Roi l’'Hermionne sur laquelle il élail embarqué. Disent que dans le bon ordre, el pour le mieux disculper envers les sieurs Robert et Louis ses associés, le dit Balthazard auroil deu faire attester la déclaration par deux officiers, deux passagers, ou deux matelols de la dilte fregate, cependant bien que Balthazard n'ait pas eu cette précaution et qu'il se soil contenté de faire Ia déclaration le 18° fevrier 1705, cinquante sept jours après le dit naufrage, el de rapporter un certificat de Mons’ des Landes par le quel ce commissaire déclare qu'il a eu connoissance' que le dt Balthazard embarqué avec Iuy dans la dilte frégate naufragée n’a sauvé qu'environ deux mille piastres, el que d’ailleurs il ne paroit dans ledt mémoire aucune deffense de la part du dit Balthazard, néantmoins les susdits Directeurs £stiment que les dits Robert et Louis associés du dit Balthazar ne peuvent pas se dispenser d'entrer au marc la livre dans la perte des deux mil cinq cens piastres volées, avec les autres particuliers qui avoient intérest dans les quatre mille six cens cinquante piastres que le dt Balthazard affirmant par serement devant le juge du lieu où il se trouvera résident que lors et au temps que la frégate l'Harmionne fit naufrage a la cote de Carlagène il avait dans son coffre le nombre de quatre mille six cens cinquante piastres, dans lequel nombre étoil l'argent provenant de la vente des marchandises de la Société Lernaire, el faisant en outre atlesler soit en France ou dans lAmerique par deux ou trois personnes de l’équipage ou passagers des vaisseaux l’Hermionne ou l’Ambitieux il se seroit pleint qu'il luy avoit été volé le dit nombre de deux mille cinq cens piastres, n’étant pas au pouvoir du dit Balthazard de prouver par un connoissement qu’il avait embarqué dans la ditte frégalle celle somme de 4650 piastres parceque les officiers dans les vaisseaux du Roy n’en signent pour personne.

Tous les raisonnements employés dans le mémoire ny les conséquences qu’on en deut tirer contre Balthazard ne prouvent point qu’il

a détourné à son usage particulier l'argent de ses associés, si ceux cy ne veulent pas l'en croire sur sa bonne foy ils doivent chercher des preuves de sa malversation et lorsqu'ils en auront trouvé ils seront toujours receus a s'en plaindre el a se faire faire raison, mais jusques a ce, on ne croit pas qu'ils puissent s'empecher d'en croire leur asso cié el sur son serement et altestalion ainsy qu'il a été dit. « A l'égard de la seconde question sçavoir si le sieur Francois qui participe avec Robert dans le liers d’interest qu'il avoit en la cargaison faite sur la ditte fregate l'Hermionne est bien fondé a demander les sommes qu'il a fait asseurer par le sieur Loyseau sur les retours de celte carguaison. Il est cerlain que des la que Louis et Robert et parconséquent François sous associé seront obligés de supporter leur porlion au mare la livre des deux mille cinq cens piastres volées, il n’y a pas de difficullé que le sieur Loyseau asseureur ne doivent entrer dans celle perte, qui ne peut etre regardée que comme une avarie dont le règlement est tres facile.

Délibéré à Bordeaux ce 28° avril 1707.

DuBERGIER aîné ; HAUBET ; P. MENOIRE ; SAIGE ; BECHON ; RiBAIL ; BILLATE aîné ; AQUART ; MARCHANDON.

Résumé de lPaffaire en marge du registre : =

Parere. 19° Sçavoir si un associé prétendant avoir été volé d’une partie des fonds de la Société dans un naufrage qu'il a essuyé, et n'ayant pas eu la précaulion d’en faire attester la déclaration en bonne el due forme, et doit èlre cru sur sa parole et sur une déclaration informe.

2° Si un des associés est bien fondé a demander les sommes qu'il a fait assurer sur les retours de cette cargaison.

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