‹ Les Péridiniens parasites: Morphologie, reproduction, éthologieChapitre 44 sur 119 · IT. VARIATIONS · texte numérisé non relu

IT. VARIATIONS

Pour analyser la forme des individus de cette espèce et rendre compte de lPétendue des variations qu’elle comporte il faut en considérer le galbe est la structure.

Les caractéristiques du galbe sont la longueur du pas de l’hélice, le nombre de ses tours, et le rapport du diamètre équatorial à la distance des pôles.

De la structure, il faudra envisager :

1° La situation des coques les unes par rapport aux autres, en particulier leurs distances aux pôles, qui varient selon le degré d’obliquité du plan de scission du trophocyte. Une scission très oblique, sublongitudinale, telle que le gonocyte est latéral au trophocyte, produit une génération de sporocytes qui déborde cette dernière également en avant et en arrière?. Une scis- ‘sion plus transversale, telle que le gonocyte est postérieur au trophocyte, a pour conséquence le refoulement de celle-ci en avant par les sporocytes qui se développent derrière elle ;

20 L’étendue du hile. Ce caractère est

4 , fonction de la durée FIG. XCI. Paracalanus parvus au 11° stade eyclopoïde, parasité par Blastodinium contortum (forme grêle). Stade I. (x 150). Le parasite

absolue de la période Oéi (rc een), sporogénétique et du degré de torsion de l’individu. Quand la période sporogénétique est courte,

les sporocytes d’une poussée ne se multiplient pas assez vite pour former

1. Je n’ai nullement la prétention de faire ici une étude méthodique de la variation chez B. contortum. Je n'ai de données biométriques suffisantes que pour un très petit nombre d'individus. Une étude de ce genre ne peut être entreprise avec toutes les garanties désirables de certitude, sur le matériel qui nous occupe, à cause de l’imposgibilité absolue, où l’on est de choisir les parasites tous au même stade, afin qu’ils soient rigoureusement comparables. Ceci est vrai pour tous les Blastodinium. De deux individus au même stade 1/32 par exemple, l'un peut avoir produit 20 poussées de sporocytes tandis que l’autre en sera à sa première,

2. C’est la même cause : division sublongitudinale du trophocyte, qui chez B. navicula, engendre le même effet: situation constamment médiane du trophocyte.

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à la coque qui les sépare de la poussée suivante, et qui se dilate au fur et à mesure que poussent les cellules qu’elle contient, un revêtement continu. Il subsiste alors un hile assez étendu. Quand la période est longue, les sporocytes recouvrent toute la surface de la coque qui leur est sous-jacente et le hile est réduit. Il peut même y avoir deux assises de sporocytes d’une même poussée.

On conçoit que le hile se comble le plus facilement chez les formes les moins tordues, puisque la torsion a pour effet de rendre tangentes intérieurement les unes aux autres les coques succes-

sives ;

3° Le degré de pigmentation.

TyPE contortum MOYEN. — Nous avons

vu que chez les individus jeunes, la torsion était égale à un tour, ou un tour et demi environ.

Nous considérons cette torsion d’un tour à un tour et demi comme originelle, nous réservant d'en justifier plus loin,

FiG. xCu. Blastodinium contortum de Paracalanus parvus (type moyen ET grêle); a, forme diblastique ; b, sa section en coupe optique. et nous la considérons

comme caractéristique du

type contortum pur. Ce type se trouve surtout réalisé par les B. contortum des Paracalanus adultes, tels que ceux représentés par les figures 94. L’hélice est à pas relativement court de sorte qu’en projection verticale l'individu présente une forme en $ ou en Z très accusée. Le corps est trapu. Le rapport du diamètre équatorial à la distance des extrémités est en

il L4 L4 # La 1.4 ps moyenne de 3: L'aspect général est robuste. L’extrémité postérieure

est généralement plus massive que l’antérieure. Celle-ci est souvent subaiguë, mais très rarement recourbée en crosse, ce qui est en rapport avec le médiocre allongement du corps.

