ESSENCE DE LA VOLONTÉ GÉNÉRALE ET DE LA LOI, SELON ROUSSEAU
Dans la pensée de Rousseau, quand il arrive qu'une assemblée démocratique adopte de mauvais décrets et condamne des innocents, c'est que le peuple est entraîné par des intérêts particuliers que quelques séducteurs adroits ont su substituer aux siens. Autre chose est alors la délibération publique, autre chose la volonté générale.
Qu'est-ce donc, au fond, que cette volonté générale que Rousseau juge infaillible et qu'il distingue de la volonté actuelle d'un peuple ?
C'est la pure expression du vouloir commun sur les points qui touchent au bien commun.
Du moment où prévalent des volontés particulières, du moment où l'on vise des intérêts particuliers, elle est éludée. « Le citoyen, dit Rousseau, qui détache son intérêt de l'intérêt commun, voit bien qu'il ne l'en peut séparer tout à fait ; mais sa part du mal public ne lui paraît rien auprès du bien exclusif qu'il prétend s'approprier. Ce bien particulier excepté, il veut le bien géné-