EDOUARD CH ATTON
Il remplit toute la portion céphalothoracique du tube digestif du Copépode depuis la tête jusqu’à l’abdomen. Il la dilate à ce point qu’il paraît, de prime abord, habiter la cavité générale de l'hôte. Chez ce Blastodinium, l’élasticité des coques est si grande que ce n’est pas elle, mais bien la capacité de l'intestin de l’hôte qui limite le développement du parasite.
Le diagramme suivant montre, et d’une manière particulièrement nette, la relation qu’il y a entre la taille du parasite et le nombre de ses feuillets (lui-même fonction de la taille de l'hôte) :
Voici quelques formules qui donneront une idée approximative de la constitution des parasites à 3, 4, 5 feuillets :
On voit que la période est variable et que le nombre des sporocytes mis en liberté à la fin d’une poussée est en rapport avec le degré de développement du parasite. J’ai trouvé assez fréquemment et en plein jour des sporocytes en voie de libération.
DURÉE PROBABLE DE LA PÉRIODE ET DE LA POUSSÉE SPOROGÉNÉTIQUES. — Je n’ai pas de documents précis, numériques, sur la durée absolue de la période sporogénétique et la durée de la sporogénèse totale, à partir de la division de la cellule initiale jusqu’à la déhiscence de la poussée correspondante. Le fait d’avoir observé assez souvent en plein jour des sporocytes en voie de libération dans l’intestin, m’incite à penser que la durée absolue de la période sporogénétique est inférieure à vingt-quatre heures, c’est-à-dire à celle des espèces précédentes, et en général de toutes les espèces monoblastiques. Les poussées de spores seraient donc plus nombreuses en un temps donné que chez les autres Blastodinium qui parasitent les mêmes hôtes et comme elles ont en même temps plus d'éléments, il est permis de voir là la raison de la prédominance que nous avons notée au début de ce chapitre de B. contortum, chez Paracalanus parvus et chez les deux Clausocalanus.
DINOSPORES. — J'ai obtenu à plusieurs reprises les dinospores de cette espèce à partir de sporocytes déjà libérés dans l’intestin. La forme
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gymnodienne n'apparaît qu’au bout de quelques heures, et après une ou deux divisions à l’état libre, L’une de ces dinospores est représentée en 99 bis. Elle ne différe en rien de celles des autres espèces pigmentées. Gardées en chambre humide, elles s’arrondissent et s’enkystent au bout d’un ou de deux jours.
SCISSIPARITÉ SIMPLE ACCIDENTELLE. — Ce phénomène est tout à fait exceptionnel. J’ai dit au début de ce chapitre que je n’en avais observé en tout que trois cas seulement.
1er cas. C’est celui d’un parasite présentant à l’intérieur d’une coque externe, contenant elle-même n sporocytes, deux coques indépendantes protégeant chacune 1 trophocyte et 16 sporocytes (fig. LxxxIx). Si la forme de l’individu total ne laisse pas de doute qu’il s’agisse d’un B.
contortum, il faut reconnaître que la forme des coques secondaires est fort aberrante pour cette espèce. L’ensemble des deux coques secondaires occupe bien exactement la place qu’occuperait normalement l’unique coque secondaire. Mais chacune d'elles à la forme d’un croissant de lune sans marques de torsion en
hélice, et je me demande quel aurait FIG. LXXXIX. Blastodinium contortum de Clausoca-
bien pu être le galbe des deux indi- lanus furcatus. Individu scissipare. On remar- . . . 2 , quera la forme aberrante des coques internes. vidus qui seraient résultés de la (Préparation comprimée) (X 860).
déhiscence de la coque primaire. A remarquer aussi que dans l’une d’elles le trophocyte est équidistant des pôles, tandis que dans l’autre, il est en situation extrême. Ces trophocytes sont d’ailleurs singulièrement robustes.
Cette forme aberrante des parasites secondaires a peut-être la valeur d’une mutation, qui serait iei l’effet de ce phénomène exceptionnel qu’est pour B. contortum la scissiparité, agissant sur l’organisme comme le ferait un traumatisme. Il ne semble pas d’ailleurs qu’une telle forme ait jamais pu se fixer, du moins dans nos parages, car je n’en ai jamais trouvé
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d’autres exemples la rappelant de près ou de loin. Au surplus la scissiparité simple ne produit-elle pas toujours de semblables anomalies.
FIG. XC. Blastodinium contortum de Paracalanus parvus (forme type). Groupe IL (scissiparite exceptionnelle) (X 360).
Les deux autres cas étudiés en sont une preuve.
2e cas. Il s’agit de deux parasites indépendants rencontrés dans un même Paracalanus. Tous deux de la forme contortum type, ils sont rigoureusement semblables et exactement au même stade de leur sporogénèse : [.2.32.128, ce qui permet, je crois, d’écarter l’idée qu’ils pourraient provenir de deux dinospores qui se seraient simultanément introduites et parallèlement développées dans le Copépode. Ce n’est point là cependant une certitude absolue.
La figure xc les représente en place dans l’intestin du Copépode, lequel est vu par sa face droite. On voit qu’ils sont en situation réciproque, disposés au mieux de l’utilisation de leurs courbures pour la réalisation du volume minimum.
Cette situation, ils l’auraient probablement acquise par l’effet des pressions de la paroi digestive, s’ils ne l’avaient eue d'emblée du simple fait de leur disposition originelle dans la coque de l’individu initial. On peut concevoir que l’anomalie du cas n° 1 résulte de ce que les sporocytes fils n’ont pas, après la division qui les à produits, régénéré l’un sa moitié antérieure, l’autre sa moitié postérieure.
Le troisième cas, a été constaté chez la
variété hyalinum. Nous y reviendrons au paragraphe consacré à celle-
ci. Il faut peut-être aussi considérer comme d’origine scissipare l’asso-
ciation binaire de deux formes supertordues, représentées par la
fig OVH D. 101