II. FORMES SPOROGÉNÉTIQUES
DIFFÉRENCES MORPHOLOGIQUES AVEC LES FORMES UNICELLULATRES. INCONSTANCE DU BEC ANTÉRIEUR. — Chez B. spinulosum, les stades sporogénétiques ne différaient nullement par leur forme des stades unicellulaires. Chez B. oviforme, au contraire, nous avons vu la forme se modifier au fur et à mesure que la sporogénèse progressait. Il en est de même chez B. Pruvoti, mais à un moindre degré. Et chez cette espèce, nous avons un point de repère qui nous permet d’affirmer qu’en dépit des différences de galbe qui les séparent, toutes ces formes appartiennent bien à la même espèce. Ce repère, c’est le bec ventral antérieur. Il y a une certaine proportion de B. Pruvoti qui, aux stades sporogénétiques, montrent encore plus ou moins nettement ce bec. Et comme ceux chez lesquels il fait complètement défaut ne diffèrent des autres par aucun autre caractère constant, force nous est de les considérer comme appartenant tous à la même espèce.
VARIABILITÉ DE LA FORME ET DU GALBE AUX STADES MONOBLASTIQUES. ANALOGIES AVEC B. spinulosum. — Ce n’est pas que la forme générale soit toujours semblable à elle-même. Elle est sujette à des variations beaucoup plus importantes que chez B. spinulosum, ou chez B. crassum. La confrontaion des figures en donne une idée. On y voit, outre des formes moyennes de 350 4 sur 70 y dont le galbe est 5, des formes courtes, trapues, mesurant 300 : de long sur 80 » de large, ce qui donne un galbe
1 , à de 377 d’autres allongées, grêles, mesurant 325 v de long sur 50 & de
: 1 Je large, ce qui donne un galbe de NL Les premières ont conservé de la
forme initiale le port plus ou moins rigide, les autres se sont au contraire notablement incurvées. Si la polarité est chez les unes et chez les autres toujours bien conservée, la forme même des pôles, surtout du pôle postérieur est sujette à varier largement, Très aigu et nettement crochu chez
PÉRIDINIENS PARASITES 153
certains individus, ce pôle est au contraire chez d’autres arrondi et non dévié. On trouve même des formes dont l’axe dessine une S très ouverte, comme celle de B. crassum. Il y a d’ailleurs tous les intermédiaires entre ces différentes formes et toutes les combinaisons possibles de leurs caractères. La considération des formes incurvées permet de ramener la forme
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FIG. LI. Blastodinium Pruvoti de Clausocalanus arcuicornis. Trois individus d’un groupe III à trois stades successifs (x 360).
de B. Pruvoti à celle de B. spinulosum. N’était l’absence de crête hélicoïdale chez la première espèce, l’on éprouverait souvent de sérieuses difficultés à attribuer certains individus à l’une plutôt qu’à l’autre. On remarquera en effet que chez ces formes incurvées regardées de profil, la face concave, et le bec qui lui correspond toujours, étant à gauche, le trophocyte se trouve comme chez B. spinulosum, et B. crassum au contact de la face convexe, et en avant (du côté de l’observateur). Par homologie
EDOUARD CHATTON
avec ce que nous avons vu chez B. spinulosum et B. crassum, nous pouvons
donc considérer comme ventrale la face concave et comme dorsale la face
convexe. Et remarquons que cette orientation propre du parasite coïncide
lorsqu'il est solitaire, avec celle de l’hôte. On se souvient en effet que chez
F1G. Lit. Blastodinium Pruvoti de Clausocalanus arcuicornis.
Stade I-4. Remarquer le bec antérieur du trophocyte.
les formes solitaires, le bec est toujours dirigé du côté de la face ventrale du Copépode. La présence du bec permet ainsi d’orienter des formes sans incurvation ou courbées en $.
MARCHE DE LA SPOROGÉNÈSE. POUSSÉES SUBIN- TRANTES. — Chez B. spinulosum, le stade I-64 marque, le plus souvent, nous l’avons vu, la fin d’une période sporogénétique. La déhiscence se produit avant que le trophocyte subisse une nouvelle scission. Chez B. Pruvoti, dès le stade I-32, le trophocyte entre lui aussi en division, alors que les sporocytes qui l'entourent sont encore loin du moment de la libération.
