INTRODUCTION
. Depuis la découverte par DALE, en 1906, de l’action ocytocique des extraits de post-hypophyse, les accoucheurs ne se sont pas privés d'utiliser une substance qui, selon l'expression de BARSILLON, leur apportait un véritable « forceps en ampoule » et qui donnait à l’obstétricien impression d’être le maître de l’heure.
Cette utilisation à grande échelle de la post-hypophyse a eu l’inconvénient de la transformer en une arme dangereuse et redoutable lorsqu'elle était utilisée à des doses inconsidérées par des mains inexpertes.
Mais lorsque l’on parcourt la littérature aussi abondante que variée se rapportant à l’emploi de la post-hypophyse, on constate que la voie d’introduction de cette hormone dans l’organisme est presque toujours la voie intramusculaire. On est, par contre, frappé par le peu d’attention et d'intérêt que les différents auteurs semblent avoir manifesté vis-à-vis de son introduction par voie endoveineuse. Cette voie n’est utilisée que dans les complications hémorragiques de la délivrance, lorsqu'il faut agir vite, l’utérus étant vide.
Un seul accoucheur semble, à notre avis, avoir prévu l'importance que pouvait prendre l’injection lente de cette hormone dans le sang. Il s’agit d'Osrreiz [32], de Prague,
qui, déjà en 1928, injectait au moyen d’une seringue de la post-hypophyse dans la veine, au rythme d’une goutte toutes les dix à vingt secondes. Il utilisait sa méthode dans l’accouchement et dans la délivrance et se déclarait enchanté des résultats obtenus.
Nous croyons nécessaire de rappeler la communication qu'il fit à ce sujet et qui parut dans la Revue Gynécologie et Obstétrique, en 1928.
« Nous préférons l'injection intraveineuse à l’injection intramusculaire parce. qu’elle agit plus vite et presque immédiatement, parce qu’elle ne faillit que très rarement et qu’on peut mesurer exactement, goutte à goutte, la quantité nécessaire de pituitrine pour provoquer de fortes contractions de l’utérus.
« Nous injectons lentement par intervalles de dix à vingt secondes, goutte à goutte, jusqu’à l’apparition de la première contraction. Ordinairement, on a besoin de deux à quatre gouttes. »
OSTRCIL associe à ces injections de pituitrine la déchirure des membranes et la dilatation digitale de l’orifice du col. Le nom d'OSTRCIL est cité dans quelques ouvrages ultérieurs, mais on ne lui a pas réservé l’attention qu’il méritait et sa méthode semblait être tombée dans l’oubli. Nous pouvons, à l’heure actuelle, et dans une certaine mesure, considérer OSTRCIL comme le précurseur de la méthode des perfusions d’extrait{ post-hypophysaires.
Il existe cependant une légère différence entre le principe même des perfusions et la technique propre à Osrrcir. Cet auteur injecte goutte à goutte la post-hypophyse, mais s'arrête dès qu’apparaît la première contrac-