MESSIEURS
» L'application de l'air comprimé dans les mines tend à se généraliser de plus en plus. Les travaux houillers y trouvent une force motrice commode, qui peut être conduite, avec la plus grande facilité, dans tous les chantiers d'exploitation et à des distances très-grandes, sans qu'il en résulte des pertes sensibles, Nul doute que , dans de telles conditions , cette force n'arrive à se substituer au travail de l’homme dans beaucoup de cas.
» Le premier emploi de l'air comprimé pour l'extraction et l'épuisement en vallée, et pour la traction par câble sur voie horizontale, a été fait en Angleterre et à Sars-Longchamps,
» Son application au creusement el au perçement des roches, au moyen des perforatrices , est appelée à transformer complètement l'industrie houillère. La possibilité de creuser en peu de temps de longues galeries à travers bancs, permettra à l'exploitant de concentrer sa production sur des puits moins nombreux et bien installés, condition essentielle pour
produire à bon marché. En outre, ces galeries étant en ligne droite, il sera tout naturel de se servir de l'air comprimé pour le transport mécanique.
» D'autres applications ont été tentées avec plus ou moins de succès; c'est ainsi qu'aux charbonnages Cockerill, houillère Marie, des ventilateurs à force centrifuge pour l’aérage de certains points isolés de la mine, sont activés par cette force motrice.
» En Angleterre, son emploi pour le havage mécanique a moins bien réussi.
Machines à comprimer Pair.
» Dans les premières machines motrices construites pour la compression de l’air, la transmission du mouvement se faisait au moyen d’un engrenage. Un pignon monté sur l'arbre du volant attaquait une roue dentée, calée sur un second arbre aux extrémités duquel se trouvaient deux manivelles transmettant le mouvement aux compresseurs (pl. 3, fig. 1).
» L'emploi d’un engrenage présentait ici de grands inconvéuients. En effet, l'examen d’un diagramme pris sur les compresseurs (fig. 5, pl. 8), montre que l'effort, nul au départ, va en croissant jusqu’au point où la pression de l’air comprimé dans le cylindre, étant égale à celle des réservoirs, les clapets foulants s'ouvrent. Cette inégalité de l’effort détermine une usure inégale des dents de l’engrenage, qui, outre le danger de rupture, devient une cause de chocs et de frottements considérables.
» En présence de ces inconvénients, la Société John Cockerill, à Seraing, a adopté pour l'installation de la houillère Marie, un système de compresseurs conjugués, à attaque directe; il est représenté par la figure 4 et 2, planche 4.
» Dans ce système, l'installation devient moins coûteuse; én outre, la force motrice ne passant plus par l'intermédiaire d'une transmission, l'effet utile de la vapeur est notablement augmenté.
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» Cette disposition demande, il est vrai, des volants d’un assez grand poids, surtout si l’on veut utiliser la détente, et, d’autre part, la marche de la machine peut ne pas être tout-àfait régulière. L'augmentation du poids du volant n’est pas à prendre à considération , et, quant à la marche, on sait que les compresseurs , loin d'exiger une régularité absolue, demandent que la marche soit ralentie à la fin de chaque course, afin que la fermeture des clapets s'opère plus tranquillement, » L'appareil représenté planche 4, se compose de deux cylindres horizontaux conjugués et à détente variable A et B; l'arbre du volant EF se trouve à l'arrière.
» Ces cylindres attaquent directement les pistons de deux 11 compresseurs 0 et O’.
Li » Les compresseurs sont construits d’après le système Sommeiller , sauf quelques petites modifications dans la construc-
| tion, qui ont été indiquées par l'expérience.
» La figure 4 montre une coupe verticale passant par l'axe du E compresseur. Le piston se meut horizontalement dans un cy- 1. lindre en fonte C, rempli d’eau pour éviter l’échauffement de L l'appareil.
» Aux deux extrémités de ce corps de pompe, s'élèvent deux cylindres verticaux également en fonte P et P’, fermés à la partie supérieure par un couvercle boulonné. L’aspiration de l'air se fait par une ouverture rectangulaire pratiquée dans la paroi des cylindres, et le clapet d'aspiration S est en cuir comme dans les machines soufflantes ordinaires.
» L'échappement de l'air a lieu à la partie supérieure par une soupape conique de laiton S'; l’air comprimé se rend de là aux réservoirs par les tuyaux en fonte T.
» La manœuvre du piston détermine l’ascension de l’eau d’un côté; le niveau s’abaisse de l’autre : il se forme un vide, la soupape d'admission s'ouvre et l’espace laissé libre se remplit d’air.
» Lorsque le piston revient en sens inverse, l’eau est refoulée et l’air avec elle. La soupape d'admission se ferme, et dès que l'air est comprimé à la pression des réservoirs, la soupape d'échappement S' s'ouvre. Le niveau de l’eau s’élevant jusqu’au-
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