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Ces Blastodinium ont en général 3 feuillets sporaux, au plus 4 ou 5 chacun d’une seule assise de sporocytes. Le trophocyte et les coques successives sont sensiblement équidistants des pôles du parasite, parfois un peu plus proches du pôle antérieur que du pôle postérieur. Ils ont la forme et la courbure de la coque externe, Le hile est toujours bien marqué. Il occupe toute l’étendue de la seconde coque, sauf son extrémité postérieure, qui est noyée dans la masse des sporocytes.

Fic. xour. Blasiodinium contortum de Clausocala- FiG. XCIV. Clausocalanus furcatus © à trois pléoni: nus furcatus. Forme grêle triblastique. (X 360). tes parasitée par Blastodinium contortum forme supertordue. (x 150).

Une forme telle que celle figurée en 94 avec son hile réduit et ses sporocytes 1 en deux assises, est exceptionnelle. Elle l’est aussi par le défaut de la pigmentation. La teinte du pigment est jaune verdâtre. Quand la dépigmentation n’est que partielle, elle est toujours beaucoup plus marquée au pôle antérieur qu’au pôle postérieur, au centre qu’à la périphérie,

FIG. XOV, Paracalanus parvus © parasitée par Blastodinium contortum, forme supertordue. (x 150)

remarque, en rapport avec l’allongement du corps, la courbure en crosse très accentuée de l’extrémité antérieure, et la tendance des coques à se rapprocher de cette extrémité. Le hile est plus étendu que dans les formes précédentes, ce qui est une conséquence de la torsion plus accusée. L’extrémité postérieure de la seconde coque affleure la surface complètement dégagée des sporocytes les plus anciens. Ces formes sont généralement bien colorées, mais leur pigmentation est sujette aux mêmes variations que chez les formes types. Elles sont loin d’être aussi communes que ces dernières. Elles se rencontrent

EDOUARD CHATTON

Les individus pigmentés sont plus chargés d’inclusions que les incolores. Chez ceux-ci, toute trace du substratum même du pigment peut disparaître. Ce sera la règle chez les formes de la variété hyalinum.

A partir de ce type contortum pur, la variation s'exerce dans deux sens opposés. Elle aboutit soit à une torsion plus accentuée du corps et à l’amincissement du galbe, soit à une détorsion accompagnée d’un empâtement de la forme.

FORMES SUPERTORDUES. — Les figures 95, 96, LXXX, LXXXI, XCIV, XCVII montrent des Blastodinium à 3 feuillets sporaux qui décrivent deux tours et deux tours et demi d’hélice, à pas très long. La distance des pôles peut atteindre 300 à 400 y.

Le rapport du diamètre

équatorial à la distance

EAN | des pôles est de = à 3” On

LL Si ER NEEES

aussi bien chez les Clausocalanus que chez les Fia. xovr. Paracalanus parvus ©

parasitée par Blastodinium

Paracalanus. Leur taille est en rapport avec contortum, forme supertordue,

celle de leurs hôtes.

groupe IT (scissiparité exceptionnelle) (x 150).

PÉRIDINIENS PARASITES 191

Ce type supertordu m'a fourni chez Paracalanus parvus un cas d'association binaire, d’origine vraisemblablement scissipare (fig. XCVIr). Les deux individus étaient en effet au même stade : 3 feuillets sporaux. Leur torsion, ainsi que leur élongation, était la plus accentuée que j'aie jamais observée. Ils étaient enroulés l’un sur l’autre, comme les deux serpents d’un caducée, mais ils avaient cependant leur orientation normale. Ils fournissaient ainsi le plus bel exemple d'utilisation maxima de la cavité intestinale.

FORMES DÉTORDUES. — La variation due au redressement du corps nous intéressera davantage, car elle aboutit à des formes qui sont beaucoup plus éloignées du type que celles que nous venons d'examiner, et que l’on doit même considérer, nous le montrerons, comme étant en voie de s’en isoler.

