ETUDE CLINIQUE
‘: La perforation intestinale au cours d’une fièvre paratyphoïde constitue ume complication d’une ex- -traordinaire gravité : d’une part à cause de la débilité du sujet affaibli par la diète et la lutte contre l'infection, d’autre part à eause de la virulence du contenu intestinal dont la septicité est nettement aggravée.
Or, l'intervention chirurgicale n’est efficace, la lecture des observations le prouve, que si elle est précoce. Tout l'examen du malade tendra, par conséquent, à poser le diagnostic précocement, à la phase de perforation plutôt qu’à celle de péritonite, où le pronostic devient presque désespéré.
À dire vrai, la plupart des signes des grandes perforations viscérales se retrouvent au cours des perforations paratyphiques, mais tellement modifiés, tellement atypiques, tellement masqués par la sévérité de linfection, que le diagnostic, bien difficile, repose, ‘avant tout, sur des examens successifs et rapprochés.
C’est ainsi que l’on constate dans l’état du malade
des modifications dont il importe de surprendre le début.
La douleur est le premier symptôme en date ; elle manque tout à fait exceptionnellement, mais ses modalités sont des plus variables. Rarement c’est la douleur instantanée, violente, déchirante qu’accompagnent des sueurs froides et des phénomènes de collapsus.
Plus souvent c’est une douleur sourde, obtuse, siégeant dans la fosse iliaque droite et que le malade prostré ne signale pas toujours.
Bien souvent, elle prend le caractère de simples coliques atténuées.
« Rien ne ressemble moins au coup de poignard abdominal que les « élancements » les « picotements », les « piqures » de certaines observations ». (Mondor).
Parfois la douleur se déplace avec les mouvements du malade.
Les vomissements manquent le plus souvent, mais, lorsqu'ils existent, ils constituent un signe d’alarme de la plus haute valeur. Parfois, c’est un simple état nauséeux qui fait craindre la perforation.
C’est quelquefois un peu de hoquet, d’autres fois une miction douloureuse ou une rétention d’urine qui viennent traduire la réaction péritonéale.
Enfin, la suppression brusque de la diarrhée doit toujours attirer l’attention vers une perforation intestinale possible. |