‹ Les pères de la Révolution (de Bayle à Condorcet)Chapitre 14 sur 257 · LOCKE PRÉCURSEUR DES ENCYCLOPÉDISTES · texte numérisé non relu

LOCKE PRÉCURSEUR DES ENCYCLOPÉDISTES

tique. D'autre part, ses écrits sur YOrigine véritable, F étendue et la fin du gouvernement civil, sur Y Éducation et sur la Tolérance, ont servi de préface aux œuvres de Montesquieu, de Voltaire et de Rousseau, en particulier à Y Esprit des Lois, au Dictionnaire philosophique, au Contrat social et à Y Emile.

Lisez les ouvrages de Locke, puis ceux de Rousseau. Un fait vous frappera : En cent endroits le corps du discours de Rousseau est emprunté à Locke. Il ne fait que jeter dessus les draperies d'un beau style.

N'approfondissant pas toujours beaucoup, mais répandant une grande clarté sur toutes les matières, Locke eut à cœur, avant Voltaire et les encyclopédistes, de constituer la philosophie du bon sens.

Dans ses livres, pas de méthode rigoureuse; rien de cet ordre didactique qu'affectent les hommes d'école. Aux procédés sévères d'une exposition savante, il préfère l'aimable allure d'une conversation substantielle. Ii a horreur des termes techniques et se plaît à employer les mots les plus simples de la langue courante. Sa préoccupation continuelle est de se rendre intelligible à tous les esprits un peu cultivés. Les penseurs français du xviu siècle l'imiteront. Le contraste est grand entre leurs écrits et les élucubrations de ces philosophes qui semblent croire qu'il ne saurait y avoir de profondeur Là ou il n'y a pas de jargon et de galimatias.

Descartes, un des premiers, en avait fini avec cette manie, usitée dans les écoles, de parler sans s'entendre, ou du moins sans se faire entendre. On connaît ses efforts pour démocratiser la philosophie; on sait comme il s'avisa de composer son Discours sur la méthode, non dans la Langue «le- savants, mais dans la langue de tout

le monde, afin d'être compris de « ceux qui se servent de leur raison naturelle toute pure » ; on sait aussi qu'il visait à « expliquer les plus curieuses matières de telle sorte que les lecteurs qui n'avaient point étudié les pussent entendre ». Locke déclare qu'il a appris de lui à parler humainement.

C'est un point à remarquer que Locke s'est toujours réclamé de Descartes, plutôt que de Bacon.

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