I. MONOGRAPHIES DES GENRES ET DES ESPÈCES
Sont entièrement originales les monographies des genres :
Apodinium, Parapodinium, parasites externes ;
Blastodinium, Schizodinium, parasites intestinaux ;
Syndinium, Atelodinium, parasites cœlomiques ;
Trypanodinium, parasite intracellulaire, qui constituent, comme l’on voit, une série complète des différentes catégories parasitaires topographiques, et aussi des différents modes éthologiques, série dont les premiers termes furent mis au jour à une époque où un seul cas certain de parasitisme, encore que contesté et non admis par les classiques, était connu chez les Péridiniens. (V. page 4.)
Ces monographies comprennent non seulement la description morphologique et eytologique des organismes, celle de leur cycle évolutif, mais leur étude éthologique. De l’étude des Genres Apodinium et Blastodinium est dégagée la connaissance d’un mode nouveau de sporulation : la sporogénèse ütérative ou palisporogénèse, dont le déterminisme et la signification sont analysés dans la partie générale.
Le genre Blastodinium, nombreux en espèces, à fourni une série de formes dont la comparaison fait saisir sur le vif une adaptation progessive au parasitisme strict à partir d'organismes à nutrition primitivement holophytique avec retentissements sur les caractères morphologiques, cytologique" et génétique : dépigmentation, passage de la scissiparité à la palisporogénèse, etc. Une étude des relations des espèces entre elles met en lumière la continuité de cette série adaptative. |
Passage du parasitisme externe au parasitisme intes'inal chez les Apodinium. Analyse expérimentale de ce phénomène.
Avec les Syndinium j'ai fait connaître pour la première fois chez les Péridiniens l’existence de formes végétatives plasmodiales. Le déterminisme du passage de la condition monoénergide à la condition polyénergide-(ou plasmodiale) est analysé aussi dans la partie générale.
Dans les chapitres consacrés aux genres suivants, la part des mes prédécesseurs ou contemporains est à distinguer de la mienne :
GExRE Oodinium. — Les résultats de l’étude de l’espèce type par PoucxerT sont confirmés avec détails originaux complémentaires, notamment cytologiques. Confirmation nécessaire puisque ce cas de parasitisme, le seul anciennement connu chez les Péridiniens, avait été contesté par BÜTSCHLI et depuis complètement méconnu.
PÉRIDINIENS . PARASITES 449
Rappel et critique des observations de BArGont et de Brooks et KELLNER qui avaient étudié des Oodinium, mais les avaient rapportés aux Foraminifères ou en avaient fait des larves d’Appendiculaires.
Rappel d'observation de DoGrer, relation d’obervations inédites de CAULLERY.
Description d’une forme nouvelle, O. Fritillariae, et étude des variations de structure de son appareil fixateur.
Considérations sur le parasitisme des Oodinium. Relation des espèces entre elles.
GENRE Gymnodinium. — Rappel des observations de PocHE sur G. parasiticum.
GENRE Haplozoon. — La découverte de ces parasites, les faits très
intéressants et fort bien observés qui concernent leur morphologie, leur reproduction, sont dus entièrement à V. Docrez. Mais je puis m’attribuer sans réserve l’origine de la notion que les Haplozoon ne sont point des Mésozoaires (Catenata de V. Dore), mais des Péridiniens stricts.
Quoique NERESHEIMER eût défendu mes vues à ce sujet et que DoGrEL s’y soit en partie rallié, les Catenata continuaient à être incorporés aux Mésozoaires. POCHE cependant en à fait un ordre spécial de Plasmodromes équivalent aux Flagellés et aux Sporozoaires. Les Haplozoon prennent ici la place qui leur revient : celle d’une famille dans le sous-ordre des Gymnodinidés.
Leur reproduction est une palisporogénèse tout à fait comparable à celle des Apodinium et des Blastodinium.
Leur connaissance reste cependant encore incomplète, parce qu’on ignore la forme de leurs spores.
