‹ Les pères de la Révolution (de Bayle à Condorcet)Chapitre 151 sur 257 · LA SOURCE DES ERREURS POLITIQUES DE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

LA SOURCE DES ERREURS POLITIQUES DE ROUSSEAU

En vérité, a-t-on le droit de réprouver ceux qui disent : Hors de notre Eglise point de salut, quand on vient dire soi-même : Hors de notre dogme point de civisme ? Des deux côtés c'est le même esprit d'exclusion, aboutissant aux mêmes excès, aux mêmes crimes.

Rousseau, lorsqu'il formulait son credo tyrannique, dressait à l'avance l'échafaud de Chaumette et de Glootz, ces fanatiques de l'athéisme. C'est de lui que s'inspirera Robespierre, quand il montrera le peuple français inféodé à la foi en la divinité, « terreur du crime et soutien de la vertu ; » quand il fera décréter le culte public de l'Etre suprême; quand il déclarera que l'athéisme est aristocratique; quand enfin il mêlera à tout l'intervention providentielle, quitte à se faire dire par Guadet, sa prochaine victime : « Je n'eusse jamais pensé qu'un homme qui, pendant trois ans, a travaillé si courageusement à nous tirer de l'esclavage du despotisme, put concourir à remettre le peuple français sous l'esclavage de la superstition. »

Page 1