VII RE 39 HD
Si l’on tient compte de ce fait que la paroi est déformable et qu’elle est de plus élastique et de cet autre fait que les parasites, lorsqu'ils sont nombreux, ne se trouvent pas tous au même niveau de l’estomac, on se représentera que les chiffres donnés ci-dessus sont d’autant plus inférieurs à ce qu’ils seraient en réalité, que le groupement est d’ordre plus élevé. Et la correction qu’il faudrait leur apporter réduirait les écarts déjà peu considérables des extrêmes. On arrive ainsi à constituer une série semblable à celle que nos statistiques nous permettent de former, avec lPhiatus caractéristique entre crassum et spinulosum ET.
Ainsi l’on s'explique l’existence du hiatus entre crassum et spinulosum, et l’on voit qu’il ne peut en aucune façon servir à plaider lautonomie des deux formes.
IMPORTANCE DES DIFFÉRENCES MORPHOLOGIQUES. — Que nous reste-t-il donc pour la soutenir ? D’abord la forme ! Les nombres et les courbes sont très expressifs, et on en joue avec facilité, mais ils n’approchent la réalité que de très loin et ils ne rendent compte, et combien grossièrement, que d’un seul caractère, parmi ceux si nombreux et dans le cas particulier, si difficiles à analyser, qui composent la forme.
A comparer un B. crassum au B. spinulosum le plus proche, d’un groupement binaire par exemple, l’on se rend compte que les actions de contact entre les deux individus du groupement sont tout à fait insuffisantes à expliquer les différences morphologiques qui les séparent du type crassum. Si l’on peut admettre à la rigueur que le profil rectiligne de la face dorsale de nos spinulosum IT est un effet des pressions réciproques qu'ils exercent lun sur l’autre, ceci n’est plus soutenable lorsqu'on à. affaire à des groupements dépassant dix individus où ceux-ci qui sont loin d’être rangés d’une manière régulière, dos contre dos, conservent cependant leur galbe caractéristique. Cette face dorsale est loin d’être toujours rectiligne. Elle est même le plus souvent concave (tandis qu’elle est convexe chez crassum). Et puis la face ventrale, qui ne subit
* Dans un cercle dans lequel on incrit 6 cercles égaux tangents intérieurement à la circonféreuce et tangents entre eux, on peut inscrire un septième cercle central égal et taugent aux six autres.
PÉRIDINIENS PARASITES 245
d'autre pression que celle de la paroi intestinale, pression qui s’exerce aussi sur B. crassum, la face ventrale a, elle aussi, un profil régulièrement courbe et non sinueux comme chez ce dernier.
INTERPRÉTATION DE LA SCISSIPARITÉ ACCIDENTELLE DE B. crassum. — En somme, de tout ceci, nous ne pouvons tirer aucune indication précise sur la valeur des espèces B. crassum et B. spinulosum. Usons d’autres moyens d'enquête. [l en est un généralement fécond qui nous fait ici presque complètement défaut : c’est l’étude des anomalies. Nous n’avons à ce sujet qu’un seul document concernant B.erassum. C’est l’unique cas descissiparité que j’aie pu observer chez cette espèce. L’individu est au stade I. I. 64 fig. XXI, p. 129. Je rappelle qu’il a été rencontréchez un Paracalanus parvus à quatre segments, et que sa crête hélicoïdale était complète. Il est done de la forme type et tout à fait comparable par sa forme, sa structure et son habitat aux formes solitaires non scissipares. Chez cet individu les deux trophocytes fils avaient une forme telle que lorsqu'ils auraient été séparés par la libération des sporocytes, c’est deux B. crassum types qu’il y aurait eu dans le Copépode, et non deux B. spinulosum. Et il n’est guère douteux que ces individus, au lieu de se disposer côte à côte dans l’estomac de l’hôte, se fussent placés l’un en avant de l’autre, comme cela arrive toujours pour les formes scissipares de B. inornatum, et qu’échappant ainsi à l’action du conflit de croissance, ils se fussent maintenus sous la forme B. crassum. Mais on nous objectera que, dans le cas qui nous occupe, la scissiparité s’est produite d’une manière très tardive, lorsque la forme crassum était déjà acquise, et que normalement les choses ne se passent pas ainsi ; que la scissiparité se produit aux stades reculés, sous la forme spinulosum, et que seuls les individus qui ne l’ont point subie deviennent des B. crassum.