Dans ces formes redressées, les tours d’hélice ne sont plus représentés que par de simples sinuosités en S ou en Z, en double $ ou en double Z, soit qu’elles dérivent de formes à un tour ou à deux tours de spire. Car les unes et les autres paraissent capables de subir la détorsion. Celle-ci consiste surtout en un aplatissement du corps dans le sens latéral, en une atténuation des sinuosités dans le sens dorso-ventral. Une des conséquences du redressement est la réduction du hile, qui chez ces formes disparaît complètement lorsque la période n’est pas oui 22 stodinium

trop courte. Un autre phénomène qui est sans rap- contortum de Paracalanus parvus. Forme su-

port immédiat avec le précédent, puisqu'il se mani- pertordue, groupe I : & : (scissiparité exceptionfeste aussi bien chez les formes très tordues, mais nelle) (x 360),

dont s'accompagne presque toujours le redresse-

ment, c’est la dépigmentation partielle et le plus souvent totale. La figure 97 représente une forme tétrablastique parasite de Clauso-

calanus arcuicornis, qui paraît dérivée d’un type à faible torsion. A

part la crosse antérieure, il n’y à qu’une courbure dorso-ventrale,

A remarquer que le trophocyte est plus incurvé que le corps entier.

Le hile est très étendu, mais limité à la face droite du corps. Dépigmenta-

tion totale.

La figure 98 montre une autre forme redressée parasite de Clausoca-

EDOUARD CHATTON

lanus arcuicornis ; forme de grande taille, à 7 feuillets sporaux (430 y. sur 80 ) dont les deux premiers chacun à deux assises de sporocytes.

Abstraction faite de la crosse, une seule courbure médiane bien mar-

FIG. XOVIN. Clausocalanus arcuicornis Q parasitée par Blastodinium contortum, forme détordue (x150).

quée. Le hile est aussi, bien que très étendu, unilatéral. Le trophocyte a la courbure du corps, moins la crosse. Il est totalement incolore.

Les feuillets sporaux sont d’autant plus colorés qu’ils sont plus anciens. Mais leurs trophocytes antérieurs sont complètement dépigmentés.

La forme tétrablastique qui est représentée par la figure 97, parasite d’un Paracalanus, a un galbe plus complexe que les précédentes et dérive probablement d’un type à un tour et demi ou deux tours de spire. Le hile est à peu près complètement comblé. Il n’y a qu’un affleurement très limité de la coque 2 à la partie postérieure ventrale du parasite, et un autre encore plus réduit dans la région antérieure de la face ventrale. La courbure du trophocyte est moins accusée que celle du corps. La dépigmentation est incomplète, mais égale, ce qui est rare.

Chez tous les parasites précédents, le trophocyte est encore au moins aussi tordu que le corps. La

figure CvrIt représente des formes où le trophocyte et les coques les plus

jeunes sont plus redressés.

Ces formes à trophocyte redressé nous amènent au type Lyalinum, chez lequel ce galbe de la cellule initiale est de règle.

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Blastodinium contortum hyalinum CHATTON 1911

Fig. 37, pl. IV: 100-104, pl. IX.

B. hyalinum CHATTON (1911, p. 474).

« Parasit I», APSTEIN (1911, p. 207).

Type dela variété parasite de Ulausocalanus arcuicornis DANA, à Banyuls-sur-Mer. Fig. 100-104, pl. IX, et fig, ©, CI, CII, CIX, Cxv.

Sommaire Hôtes, p. 193.

I. — Stades polyblastiques, p. 195. — Forme, dimensions, orientation, p. 195. — Rapports du trophocyte et des feuillets de sporocytes, obturation du hile, p. 198. — Défaut de pigmentation et absence d’inclue sions, p. 199. — Labilité, p. 199.

II. — Stades monoblastiques et diblastiques, p. 200. — Relation entre le développement et la taille de l'hôte et le développement du parasite, p. 200.

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