LXXIV. Blastodinium
submédiane du trophocyte.
172 EDOUARD CHATTON
L’individu représenté par la fig. 86 est au stade I-128 qui précède immédiatement la déhiscence. La période sporogénétique ne dépasse pas 7 chez cette espèce, dont les individus sont toujours monoblastiques. Je n’ai pas constaté ici de rythme régulier dans la sporogénèse comme chez B. Mangini, ni même de simultanéité dans la marche du phénomène chez les divers individus contenus dans un Copépode. A toute heure de la journée j’en ai vu à tous les stades de la multiplication des sporocytes.
Blastodinium elongatum CHATTON 1912 Fig. 88-90, pl. VIIL B. elongatum CHATTON (1912, p. 39).
Type de l’espèce parasite de Scolecithrix Bradyi GresBr. Banyulssur-Mer. Octobre. Fig. 88-90, pl. VIIL et fig. Lxxv et LXXVII.
HOoTE. CONDITION GRÉGAIRE. — J’ai dit précédemment que Scolecithrix Bradyi ne se montre dans la baie de Banyuls que d’une manière très sporadique, mais généralement en essaims de nombreux individus. J’ai qoujours observé attentivement ce Copépode lorsqu'il s’est présenté, mais de 1906 à 1909, je n’y ai jamais vu de parasites. Le 11 octobre 1910, je fus surpris de constater que dans l’essaim traversé par le filet, une forte proportion d'individus — qu’approximativement j'ai évaluée à 5 p. 100 environ — était parasitée par un Blastodinium qui dès l’abord me parut distinct de tous ceux que je connaissais. Le 12 octobre, il y avait encore dans la pêche de nombreux Scolecithrix, mais aucun d’eux ne présentait de parasites. Je désirais vivement revoir ce Blastodinium, mais ni en 1910, ni en 1911, les Scolecithrix ne firent de réapparition pendant mon séjour à Banyuls. En 1912, je n’en vis que quelques exemplaires, non infectés, le 24 octobre. L'examen d’une soixantaine de parasites, fait le 11 octobre 1910, m’a convaincu, en
raison de la constance des caractères avec lesquels ils se présentèrent, qu’il s’agissait bien d’une forme
FIG. LXXV. Scolecithrix Bra- . Pre .
di Q parasitée par autonome. Tous les parasites étaient grégaires. Les
Blastodinium elongatu: Ar ; (groupe TID (x 150, groupes de trois et de quatre étaient les plus fréquents.
PÉRIDINIENS PARASITES 173
FoRME. DIMENSIONS. ORIENTATION. — B. elongatum rappelle par sa forme générale, son aspect, sa structure, les parasites des Corycœus et des Oncaa : B. Mangini et sa variété Oncaue. Mais il est plus élancé. Sa longueur varie entre 200 et 350 y, sa largeur entre 15 et 30 v. Le rapport de celle-ci à celle-là est donc de 8 tandis qu’ilest de 6 chez B. M angini.
Par son incurvation généralement marquée, il rappelle plutôt B. Oncaae. Il le rappelle aussi par la différenciation des pôles plus nettement exprimée quelchez B. Mangini. Mais il existe des individus à peu près rectilignes et dont les pôles sont presque semblables. Les pôles ne sont jamais aigus, et sont même souvent quelque peu aplatis.
Le trophocyte occupe le pôle renflé, ce qui est conforme à la règle générale, mais il se trouve aussi quelquefois en situation médiane comme nous l’avons vu chez certains individus de B. Mangini. L'orientation propre du parasite est donc celle de tous les autres Blastodinrum.