Les croquis LI représentent trois individus extra'ts du même Clausocalanus qui offraient au même moment les trois stades de début de la seconde poussée sporogénétique. Cet échelonnement des stades sur les trois individus d’un groupe est très fréquent chez B. Pruvoti. On voit que les scissions du trophocyte sont moins obliques qu’elles ne le sont chez B. spinulosum, et que plus encore que chez cette dernière espèce, il y a une différence de taille entre les deux cellules-filles, au profit de la postérieure.
KiNèses. Scissions. — En raison de la pigmentation réduite ou nulle du trophocyte, la marche des kinèses peut y être suivie assez aisément sur le vivant.
Les croquis 74 à 77 représentent les stades successifs de la scission du trophocyte en trois cellules
chez un individu au stade I-32, préparant sa deuxième poussée sporogénétique. En 74, on voit le trophocyte au repos, en télophase quiescente, avec ses deux noyaux séparés par le cytoplasme équatorial, ses deux centrosphères polaires et leur fuseau.
Le croquis 75 représente la séparation des centrosphères, filles des premières, suivant de très près la bipartition qui les a produites. Ce stade est
PÉRIDINIENS PARASITES 155
très fugace et je ne l’ai vu qu’une fois. Le phénomène était notablement plus avancé dans la moitié postérieure que dans la moitié antérieure qu trophocyte. Cette avance ne fait que s’accentuer aux stades suivants. Une constriction est déjà nettement indiquée au niveau du cytoplasme
FiG. TI Bl stodinium Pruvoti de FIG, LIV, Blastodinium Pruvoti de Clausocalanus furcatus. Deux indi- Clausoc lanus arcuicornis. vidus diblastiques d'un groupe III (*X 360). Stade I-128.
équatorial ; elle séparera une cellule antérieure nettement plus petite que la postérieure.
Le croquis 76 représente les deux cellules complètement séparées. Dans l’antérieure, le système karyokinétique s’est figé en télophase jusqu’à la prochaine poussée sporogénétique, mais le cytoplasme équatorial n’est pas encore complètement tassé entre les deux noyaux fils.
Dans le gonocyte, les bipartitions vont se précipiter. Le stade de mésophase y est très éphémère. A peine un peu de cytoplasme s’est-il insinué
156 EDOUARD CHATTON
entre les deux noyaux fils que les autres sont à nouveau divisés et que l'orientation des éléments nucléaires se modifie. Très rapidement, les deux noyaux fils se sont mis eux-mêmes au fuseau tandis qu’entre eux la scission cytoplasmique est en train de s’effectuer (fig. 77). Mais souvent les deux nouveaux noyaux sont eux-mêmes en télophase (c’est dire qu’il y a déjà quatre noyaux), que la scission des deux cellules-filles est encore incomplète ou même seulement ébauchée.
Dans lindividu que représentent ces figures, il ne s’est pas écoulé plus d’une heure et demie entre le stade initial et celui où les trois premières cellules étaient complètement séparées. Les divisions paraissent donc ici s’effectuer plus rapidement que chez PB. spinulosum.
STADES DI- ET TRIBLASTIQUES. — Le parasite est maintenant constitué par deux poussées emboîtées de sporocytes. Il est diblastique. Les segmentations des sporocytes de seconde poussée se poursuivent ensuite suivant le mode habituel. En même temps, les sporocytes I continuent eux-mêmes à se multiplier et ils forment autour de la coque IT une masse très dense, ‘non sans toutefois ménager du côté dorsal du parasite un vaste hile dont l’étendue correspond à toute la
surface de tangence des coques I et IT.
FIG. LV. Blastodinium Pruvoti de Clau- Les figures €6 et C9, représentent des parasocalanus arcuicornis, forme tri-
Deso ee d'aneue LL (200 sites aux stades [.2.512 et [.32.512, auxquels
nous sommes maintenant arrivés. À partir de ce dernier stade où le nombre maximum des sporocytes que présentent les individus de cette espèce est atteint, il ne se produira plus de segmentations dans la coque externe. Elles se poursuivront au contraire sous les coques centrales Au stade 1.16.128 ou [.16.256, ou aux stades I.32.128, ou [.32.256, — il y a cet égard une assez grande variabilité, — le trophocyte se scinde à nouveau pour une nouvelle poussée sporogénétique. C’est généralement avec cette nouvelle scission du trophocyte'que coïncide la déhiscence, de la coque externe et la libération des sporocytes I,
PÉRIDINIENS PARASITES 157
Mais il arrive cependant qu’une, deux et même trois segmentations de la nouvelle cellule-mère puissent se produire, donnant naissance à un troisième feuillet de sporocytes. Ce stade triblastique I.8.32.512 est le stade le plus complet que B. Pruvoti puisse atteindre à Banyuls-sur- Mer, chez Olausocalanus arcuicornis (fig. Lv).
