‹ Les Perforations Intestinales Au Cours Des ParatyphoïdesChapitre 9 sur 28 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions intestinales rencontrées à l’examen nécropsique des malades morts au cours d’une paratyphoïde sont légèrement différentes de celles rencontrées au niveau de l’intestin des typhiques.

Sans doute, du point de vue histologique, il y a deux faits dominants, au cours des perforations paratyphiques, qui sont également rencontrés dans la perforation typhique, à savoir : 1° —— L’afflux polynucléaire considérable autour des ulcérations ;

2° __ jes lésions d’endartérite oblitérante.

Mais, du point de vue macroscopique, les lésions sont légèrement différentes dans leur nombre et leur topographie. C’est là un fait paradoxal, étant donnée l’analogie clinique presque complète des fièvres typhoïdes et paratyphoïdes.

En particulier, dans les paratyphoïdes À, on note la rareté des plaques de Peyer. Elles manquent souvent ; lorsquelles existent, leur nombre est plus limité, enfin, elles ne sont pas ulcérées. En général, les 20 à 25 derniers centimètres de l’iléon sont conges-

tionnés avec, par places, des suffusions hémorragiques.

Parfois sur ce fond congestif sont notés des points blancs ; ces points blancs qui peuvent être ulcérés répondent aux follicules intestinaux envahis par le B. paratyphique A.

Mais c’est au niveau du gros intestin que l’on observe les lésions caractéristiques des paratyphoïdes, car elles n’existent pas dans la fièvre typhoïde : on note des saillies blanchâtres, tantôt nombreuses, tantôt. discrètes, étendues entre le caecum et l’ampoule rectale.

Cependant, malgré l'existence de lésions constantes la perforation est exceptionnelle au niveau du gros intestin. ; |

Dans les cas de fièvres paratyphoïdes B, les lésions sont plus intenses, mais présentent une topographie analogue.

Quant à la perforation proprement dite, elle est variable, quant à son siège et à son nombre:

En règle, elle occupe le dernier segment de liléon, la valvule de Bauhin, le caeco-appendice, voire même le colon ascendant.

La perforation peut être unique ou multiple et dans ce dernier cas on peut surprendre, à des degrés divers, tous les stades de la perforation.

L'aspect des lésions est variable et à la lecture des observations on réalise aisément qu’il existe là des perforations incomplètes avec légère couverture séreuse ou fausse membrane n’empêchant pas les péri-

DST GRRS

tonites par propagation, ailleurs des perforations complètes. Ces perforations complètes sont la règle, existant dans 90 % des cas environ.

Elles siègent sur le bord libre de l’intestin, de dimension très variable, depuis une tête d’épingle jusqu’à 1 centimètre de diamètre. On observe, dans ces conditions, les lésions habituelles d’une péritonite généralisée.

Au point de vue opératoire, si la perforation se fait au niveau d’un follicule clos, elle se traduit par un pertuis très petit dont la suture sera facile. Au niveau des plaques de Payer, elle est plus étendue, les tissus voisins sont friables, la suture sera difficile. À côté de l’ulcération, on peut percevoir au palper les plaques de Payer saillantes, susceptibles de s'ulcérer ; cela expliquant la notion si importante de multiplicité ou de récidive des perforations typhiques.

ETIOLOGIE ;

La date d'apparition de la perforation au cours des fièvres paratyphoïdes est variable. Mais en pratique, dans la moyenne des cas, la perforation survient au 2 ou 3 septenaire. Peut-être le maximum de fréquence appartient-il au 3 septenaire. Au premier septenaire la perforation constitue une grande exception, de même exceptionnelle est la perforation tardive, au 4 ou 5° septenaire.

La forme de la paratyphoïde influe indiscutablement sur sa production. La perforation est surtout rencontrée dans les paratyphoïdes graves, à diarrhée profuse, à tuphos profond. L’intensité des troubles digestifs, le caractère’ fétide des selles, doit toujours faire redouter la perforation. Mais surtout, les hémorragies intestinales, principalement quand elles sont abondantes et quand elles se répètent, traduisent l’ulcération de la plaque de Peyer et sont souvent prémonitoires de la perforation.

Cependant, on note des cas de perforation au cours des formes ambulatoires et deux de nos observations concernent ces formes ambulatoires.

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