‹ Les Péridiniens parasites: Morphologie, reproduction, éthologieChapitre 55 sur 119 · II. NUTRITION DU PARASITE · texte numérisé non relu

II. NUTRITION DU PARASITE

PARASITISME CHYLIFIQUE INANITIANT. — Castration parasitaire et tendance au nanisme chez les hôtes des Blastodinium suffisent à prouver que le Péridinien vit aux dépens du Copépode. Mais il ne peut tirer de l’organisme même de ce dernier les éléments de sa nutrition, car aucun appareil absorbant ne le met en relation directe avec lui. Il n’y à même pas contact intime et permanent entre le Blastodinium et l’épithélium intestinal de l’hôte. C’est donc uniquement du mélange de substances ingérées et des sucs sécrétés par le Copépode que le Péridinien tire ses nutriments. Peut-être les sucs digestifs de l’hôte n’interviennent-ils dans la nutrition du Blastodinium qu’en solubilisant les substances ingérées. Et il n’est pas certain même que la simple division mécanique, par le coxopodite masticateur, des corps qu’ingurgite le Crustacé, qui sont surtout des algues microscopiques, ne suffise pas, en provoquant la diffusion de leurs substances, à les rendre immédiatement absorbables par le Péridinien. La polarité même, polarité morphologique et dynamique, de la cellule initiale, indique que les échanges nutritifs ne se font pas à tous ses niveaux avec une égale intensité. Et c’est, semble-t-il, au pôle antérieur qui est le pôle végétatif du parasite, que ces échanges sont le plus actifs. Ce pôle, surtout chez les formes un peu volumineuses, est toujours bien antérieur à la région zymogène de l’intestin. Mais ceci n'implique nullement que les ferments ne puissent l’atteindre. Ce qui me paraît certain, c’est que la région antérieure du tube digestif est celle d’où le parasite tire la majeure partie de ses nutriments. Une comparaison des Blastodinium avec les Apodinium et les Haplozoon est d’ailleurs très instructive à cet égard. La cellule initiale des premiers, qui est Phomologue morphologique et dynamique des cellules proximale et céphalique des seconds,

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en est aussi vraisemblablement l’homologue physiologique. Je dirai plus : dans tous ces cas, c’est la polarité trophique qui à déterminé la polarité dynamique, sinon la polarité morphologique. Je reviendrai sur cette importante question en traitant de la sporogénèse itérative à la fin de ce mémoire.

Quoi qu'il en soit, si le parasite emprunte quelque chose à son hôte, ce ne peut être qu’une part des substances que secrète l’épithélium intestinal, soit avant qu’elles aient agi sur les ingesta, soit plutôt après qu’elles les ont attaqués. Il détourne ainsi à son profit une bonne part des nutriments du Copépode. Il agit sur lui en l’inanitiant, Le parasitisme des Blastodinium est proprement un parasitisme chylifique inanitiant.

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