‹ Les Perforations Intestinales Au Cours Des ParatyphoïdesChapitre 19 sur 28 · MU TUE · texte numérisé non relu

MU TUE

Pendant trois jours, même état; on note un peu de prostration, un faciès fatigué. La langue est sale, la température est à 38°, le pouls est à 110. La palpation de la fosse iliaque droite est douloureuse et l’on sent une résistance profonde. La malade évacue quelques selles diarrhéiques. L’hémoculture est faite. Elle révèlera le para B, le 9 septembre.

Le quatrième jour de l’entrée de la malade, le tableau se précise : température 39°, douleurs plus aiguës et plus fréquentes; la fosse iliaque droite et la moitié correspondante de l’hypogastre sont occupées par une tuméfaction diffuse.

Opération 7 septembre 1929. Anesthésie au Schleich. Opérateur : REINHOLD.

Laparatomie médiane sous-ombilicale. Péritoine libre. Le grand épiploon apparait très congestionné, encapuchonnant une masse diffuse qui occupe le petit bassin (surtout à droite) et la fosse iliaque. A droite l’épiploon présente une adhérence de 2 centimètres sur 4 à la cicatrice de l’appendicectomie.

Protection de la grande cavité. Décollement de l’épiploon en commençant par la gauche et libération de l’adhérence à la cicatrice. La masse est reconnue comme étant formée de l’agglomération du colon pelvien et de l’iléon. Assez facilement, on décolle les anses intestinales. Ce faisant, on découvre trois clapiers purulents que l’on assèche aussitôt. Un quatrième foyer laisse échapper un liquide fluide, fécaloïde. Celui-ci sourd lentement d’une perforation de 3 millimètres de diamètre, siégeant à 8 centimètres de l’angle iléo-caecal, sur le bord

libre de l'intestin. Cette perforation est creusée dans un tissu intestinal épaissi, lardacé, recouvert de fausses membranes. Une excision qui permettrait une suture en territoire sain serait trop importante. On tente un enfouissement par points en bourse; la friabilité des tissus et leur manque de souplesse s’y opposent. L’adhérence au fond du bassin et de la fosse iliaque empêche l’extériorisation de l’anse ou l’entérostomie. Un drainage du foyer et de la perforation est pratiqué au moyen d’un drain et de deux mèches non tassées dans le foyer et d’un drain dans le Douglas. L’ensemble de ce drainage est isolé par une large compresse de cloisonnement.

Fermeture en deux plans au catgut, au-dessous du -drain et au-dessus de la gaze.

Suites opératoires.

Enlèvement progressif du tamponnement. Un drain -est retiré le cinquième jour. Les mèches le dixième jour. La mèche de cloïisonnement est retirée le douzième jour, le dernier drain est retiré le vingt-et-unième jour. Il s’est constitué une fistule stercorale.

La paratyphoïde évolue favorablement. Le vingt-etunième jour la malade est apyrétique. Alors la fistule est peu abondante et cesse d’être stercorale.

La malade quitte le service le 9 novembre 1929, deux mois après l’opération, guérie, gardant une fistulette pariétale, non stércorale, qui se tarit par intermittence, En avril 1930, la malade est en excellent état. Il n’y à pas d’éventration. Les périodes d’activité de la fistule sont de pius en plus rares et courtes. Néanmoins nous proposons une intervention. La malade y surseoit momentanément,

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