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DUCLOS

Duclos avait précédé d'Alembert et Marmontel dans les fonctions de secrétaire perpétuel de l'Académie française. Comme eux, il allia à la liberté d'esprit beaucoup de circonspection. Jean-Jacques Rousseau, son ami, le jugeait droit et adroit. A partir du jour où il fut promu historiographe de France, il s'appliqua à ne pas trop se compromettre avec les philosophes, dont il partageait cependant les idées.

Dans ses Considérations sur V Italie, Duclos se demande si on doit enseigner des erreurs aux hommes; il n'hésite pas à répondre : Jamais. Mais il se pose cette autre question : Doit-on les détromper de toutes leurs erreurs? Et

là-dessus il demande à faire des distinctions, admettant qu'ilyades erreurs utiles à la société. Gelapeint l'homme. Il appartient à la famille des Fontenelle.

Les Considérations sur les mœurs de ce siècle, parues en 1751, sont l'ouvrage de Duclos qui eut le plus de vogue et d'influence. Il n'étudie pas seulement les hommes de son temps; il étudie l'homme : « J'ai vécu, dit-il ; je voudrais "être utile à ceux qui ont à vivre ».

Que les hommes aient de Tamour-propre et recherchent leur intérêt, c'est dans l'ordre. Ne privons pas la société de ses ressorts essentiels. Ne visons pas à supprimer les passions. Elles sont comme la sève des plantes. On n'en doit juger qu'à leurs fruits.

Le point est d'apprendre aux hommes à s'aimer entre eux, si bien que chacun juge le bonheur du prochain nécessaire au sien propre. Enseignons-leur à prendre en dégoût les passions qui nous rendent vils ; à corriger celles qui nous rendent malheureux, et à éviter de devenir par elles malfaisants pour la société. «La société, dit Duclos, doit être le premier objet de notre attachement. »

C'est une opinion platonicienne que, pour rendre les hommes meilleurs, il suffit de les éclairer, et que le crime est toujours un faux jugement. Duclos la fait sienne ; et, avec le disciple de Socrate, il voit dans l'éducation l'âme de la morale et de la politique.

A ses yeux, on ne s'est pas encore avisé Relever les hommes respectivement les uns pour les autres, et de faire porter sur une base d éducation générale toutes les instructions particulières, de sorte que les citoyens fussent accoutumés à chercher leurs avantages personnels dans le plan du bien général, et qu'ils commençassent par être

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