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VOLTAIRE HISTORIEN PHILOSOPHE

L'auteur de Candide ne devait pas se représenter .l'histoire, à la façon de Bossuet, comme un drame parfait où les hommes sont les acteurs et Dieu le poète ; mais il n'a garde non plus de n'y voir, avec certains pessimistes, qu'un tissu d'extravagances et d'atrocités. Il y trouve partout mêlés, à des doses variables, le bien et le mal-, la grandeur et la petitesse, l'ordre et le chaos.

Avec Montaigne disant que les poux suffisent à faire vaquer la dictature de Sylla, avec Pascal montrant l'Angleterre et l'Europe qui changent de face parce qu'un petit grain de sable s'est mis dans l'urètre de GromweL, Voltaire admet que les plus grands événements peuvent résulter des plus petites causes.

Son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations introduit la philosophie dans l'histoire, plus complètement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. C'est une vaste enquête, quelquefois partiale, sur le passé de l'humanité. Le

commerce, les métiers, les arts, les sciences, les croyances, les mœurs et la vie des nations préoccupent Voltaire bien plus que le va-et-vient des princes et des courtisans, des généraux et des armées. Il étend ses regards au delà du point de vue restreint de telle race ou de telle religion, et embrasse d'un seul coup d'œil la totalité des peuples, tous solidaires les uns des autres.

Il ne saurait admettre la continuité du progrès ; mais il ne nie point le progrès. Il a foi aux bons effets de l'accroissement des lumières et de l'éducation du sentiment public; il pense que, tout compte fait, le présent est préférable au passé; il voit le char de l'humanité, à travers mille cahots, mille arrêts, mille détours, s'acheminant petit à petit vers le mieux; et ce mieux, il le fait surtout consister dans le triomphe de plus en plus complet de la moralité sociale, qui, pour son génie pratique, demeure toujours l'essentiel.

VOLTAIRE ADVERSAIRE DES THÉOLOGIENS ET APOLOGISTE DE LA RELIGION NATURELLE

Un caractère commun à tous les peuples, selon Voltaire, c'est le sentiment religieux. Il remarque que le monothéisme n'a pas été le privilège d'une race, et que l'idée d'un être souverain et de sa providence se trouve chez les poètes et chez les philosophes de toutes les nations. De même qu'à saint Augustin, illui semble ridicule d'imaginer que les anciens égalassent les héros, les génies, les dieux inférieurs, à celui qu'ils appelaient le père des dieux, tout comme il serait ridicule de penser que les chrétiens identifient à Dieu les bienheureux et les anges.

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