IMPORTANCE DES STADES SOLITAIRES. — Nous ne pouvons chercher une réponse à cette objection que dans l’étude des stades jeunes qui, si la théorie uniciste est vraie, devront nous montrer tous les intermédiaires entre B. spinulosum et B. crassum.
J’ai observé spécialement une série de formes jeunes, parasites de Copépodes à deux ou trois segments abdominaux : B. crassum à galbe plus ou moins trapu, mais tous de la forme type, et un unique B. spinulosum solitaire, le seul que j’aie jamais rencontré sans trouver de transition. Ce sont là des documents tout à fait insuffisants et dont il serait vain de tirer des conclusions.
Le stade de passage de B. spinulosum à B. crassum peut être tout aussi
246 EDOUARD CHATTON
éphémère que le stade où B. spinulosum reste solitaire, et il peut très
bien m'avoir échappé.
C’est done une étude spéciale des tout jeunes stades qui fournira la
solution du problème.
Les constatations précédentes ne nous auront cependant pas été sans profit : il s’en dégage nettement cette notion que, quelque soit le degré actuel de différenciation de B. spinulosum et de B. crassum, c’est B. spinulosum qui apparaît comme la souche de B. crassum. B. crassum est un B. spinulosum dont la forme s’est modifiée par suite de la suppression de la scissiparité primitive.
Quant à dire si cette différenciation est un fait accompli, comme tendraient à le montrer les particularités morphologiques caractéristiques de B. crassum, ou si elle est encore en voie de s’effectuer, nous ne le pouvons. Car il est possible que B. crassum se reproduise toujours semblable à luimême tout en passant aux premiers stades de son développement par la forme spinulosum. Seule l’expérience pourrait trancher la question.
Dans toute cette discussion nous n'avons eu en vue que B. spinulosum et B. crassum type chez les Paracalanus. L'étude comparative de ces formes chez les Clausocalanus dans laquelle nous comprendrons aussi la variété inornatum, va nous permettre d'aller plus avant dans la recherche de leur degré de parenté. :
20 B. spinulosum, B. crassum s. lat. chez les Clausocalanus.
CARACTÈRES. — On sait qu'entre B. spinulosum des Paracalanus et B. spinulosum des Clausocalanus il y à une légère variation du galbe et de l’indice de pigmentation, qui ne nous a cependant pas paru suffisante pour considérer ces deux formes comme deux variétés distinctes. Mais pour la commodité du langage nous les distinguerons ici en faisant suivre le nom spécifique de la première lettre du nom de genre de Phôte.
Je rappelle que l’indice de pigmentation est 7,2 chez B. spinulosum P. et seulement 6,1 chez B. spinulosum C.
Etant donné le peu de précision de ces chiffres leur variation est trop faible pour que nous puissions en faire état ici. Il n’en est pas de même de la variation du galbe. Celle-ci ressort de la comparaison des rapports extrêmes qui sont :
Pour B. spinulosum P. de à -
PÉRIDINIENS PARASITES 247
Pour B. spinulosum C. de Es ue
Fous 5
eb par la comparaison des courbes de fréquence de tous les rapports relevés, pages :
L'espace plus grand offert par les Clausocalanus au développement de leur parasite peut expliquer cette variation du galbe.
Ainsi chez les Clausocalanus le galbe de B. spinulosum tend plus vers celui de B. crassum, que chez les Paracalanus.
