IT. REPRODUCTION
LA PALISPOROGÉNÈSE, UNIQUE MODE DE REPRODUCTION. — La reproduction paraît ne comporter qu’un seul mode : la sporogénèse. Ici, non plus que chez les Oodinium, le parasite ne semble capable de se multiplier pas simle division binaire dont les deux produits, ou l’un d’eux seulement pourraient se fixer à nouveau sur l’hôte. Il est fort possible cependant que le gonocyte puisse, dans certains cas, se libérer entier. Mais rien ne nous permet de dire qu’il puisse adhérer tel quel à une autre appendiculaire et pousser un pédoncule. Je pense que cette cellule est perdue pour la reproduction de l’espèce si elle ne subit pas à l’état libre une série de divisions sporogénétiques semblables à celles qu’elle eût produite si elle était restée liée à la souche. Notons d’ailleurs que dans l’un et l’autre cas, elle se trouve exactement dans les mêmes conditions, c’est-à-dire privée des moyens de se nourrir. Ce que je viens de dire de la cellule distale me semble vrai pour toutes les cellules d’Apodinium, qui se libèrent avant d’avoir subi la série complète des divisions sporogénétiques. Nous avons vu que le trophocyte lui-même pouvait dans certains cas quitter son pédoncule avant de s’être divisé (fig. 26). Il serait fort intéressant de savoir comment dans ce cas il se comporte à l’état libre. Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'après une ou deux divisions à produits hétérodynames, l’homodynamie des cellules filles se rétablisse rapidement du fait de la suppression de la nutrition polaire.
LA PALISPOROGÉNÈSE EST DÉRIVÉE DE LA DIVISION BINAIRE SIMPLE. SES AVANTAGES POUR L'ESPÈCE ET POUR L'INDIVIDU. — La sporogénèse des Apodinium, bien qu’elle soit d’un degré de complexité plus élevé que celle des Oodinium, n’est elle-même qu’une division binaire répétée sans croissance intercalaire. Elle procède done du mode habituel de reproduc-
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tion des Péridiniens libres, où l’on trouve aussi tous les passages de la division binaire à la sporulation.
Mais si au point de vue morphologique, il n’y a qu’une différence minime entre ces différents modes, la sporogénèse itérative est au point de vue de l’exploitation de l’hôte et du rendement génétique, d’un bénéfice considérable pour les Apodinium. Le parasite arrivé au terme de sa croissance, au lieu de perdre contact avec son hôte, comme fait un Oodinium, et de cesser ainsi toute vie végétative pour se résoudre en une poussée de spores unique, ce parasite, par son trophocyte, continue à tirer parti de son hôte, à se nourrir et à s’accroître, tandis que par ses cellules distales successives il produit de nombreuses poussées sporogénétiques, qui sont pour lui un puissant moyen d'expansion. Et ce moyen est d'autant plus puissant, que les spores sont plus nombreuses, et que leur production non simultanée multiplie les chances que quelques ures d’entre elles ont de rencontrer les conditions nécessaires à leur développement.
La pal'sporogénèse réalise ainsi non seulement un perfectionnement avantageux pour l’espèce, mais aussi pour l'individu. Chez un Oodinium, l’existence de l’individu prend fin avec la reproduction. Chez un Apodinium, elle peut se prolonger, au moins en théorie, tant que l’hôte offre des conditions favorables au parasite. Mais que l’on ne me reproche pas ici de me payer de mots et de faire de l’anthropocentrisme en assimilant l'individu d’Apodinium à l'individu métazoaire supérieur. Il y a des degrés dans l’individualité, et c’est un des plus bas dans l’échelle que nous offre le cas des Apodinium. C’est précisément là son intérêt.
Genre PARAPODINIUM n. gen.
Fig. 35, pl. LIL.
Espèce type du genre: Parapodinium stylipes n. sp. (Fig. 35, DLLD:
Je crée ce genre pour un parasite qui offre d’étroites affinités avec les Apodinium, mais qui en diffère par la structure plus simple de son pédoncule.
Parapodinium stylipes n. sp.
Type de l’espèce fixé sur le tégument d’Oikopleura dioica FoL., à Banyuls-sur-Mer, Printemps. Fig. 35, pl. III.
J'ai observé une seule fois ce parasite au mois de mai 1907 à Banyulss
PÉRIDINIENS PARASITES 85
sur-Mer. Il était représenté par quatre individus, tous au même stade, fixés sur la queue d’Oikopleura dioica, et qui rappelaient beaucoup par leur aspect général les Apodinium.
Comme chez ceux-ci, le corps, piriforme, mesurant jusqu’à 604 de long sur 30y de large, est porté sur un pédoneule. Maïs ce pédoncule est une simple tigelle rigide, pleine, plus courte que le corps, et qui, au lieu de pénétrer le tégument de l'hôte et de s’y ramifier, s'écrase légérement à sa surface en un petit disque adhésif.