DIMENSIONS, FORME, STRUCTURE, PIGMENTATION AUX STADES POLY- BLASTIQUES. — À ces stades maximaux de la sporogénèse, le parasite mesure jusqu’à 425 y de long sur 95 y de large, ce qui fait un galbe de
TUE Mais on trouve des parasites diblastiques et même triblastiques
ne mesurant que 260 y sur 60 » dont le galbe est = . Il en est de plus
fl trapus de 300 sur 80 y dont le galbe est 37 qui est un maximum,
est un minimum.
et de très élancés, de 325 y sur 50 » dont le galbe =
La moyenne des parasites mesure 350 }, sur 70 avec - comme galbe. D
Le volume du parasite s'accroît donc fortement au cours de la sporogénèse.
La différenciation polaire s’est atténuée par arrondissement du pôle postérieur, et la concavité ventrale s’est plus ou moins comblée, toutes modifications causées par la distension des coques sous la poussée de la masse des sporocytes. Le trophocyte est repoussé tout à fait en avant, de sorte qu’au pôle antérieur les coques emboîtées sont tangentes intérieurement les unes aux autres. Le hile est toujours bien conservé ; les sporocytes Î ne masquent que rarement la coque 2, et jamais la coque 3.
Les sporocytes se compriment fortement les unes les autres, à tel point que chez les parasites qui n’ont pas subi le contact direct de l’eau de mer, ils paraissent former un tissu compact.
La pigmentation est le plus souvent faible ; mais comme le pigment a une teinte plus brune que chez les autres espèces, les gros individus offrent dans leur ensemble une teinte beige. La partie antérieure du parasite paraît toujours moins foncée que la partie postérieure, Le trophocyte et les sporocytes les plus récents n’ont pas en effet un réseau chromoplastique plus serré ni plus épais que les sporocytes anciens, et comme ils sont plus gros, et par conséquent moins nombreux, la masse totale de pigment absorbant la lumière est beaucoup plus faible dans la région antérieure que dans la région postérieure. Il ne faut pas confondre cet aspect avec celui qu'offre fréquemment B. contortum chez qui les éléments
du pôle antérieur qui sont de même calibre que ceux du pôle postérieur sont réellement moins pigmentés que ces derniers (v. p. 189 et 192). J’ai déjà dit que l’indice de pigmentation global de l’espèce était 4,5.
FIG. LVI, Blastodinium Pruvoti de Clausoculanus arcui * cornis, solitaire, scissipare (une coque et deux trophocytes) (préparation comprimée) (3 360}
Peu pigmenté, B. Pruvoti est aussi peu chargé d’inclusions. Mais on observe fréquemment des individus où tous les sporocytes renferment dans leur cytoplasme équatorial de petites concrétions jaunâtres, ayant la forme de grains ou de haltères, disposés par paires ou groupes de quatre.
RAPPORTS DES PARASITES ENTRE EUX. — Qu'ils soient monoblastiques ou polyblastiques, les parasites se disposent dans l’hôte exactement comme le faisaient les individus de B.
sont adjacents par leurs faces pri-
spinulosum. Ils
mitivement concaves et qui sont devenues subrectilignes, leurs hiles tournés vers l’extérieur. Dans les groupes pairs, ils sont au même stade. Dans les groupes impairs, au contraire, l’un des individus est en avance ou en retard sur les autres.
Mais à part ces différences dont no%s connaissons maintenant la cause, les groupes sont parfaitement homogènes.
SCISSIPARITÉ. — C’est à la période moyenne du développement, par conséquent aux stades mono-
blastiques, que paraît être limitée la multiplication endogène. Je ne l’ai pas observée très fréquemment, et les trois images que j'en donne sont à peu près les seules que j'aie pu dessiner. Elles sont toutes d'individus solitaires (Lvt, Lvit, Lvrr). l'individu que représente la figure Lvi à été quelque peu écrasé entre lame et lamelle et très
PÉRIDINIENS PARASITES 159
déformé. Il rend bien compte cependant de la marche de la scissiparité. Le trophocyte s’est d’abord scindé en deux trophocytes fils. Ceux-ci se sont à leur tour divisés. Mais tandis que chez l’un, cette division, précédée d’une mue cuticulaire, donnait deux cellules hétérodynames, chez l’autre la division survenue avant la mue fournissait deux cellules homodynames, deux trophocytes nouveaux et indépendants. Il semble qu'ici la scissiparité ait pris la place d’une scission sporogénétique. Ce cas explique bien pourquoi dans les groupes impairs, l’un des individus n’est pas au même stade que les deux autres.