GENRE Chytriodinium. C’est également à V. DoGrEL que l’on doit la découverte de ces parasites. Il à reconnu d'emblée leur nature péridinienne. Son travail est contemporain et indépendant de mes premières notes préliminaires sur les Blastodinium et les Apodinium. La connaissance de ces derniers me suggère de certains faits de la morphologie et de l’évolution des C'hylriodinium (stades initiaux, appareil absorbant) des interprétations différentes de celles de Docrer. Je montre, en outre, que ces parasites offrent une palisporogénèse rudimentaire.
GENRE Paulsenella. — Découverte et description dues à PAULSEN. Ce parasite ne peut être maintenu dans le genre Apodinium, où l'avait placé cet auteur. Spores inconnues.
Genre Duboscquella. — Rappel des observations de LAACKMANN,
ARCH. DE Z00L. EXP. ET GÉN. — "l', 59. — K, 1, £9
450 EDOUARD CHATTON
GezA ENTz jun., LOHMANN, et surtout celles de très précises de DuBosCQ et COoLLIN qui font connaître la reproduction sexuée.
Connaissance prise des documents inédits de DuBoscQ et COLLIN, je fais des réserves sur l'attribution de ce genre aux Dinoflagellés stricts.
PÉRIDINIENS PARASITES DES RADIOLAIRES. — La connaissance des Syndinium me permet d'affirmer d’après les travaux de BRANDT, BORGERT, W. Hurx, sur la reproduction des Thalassicolles, que les phénomènes décrits par ces auteurs sous le nom d’anisosporogénèse « Schlauchkerngenese » ou gametogenèse, sont le fait de la présence dans le noyau et dans le cytoplasme de ces Radiolaires, de Péridiniens parasites qui ont les caractères végétatifs, eytologiques, et les spores gymnodiniformes des Syndinium.
Les genres suivants qui ne sont pas des Péridiniens stricts sont passés en revue dans une section spéciale du mémoire.
GENRE Paradinium. — Rappel d’une étude sommaire de POUCHET sans figures, confirmée, et en plus largemens complétée ici; mise en évidence des stades du début de l’évolution, croissance hétérogène du plasmode par foyers de prolifération ou blastodes, plasmode en attente de sporulation (plasmode quiescent). Caractères cytologiques qui distinguent ce plasmode du plasmode homogène des Syndinium. Existence d'un filoplasmode et de stades amiboïdes avant la sporulation. Morphologie des spores (type Cryptomonas).
Cette étude complétée par celle du genre voisin Atelodinium, qui constitue avec Paradinium la famille des Paradinides, montre le passage très ménagé par la morphologie des spores, du type Cryptomonadine (Chrysomonas) au type Dinoflagellé.
Genre Neresheimeria, découvert par LOHMANN, bien étudié par NERESHEIMER, et considéré par lui comme le type de l’ordre des Blastuloidea dans les Mésozoaires. M’appuyant tant sur la description de l’auteur, que sur mes propres observations, j’aboutis à cette hypothèse que Nersheimeria tel qu’il est compris par NERESHEIMER serait un complexe formé par un organe de l'hôte (la plaque syncytiale de Fritillaria pellucida, signalé ici pour la première fois) et le parasite lui-même. Celui-ci n'est point constitué par un feuillet cellulaire, mais par un plasmode et ses articles creux ne sont pas des larves, mais des éléments présporaux
PÉRIDINIENS PARASITES 451 qui doivent se résoudre en flagellispores. Tous ces caractères rapprochent Neresheimeria des Paradinides.
Amæbophrya sticholonche dont NERESHEIMER fait aussi un Mésozoaire Blastuloïde est d’un type structural très différent,
Les ELLOBIOPSIDÉS : Genres Ællobiopsis C'AULLERY, Staphylocystis CouTière, Ællobiocystis CouTièRE, Parallobiopsis B. CoLLIN, sont passés en revue dans ce mémoire à cause de ceux de leurs caractères (appareil de fixation, palisporogénèse) qui rappellent certains Péridiniens parasites, mais qui ne sont en réalité, ces auteurs l’ont reconnu eux-mêmes, que de convergence. Résumé des observations des auteurs nommés ci-dessus et discussions relatives à certaines interprétations eytologiques.