Je ne serai pas aussi affirmatif pour ce qui est de l'orientation par rapport à l’hôte. Je trouve en effet dans mes notes l’observation suivante qui est malheureusement unique : « le trophocyte est situé à la partie postérieure du corps », et l’esquisse qui accompagne cette observation montre effectivement dans un Scolecithrix, trois individus orientés de telle façon que leurs trophocytes se trouvent du côté du pylore du Copédode (fig. Lxxv). J’ai quelque hésitation à transcrire ici cette
FIG. LXXVI. Blastodinium elonss gatum Scolecinr thrix Bradyi ©
Le Scolecithrix est moins translucide que Îla plupart res L (x
observation qui fait exception à tout ce que nous con-
des autres pélagiques. Sa paroi intestinale est bourrée de globes de sécrétion réfringents, et imprégnée d’un pigment jaunâtre qui ne laisse apercevoir le contenu qu’avec une certaine difficulté. J’ai pu être le jouet d’une illusion, et je m’en veux de n’avoir pas renouvelé sur-le-champ l’observation. Ce sera un point facile à élucider, je n’y insiste pas davantage.
STRUCTURE. — La coque de B. elongatum est dépourvue de spinules
Le trophocyte n’en présente pas moins souvent des sillons hélicoïdaux
EDOUARD CHATTON
très marqués, homologues de ceux des B. spinulosum et B. crassum. Le cytoplasme est chargé d’un pigment dense, fixé sur un réseau
FIG. LXXVIIL Blaslodinium elongatum de Scolecithrix Bradyi Q (X 360).
à texture grossière, comme chez les Biastodinium des Corycæides et des Oncaæides, réseau dont les mailles emprisonnent de nombreux et gros globes de produits ternaires solubles dans les carbures. Ces amas de matériaux de réserve sont surtout importants dans la région équatoriale et aux pôles où ils masquent à peu près complètement le spectre centrosomien. Le réseau pigmenté est surtout bien visible dans les régions claires correspondant aux espaces nucléaires. Une particularité de ce Blastodinium est l'existence fréquente dans les formes au stade I de trois cloisons cytoplasmiques séparant quatre espaces nucléaires. Les scissions nucléaires sont ici plus précoces encore que chez les autres espèces Ainsi l'individu de la fig. LXxvI présentait, au moment où il fut mis en observation, trois cloisons cytoplasmiques et quatre noyaux, et ce n’est que deux heures après qu’apparut l’ébauche de la scission transverse.
Le parasite passe donc par un état quadrinucléé prolongé. |
La scission du trophocyte se fait suivant un plan légèrement incliné sur l’axe longitudinal. Elle sépare deux cellules inégales, mais dont l'inégalité est beaucoup moins accusée qu’elle ne l’est chez B. Mangini et chez B. Oncaae. Les divisions suivantes, au moins jusqu’au stade I-8 se font toutes dans le même sens. Elles se poursuivent jusqu’à la formation de 256 spocrocytes, ce qui marque la fin de l: sporogénèse. Il était fréquent en effet de rencontrer associés dans un même Copépode des individus à ce stade et des individus aux stades I, I-2, ou I-4. Il ne semble pas
y avoir ici, non plus que chez B. Mangini, B. navicula, de rythme
nycthéméral dans la sporogénèse.
La scissiparité s’effectue par une division du trophocyte identique
à celle qui sépare le gonocyte de la cellule initiale.
PÉRIDINIENS PARASITES 175
Blastodinium contortum CHATTON, 1908
Fig. 92-99 bis, pl. IX; fig. 127, pl. XI.
B. contortum CHATTON (1908, p. 136, fig. 111).
Type de l’espèce parasite de Paracalanus parvus CL., à Banyulssur-Mer. Fig. 92-94, pl. IX, et fig. LxXVIIT, LXXXVI, LXXXVII, LXXXVIII.
$S>mmoire Type et variété, p. 175. — Hôtes, p. 175.