Le corps est comme chez les Apodinium protégé par une mince cuticule lisse et continue, il est creusé d’une vaste lacune aqueuse qui rejette le cytoplasme pariétalement. Les noyaux ne sont pas visibles in vivo. 11 semble qu'ils soient au nombre de deux, à en juger d’après la disposition même du cytoplasme. Ces individus ne présentaient aucun indice d’une sporulation prochaine.
KLEBs (1912) a décrit un Péridinien libre sessile, porté sur un pédoncule rigide : Stylodinium globosum. C’est un organisme pigmenté, à nutrition holophytique, auquel son pédoncule ne sert probablement que de support.
Il. PARASITES À SIÈGE INTESTINAL
Ce sont deux espèces du genre Gymnodinium, parasites plus ou moins douteux, les genres Blastodinium et Schizodinium, parasites des Copépodes pélagiques et le genre Haplozoon, parasite des Annélides benthiques. C’est aussi en tête de ce chapitre qu’il faut rappeler les observations relatives au pseudoparasitisme des Prorocentrum chez les Echino-
dermes. (V. p. 5).
Genre GYMNODINIUM (?) STEIN 1878
Peridinium EHRENBERG (1830).
Oxyrrhis POCHE (1903).
non Oxyrrhis DUJARDIN (1841).
Espèce type du genre Gymnodinium fuscum (EHRENBERG).
Gymnodinium fuseum (ÊHRENBERG)
Je rappelle ici l'observation que fit Perry (1852), de Gymnodinium fuseum (?) dans une planaire (Gen. sp.?) fait relevé et interprété par
Maaar (1880) comme du parasitisme.
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Gymnodinium parasitieum Pocre 1903, non V. DocreL 1906 b
Oxyrrhis parasitica POCHE (1903, p. 344, pl. L, fig. 18-24).
Parasite dans les canaux gastrovasculaires des siphonophores Cucubalus Kochi (Wizx.), Monophyes gracilis CLAUS. et Halistemma tergestinum CLAUS. Golfe de Trieste. Toute l’année.
J'ai développé p: 25 les raisons qui m'ont fait distraire du genre Gymnodinium tous les genres chez lesquels l'adaptation au parasitisme a retenti profondément sur la forme et l’habitus des stades végétatifs, et en à fait un tronçon du cycle très distinct des éléments libres ou dinospores.
Quoique les conditions dans lesquelles il à été rencontré permettent de penser que l’organisme dont il s’agit ici est véritablement un parasite, nous ne trouvons chez lui aucun de ces caractères adaptatifs. [l vit et se multiplie dans la cavité gastro-vasculaire des siphonophores sous une forme gymnodinienne qui n’est nullement altérée.
POCHE (1900), qui l’a découvert l’a rapporté au genre Oxyrrhis Dus. dont le type est l’'Oxyrrhis marina Duy. 1, que l’on considérait comme
MIG. XVI. ÿm POCHE (190 ). Gym-
nodintum (Oxyrrhis) parasiti- un Euflagellé (Cryptomonadine). Les recherches cum (POCHE). « et b individus = *
dessinés in vivo (x1590);e, in de KEYSSELITZ (1908 b) et surtout celles très
dividu coloré au Romanowski =
«type de l'espèce » (x 2000.) précises de SENN (1911) ont montré qu'Oxyrrhis
marina était un dinoflagellé vrai, ainsi qu'Oxyrrhis parasitica, mais qu'il manquait à ce dernier les caractères essentiels du genre Oxyrrhis : situation postérieure de la bouche et des sillons individualisation de ceux-ci, existence d’un promontoire les séparant. Le parasite des siphonophores revient donc provisoirement au genre Gymnodinium.
D’après POCHE, ce parasite nage librement dans les canaux du stolon, où il vit en compagnie du T'rypanophys Grobbeni. On ne le rencontre pas avec ce dernier dans les cloches natatoires. Il est commun dans les trois espèces, un peu moins dans la troisième que dans les deux autres.
1. Au même genre à été rapporté un flagellé parasite de l’algue pélagique PAæocystis Poucheti,(HARIOT)
que SENN (1911) se refuse à considérer comme un Dinoflagellé. Ce flagellé avait été considéré par POUCHET comme la zoosporce de l’algue, SCHERRFEL (1600) et OSTENKELD (1904) ont démontré qu’il s’agit d’un organisme autonome,
PÉRIDINIENS PARASITES 87
Il y est plus abondant lorsque les animaux sont en bon état que lorsqu'ils sont altérés (ce qui semble bien indiquer qu’il en est un parasite normal).
Le corps est réniforme mesurant au maximum 124 1 sur 542. Dans le hile de ce rein se trouve la bouche et s’insèrent les flagelles, inégaux, dont l’un est assimilable au flagelle axial et l’autre au flagelle transversal des Péridiniens. Le cytoplasme contient des liposomes réfringents, qui au pôle antérieur peuvent se condenser en une plaque massive.
Noyau vésiculeux à caryosome central.
Scission inconnue.
Genre BLASTODINIUM CHATTON 1206 Fig. 26-29, pl. IV; 42-53, pl. V; 54-65, pl. VI; 67-77 bis, pl. VIL; 78-90, pl. VIII; 92-104, pl. IX;