LA (( NOUVELLE HÉLOÏSE
Du moment où il s'agit non d'abolir la civilisation, mais de l'améliorer, il y a à introduire plus de sagesse dans les créations de la pensée, dans les lois et dans les mœurs. Nous abordons la seconde partie, la partie capitale de l'œuvre de Rousseau. A la littérature, aux mœurs, à l'État, tels qu'il les a vus et flétris , Rousseau est amené à opposer l'art, la morale et la politique tels qu'il les comprend.
D'abord, en 1759, l'auteur du Discours sur les sciences et les arts publie la Nouvelle Héloïse. L'instinct de son génie lui fit commencer ce livre en un moment où son cœur troublé combattait les émotions d'un amour réel par les rêves d'un amour chimérique. Ses préoccupations de réformateur n'intervinrent qu'après le premier jet. De là le contraste des dernières parties, où le philosophe veut retracer le triomphe du devoir, avec les deux premières, où la passion déborde et est maitresse.
« J'ai vu les mœurs de mon siècle, dit Rousseau, et