I. — Caractères généraux, p. 176. — Condition solitaire, p. 176. — Forme, p. 177. — Orientation, p. 178. — Structure, pigmentation, p. 179. — Sporogénèse, p. 179. — Rapports du trophocyte et des sporocytes : orientation propre des parasites, p. 181. — Brièveté de la période ; poussées subintrantes ; stades polyblastiques, p. 182. — Relation entre le degré de développement du parasite et le degré de développement et la taille de l'hôte, p. 183. — Durée probable de la période et de la poussée sporogénétiques, p. 184. — Dinospores, p. 184. — Scissiparité simple accidentelle, p. 185.
IT. — Variations, p. 187. — Type contortum moyen, p. 188, — lormes supertordues, p. 190. — Formes détor-
dues, p. 191.
TYPE ET VARIÉTÉ. — Ce Blastodinium étant très polymorphe, il est
utile de préciser qu’en cas de démembrement justifié de l’espèce le nom de contortum sera conservé aux individus ayant la forme hélicoïdale représentée dans les figures désignées cidessus. Les figures 37, 100 à 104, XCIX à CXvI se rapportent à une variété qui se relie au type par une série d’intermédiaires, mais dont la majorité des individus est caractérisée par un galbe plus rectiligne, l’absence de hile, le défaut de pigment et d’inclusions cellulaires. Ce sera la variété B. contortum hyalinum, que j'ai donnée comme une espèce autonome lorsque, tout récemment, je lui ai identifié les formes qu'APsTEIN (1911) a décrites dans sa note sur les parasites de Calanus finmarchicus, sous la rubrique « Parasit I ». Il est à remarquer dès maintenant que B. contortum hyalinum existe seul dans les parages de Kiel, à l’exclusion des formes types.
HoTEs. — B. contortum et sa variété hyalinum ont tous deux pour hôtes à Banyuls-
FIG. LXXVIIT. Paracalanus parvus © parasitée par Blastodinium contortum type (x 160).
sur-Mer, Paracalanus parvus CL., Clausocalanus arcuicornis Dana et
C1. furcatus G. BRADY.
EDOUARD CHATTON
Sur 452 Copépodes dont l’observation a été relevée, qui hébergeaient ce Blastodinium, à Banyuls, il se trouvait :
307 Paracalanus parvus dont 41 à B. hyalinum ;
88 Clausocalanus furcatus dont 33 à B. hyalinum ;
57 Clausocalanus arcuicornis dont 32 à B. hyalinum ;
1 Calocalanus styliremis GTESBR.
FIG. LXXIX. Clausocalanus jurcatus Q parasitée par Blastodinium contortum type (Stade I). (x 150)
1 Acartia Clausi GIESBR.
La présence de B. contortum chez ces deux derniers Copépodes est une exception, du moins à Banyuls. Je dois dire que j’ai vu assez peu de Calocalanus, qui ne sont pas des plus communs dans la baie de Banyuls, mais par contre j'ai examiné de près des milliers d’Acartia clausi à cause des Paradinium qu’elles contiennent dans leur cavité générale. Les deux Blastodinium égarés appartenaient au type contortum. Leurs hôtes ne m'ont jamais montré à Banyuls d’autres Blastodinium. À Villefranche, j'ai rencontré un B. contortum type chez Clausocalanus arcuicornis.
Quant aux formes de la mer du Nord figurées par APSTEIN (1911), elles se rapportent toutes à la variété hyalinum. Elles existent, dit l’auteur allemand, non seulement chez Calanus finmarchicus, mais aussi chez Pseudocalanus (sp.?) et Paracalanus (sp.?), où elles sont même plus communes. Une seule fois, APSTEIN en a rencontré un individu chez Acartia clausi et un autre chez Centropages (sp.*). Il est regrettable qu’il n'ait
pas été jusqu’à la détermination spécifique de tous ces Copépodes. On voit que B. contortum et sa variété sont essentiellement des parasites de
Copépodes Gymnopléens.
J’étudierai d’abord les caractères généraux de l’espèce, puis les principales variations qu'ils présentent. La variété hyalinum sera considérée et
décrite comme une forme autonome.