Rappelons que chez B.
Spinulosum, nous n'avons jamais observé de parasites à trois trophocytes, ce qui paraît être de beaucoup le cas le
plus fréquent chez B. Pruvoti.
Mais il n’y a pas là de diffé-
FX.)
RIRA e eo S CS
rence essentielle entre les deux espèces. Si chez B.spinulosum,
on n’observe que des formes à deux trophocytes, cela tient uniquement à ce que la déhis-
cence de la coque survient
avant que Pun des nouveaux Fra. Lit et LV, Blastodinium Pruvoti de Clausocalanus arcuicornis. Formes solitaires à trois trophycotes 4, et trois
trophocytes ait eu le temps one D (clesiparite). de se scinder à nouveau.
INFLUENCE DE L'HOTE SUR LE PARASITE. — Chez B. Pruvoti, comme
chez B. spinulosum, la taille du parasite est en rapport avec celle de hôte.
Le galbe est influencé par le nombre des parasites, mais non d’une manière constante. C’est seulement chez les parasites de groupes IT que j'ai rencontré des galbes supérieurs à 4, allant jusqu’à 3.7. Mais certains de ces individus présentent aussi des galbes moins trapus, 6, par exemple.
L'individu solitaire avait un galbe de 3.9, qui n’est pas le plus élevé que j’aie relevé.
VARIATION SAISONNIÈRE. RALENTISSEMENT SPOROGÉNÉTIQUE HIVER- NAL. INVOLUTION. — Nous avons constaté que la valeur relative de la période n’est pas la même entre la première et la seconde poussée et
Fic.uix. Blastodinium Pruvoti de Clausocalanus arcuicornis. K1G. LX. Blastodinium Pruvoti de Clausocalas Eléments résultant de la division des sporocytes (sp.) nus arcuicornis. Formes sénescentes, et du trophocyte (tr.) dans un Clausocalanus mort. observées le 13 novembre. (x 360).
Les coques ont été secrétées par les sporocytes aus:
sitôt après la mort de l’hôte.
entre la seconde et la troisième. Dans le premier cas elle est 5, et dans le second 2 ou 3 au plus. Mais la période de la première à la seconde poussée peut être elle-même beaucoup plus considérable, Ainsi chez l’individu de la figure 66 qui est au stade I-2-256, la deuxième scission du trophocyte a dû s'effectuer au stade 1-64, peut-être au stade I-128,. ce qui fait
PÉRIDINIENS PARASITES 161
une période de 6 ou 7, plus longue que chez B. crassum. L’allongement de la période marque un ralentissement de l’activité sporogénétique du parasite et le début d’une période d’involution, qui, à Banyuls, apparaît normalement vers la fin d'octobre,
Le maximum d'expansion de B. Pruvoti, à Banyuls, est atteint vers la fin de septembre et le début d'octobre. C’est du moins à cette période qu’en 1906, 1907, 1908 et 1911, j'ai noté la grande abondance, à la fois, des Clausocalanus et des parasites qui nous occupent, Vers la fin du mois, ils sont moins nombreux, et ceux que l’on rencontre se présentent à des stades moins avancés. Les stades triblastiques font défaut et, les stades diblastiques sont rares.
Par contre, on trouve. fréquemment des formes d’involution caractérisées par la présence d’une coque supplémentaire, doublant la coque externe, sans interposition de sporocytes (fig. Lx). Ce fait me paraît être
à rapprocher de la sécrétion rapide de coques successives que montrent
certains Péridiniens libres, ou parasites : Oodinium Poucheti et quelques Haplozoon sous l’influence de conditions défavorables.
Blastodinium Mangini CHATTON 1908 Fig. 78-80, pl. VIII.
B. Mangini CHATTON (1908, p. 136, fig. 11).
Type de l'espèce parasite dans l'intestin du Copépode podopléen Corycella rostrata FARRAN (Corycœus rostratus CLAUS), à Banyuls-sur-Mer. Fig. 78-79, pl. VITE, et fig. LxXI, LXIIT, LXIV, LXV.
