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LES MÉRITES DE TURGOT

Volonté forte, Turgot vivifia Fidée par l'action; il entreprit de convertir en faits les meilleures doctrines sociales de ses amis les encyclopédistes et les économistes; il conçut la plupart des réformes qui depuis se sont réalisées dans nos mœurs et dans nos institutions ; et il brava toutes les forces vives de l'ancien régime Liguées contre le droit nouveau. Mais la pacifique initiative d'un homme supérieur, d'ailleurs mal soutenu, nepouvait venir à bout des obstacles accumulés par un passé despotique.il fallut la révolte populaire pour les briser.

Qu'on considère les écrits de Turgot, ses actes, ses projets, on aura toujours devant soi un sage passionné pour le bien public et dirigé par des principes qui peuvent être résumés en deux mots : l'autorité s'exerçant au service de la liberté et du progrès.

Tête encyclopédique, Turgot connaissait l'hébreu , le grec, le latin, l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien ; joignait aux études théologiques, philosophiques, juridiques et historiques, le goût de la géométrie, de l'astronomie, des sciences physiques et naturelles, et se reposaitdans des distractions philologiques de ses savantes recherches économiques.

Il fut à la fois un grand méditatif et un homme de gouvernement.

Ses ennemie, d'après ce que rapporte Baudeau, lui reprochaient d'être systématique.

Oui, il ne ressemblait pas au vulgaire des ministres procédant par idées décousues et soumis à toutes les routines. 11 avait des vues suivies et liées à des principes. Là précisément était sa supériorité.

Mais à la grandeur des projets il joignait le sens de l'opportun et du possible. Il pensait que, si l'opiniâtreté est souvent nécessaire, la circonspection l'est toujours.

Ajoutez que ses vues d'ensemble ne se séparaient pas du soin des détails poussé parfois jusqu'à la minutie. Lui-même, il se reconnaît très ami de l'exactitude, en ajoutant humblement qu'elle est « le sublime des sots ».

Il y a lieu de remarquer chez Turgot cette pénétration qui ouvre à l'esprit des vues prophétiques sur l'avenir. Dès 1750, il prédisait l'émancipation de l'Amérique, désormais capable de se suffire. « Les colonies, ajoutait-

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