‹ Les pères de la Révolution (de Bayle à Condorcet)Chapitre 3 sur 257 · A LA MÉMOIRE DE GAMBETTA · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DE GAMBETTA

Sur Gambetta le silence des partis s'est fait. Il n'y a plus que la voix de l'humanité. L humanité le proclame grand :

Grand par son éloquence lumineuse et enflammée, tour à tour caressante et hautaine, doctrinale et pathétique ;

Grand par cette bonté doublée de belle humeur qui le rendait indifférent aux ingratitudes, l'entourait d'une atmosphère de séduction et lui gagnait les cœurs ;

Grand pur cet attachement aux petits qui F élevait si haut au-dessus de ces avocats de la démocratie en qui cm ne sent pas les entrailles démocratiques ;

Grand par cette sagesse qui visait à installer graduellement les principes dé la Révolution dans leur organisme naturel et a poursuivre les réformes sociales, sans chimères ni violences, par la politique du bon sens et de la légalité ;

Grand par cette volonté robuste qui aidait tant au succès à force de l } espérer; qui combattait les obstacles un à un avec une persévérance infatigable, et qui, par

ii A LA MÉMOIRE DE GAMBETTA

des miracles d'élan et de discipline, après la double victoire sur le 24 mai et sur le 16 mai, aboutissait à assurer en France le développement progressif de l'ordre républicain ;

Mais grand surtout par son amour immense de la patrie, vie de sa vie, âme de son âme, foyer unique où s 'alimentaient ses pensées , ses discours et ses actes; de la patrie dont il ne voulut jamais désespérer et dont il sut rendre la défaite glorieuse.

Page 1