Simmaire
Type et variété, p. 161. — Hôte ; spécificité parasitaire, p. 162. — Condition grégaire et solitaire, p. 162. — Forme, dimensions, orientation, p. 163. — Rapports du tophocyte et des sporocytes ; hile, p. 163. — Structure, pigmentation, p. 164. — Sporogénèse, p. 164. — Rapports des parasites entre eux et avec l'hôte, p. 166. — Forme unicellulaire aberrante, p. 166.
Type Tr VARIÉTÉ. — J'ai donné il y a quatre ans la diagnose suivante de cette espèce : « Macrocyte cylindrique ou subfusiforme, arrondi aux deux extrémités, non incurvé. Au maximum deux générations de microcytes, le plus souvent une seule. Coloration générale d’un brun chaud, Formes plurales au nombre de trois à dix. Dimensions variant entre 100 y. et 200 y de longueur. Parasite des Copépodes podopléens : Oncaa minuta, Corycoeus rostratus. Banyuls-sur-Mer. Août-décembre 1906. »
Je rectifie de suite le lapsus qui m’a fait dire dans ma note prélimi-
ARCH, DE Z00L, EXP. ET GÉN. — T. 59. — A, L, il
EDOUARD CHATTON
naire Oncaa minuta GTESBREOHT au lieu d'Oncaa media GrEsBRECHT. L’observation que j'ai pu faire depuis 1908 d’un grand nombre de parasites chez Oncaa media et surtout chez Corycoeus rostratus m’amène aujourd’hui à considérer comme des variétés distinctes dans la Méditerranée, le Blastodinium de Corycoeus rostratus et celui d’Oncaa media. Comme c’est au
FIG. LXI. Corycœus rostratus Q parasitée par Blastodinium Mangini type,
groupe II. (x 150).
premier que s'applique plus spécialement ma brève description préliminaire, et comme c’est lui que la figure correspondante représente, il doit conserver le nom de B. Mangini. J’appellerai la variété B. Mangini oncage. Je dirai de suite que les formes moyennes du type et de la variété se distinguent surtout par la situation du trophocyte submédian chez B. Mangini, antérieur chez B. Mangini oncaae sans compter d’autres caractères moins saillants. J’étudierai séparément le type et la variété.
Tout ce qui va suivre s’appliquera au type.
HoTE. SPÉCIFICITÉ PARASITAIRE. — Corycoeus rostratus est commun, quoique sporadique, dans le plancton de la baie de Banyuls durant le mois de septembre et d'octobre. Si le parasite n’y est pas constant, il est abondant chaque fois qu’il apparaît. J’estime à 10 p. 100 environ le nombre maximum des individus parasités, ce qui est une proportion beaucoup plus considérable que pour les autres espèces de Copépodes à Blastodinium.
Remarquons que B. Mangini paraît à Banyuls rigoureusement localisé à un seul Copépode : Corycoeus rostratus. J’ai eu l’occasion de voir çà et là d’autres espèces appartenant au même genre : Corycoeus venustus, et à d’autres genres de Cory-
cœides : Copilia quadrata qui ne m’ont jamais montré ce parasite. CONDITION GRÉGAIRE ET SOLITAIRE. — B. Mangini est une forme
habituellement grégaire. Ici encore c’est le groupement par trois qui est
le plus fréquent.
Sur 67 Corycœus rostratus relevés :
4 contenaient 1 0 — 2 45 — o
PÉRIDINIENS PARASITES
9 contenaient 4 6 -- 5 2) — 6,2 10 FORMES ; DIMENSION ; ORIENTATION. — Je n'ai jamais vu la forme
solitaire jeune, etle stade unicellulaire m’est peu connu, ce qui tient d’une
part à ce que la déhiscence des sporocytes ne se produit probablement que la nuit, et d'autre part à ce que les poussées sporogénétiques ont tendance à s’emboîter. Je décrirai donc ici les formes en sporogénèse, monoblastiques. Le croquis LxI montre les parasites en place dans leur hôte. Les figures LxXIT1, Lx1v et 82 en représentent d’isolés.
B. Mangini a la forme d’un fuseau, mais d’un fuseau si peu effilé à ses extrémités qu’il est presque un cylindre. IT mesure de 200 y à 350 de long et de 35 » à 75 » de
4 Tr] RU:
large, avec un galbe variant de —— à La taille la < . n] plus fréquente est aux environs de 300 sur 50 y. Il y a souvent une légère incurvation du corps qui nous permet de désigner par analogie avec l’orientation que nous avons assignée aux autres espèces la face concave comme ventrale et la face convexe comme dorsale.
Les pôles chez cette espèce sont arrondis ; mais quelquefois ils s’aplatissent à tel point que les extrémités du fuseau paraissent tronquées. La différenciation polaire est peu açcentuée, souvent même difficile à reconnaître. Mais lorsqu'elle est exprimée, c’est constamment le pôle qui est antérieur par rapport à l’hôte qui est le plus obtus, ce qui est encore conforme à la règle générale.
La coque est tout à fait lisse.
FIG, LXII. Blastodinium Mangini de Corycoeus rostratus ©, type (trophocyte médian.
RAPPORTS DU TROPHOCYTE ET DES SPOROCYTES. — Le trophocyte est très généralement en situation submédiane. Sur 27 individus exa-
. minés en octobre 1911:
13 avaient un trophocyte submédian ;
7 avaient un trophocyte dont la distance au pôle postérieur (mesurée du pôle postérieur du trophocyte) était de deux à trois fois sa distance au pôle antérieur (mesurée du pôle antérieur du tropho-
cyte) ;
164 EDOUARD CHATTON
5 avaient un trophocyte dont la distance au pôle postérieur était cinq fois sa distance au pôle antérieur.
2 avaient un trophocyte presque au contact du pôle antérieur.
Le hile a une étendue variable. Tantôt il laisse à découvert le trophocyte entier, tantôt il le masque à peu près complètement.
STRUOTURE. PIGMENTATION. — Le trophocyte a comme le parasite
F1G. LxXIV. Blastodinium Man- Fi. LXV. Blastodinium Man- FIG. LXVI. Blastodinium Man gini de Corycoeus rostratus, gini de Corycoeus rostra- gini 4e Corycoeus rostratus type (trophocyte médian) tus ©, type (coque II mé- atypique (trophocyte an- (x 360). diane) (x 360). térieur) (x 360).
entier la forme d’un fuseau, mais son profil est sinueux. Je ne lui ai jamais vu de traces de sillons. Les centrosphères et la figure achromatique sont généralement très peu visibles. Le cytoplasme paraît plus visqueux et plus réfringent que chez les autres espèces. IL est toujours plus chargé de pigment. L'indice de pigmentation est 8.
Les formes incolores sont très rares. La dépigmentation se produit également dans toute l'étendue du parasite.
SPOROGÉNÈSE. — Le plan de scission du trophocyte est oblique-
PÉRIDINIENS PARASITES 165
transversal, mais comme il est reporté très antérieurement, les deux cel- >. 2 A 2 pe , lules qu’il sépare sont très inégales, l’antérieure étant souvent de moitié
plus courte que la postérieure (fig. Lxrv, LXX de la var. onc1æœ). |
L’inégalité des cellules-filles est plus accentuée encore que chez B. Pruvoti. Lorsqu'ést achevée la première scission du gonocyte il y a à l’intérieur de la coque trois cellules égales. Les deux postérieures se divisent à nouveau très rapidement, produisant une file de quatre cellules à la suite du trophocyte.
Les segmentations qui conduisent au stade 8 s'effectuent, elles, dans un sens perpendiculaire à celui des précédentes, de sorte que la structure théorique en file du parasite, ne se perpétue pas chez cette espèce au delà du stade I-8. La multiplication des sporocytes se poursuit jusqu’à un stade à 128 ou 256 sporocytes (fig. 78),
La scission du trophocyte s’effectue normalement avant la libération des sporocytes 1, de sorte que le parasite devient diblastique. J’ai relevé sur environ 230 individus de B. Mangini, un individu au stade 1-32-256 de forme un peu aberrante (fig. LxvII), un individu au stade 1-16-128, quatre individus au stade I-8-128, et douze individus entre le stade I-1-128 et le stade I-4-128. (fig. 79). Tous ces individus ont été observés en plein jour, mais les heures n’ont pas été notées. J’ai observé aussi trois ou quatre fois des sporocytes en voie de libération. D'ailleurs, la très grande majorité des parasites observés étaient aux stades I-64 ou I-128, très rarement aux stades 1-32 ou I-16. Tout cela semble témoi-
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