Nous avons vu, d'autre part, que chez les gros Clausocalanus, B. crassum, et surtout sa variété inornatum présentaient fréquemment la multiplication endogène. Les groupes à deux et même quatre individus ne sont pas rares. J’insiste dès maintenant sur ce fait, que la scissiparité a été saisie sur le vif, chez des individus solitaires trapus de type crassum. Les individus par paires ou par quatre sont donc bien des formes scissipares de B. crassum ou de B. inornatum et non des individus de B. spinulosum qui se seraient épaissis postérieurement aux scissions qui les ont
produits. INEXISTENCE DU HrATUS spinulosum-crassum. FORMES INTERMÉ- DIAIRES. — Mais entre ces formes grégaires de B. crassum ou de
B. inornatum qui ont conservé le galbe trapu caractéristique du type et les B. spinulosum C'. typiques, il y à une série de formes intermédiaires. Il n’y a point ici comme chez Paracalanus parvus, d’hiatus spinulosumcrassum. Et l’on attribuera tout naturellement ceci à l’absence du conflit de croissance dans l’estomac plus vaste des Clausocalanus. L’étendue de l’espace offert aux parasites qui permet la multiplication endogène de B. crassum-inornatum permet aussi l’accroissement en épaisseur de B. spinulosum. La fragmentation de l’un et l’épaississement de l’autre aboutissent à la formation d’une série complète d’intermédiaires où il n’est pas possible de faire sur le vu de la forme et de la taille seulement, la démarcation des deux parasites.
S’il était démontré que dans cette série il n’y a d’une part que des formes qui se divisent après avoir acquis le galbe trapu, et d'autre part que des formes qui se sont épaissies après s’être divisées, on pourrait conclure à la dualité de l’espèce.
Mais si l’on observait que les différents types grégaires proviennent d'autant de types solitaires semblables, ayant acquis leur galbe avant toute scissiparité, il faudrait admettre l’unité spécifique.
Ici encore nous ne pouvons nous arrêter à un parti définitif. Tout ce
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que nous pouvons dire, c’est que si la filiation spinulosum-crassum n’est pas une vérité ontogénique, elle est au moins une vérité phylogénique. Et la même formule nous paraît applicable aux relations de B. oviforme et de B. Pruvoti avec B. spinulosum.
B. Mangini, B. Mangini-oncaae, B. navicula et B. elongatum.
En plus des deux caractères énoncés plus haut, ces formes présentent encore en COMMUN :
la condition toujours grégaire ;
la structure presque toujours monoblastique ;
l’indice de pigmentation élevé.
Si nous ne les avons joints, ces caractères, aux deux premiers, c’est que moins que ceux-ci encore ils peuvent impliquer une communauté d’origine des formes qui les possèdent. Ils interdisent même de rechercher entre elles une filiation directe, car ils témoignent, si nous nous en référons aux critériums dont nous avons fait usage jusqu'ici, qu’elles sont toutes au même degré d'évolution dans le sens parasitaire. Ceci nous interdit également d’en rechercher la souche parmi les formes que nous connaissons du groupe spinulosum, mais cependant point de leur attribuer à toutes une origine commune.
Rappelons, par exemple, que chez les formes grêles de B. oviforme, nous avons constaté une atténuation fréquente de la polarité morphologique par arrondissement du pôle postérieur, le déplacement en avant du plan de scission du trophocyte et enfin l’inconstance de la crête hélicoïdale.
Nous savons d’autre part que chez B. Mangini, B. Mangini-oncaae, B. elongatum, on observe parfois quelques vestiges sur le trophocyte du sillon hélicoïdal. Et chez B. elongatum, ils peuvent même être aussi accusés que chez B. spinulosum. D’autre part, chez B. Mangini oncaae, nous avons constaté une polarité toujours mieux conservée que chez le type. De sorte que, s’ilétait démontré que B. Mangini avait vraiment une souche commune avec le groupe spinulosum, nous serions amenés à considérer la variété comme la souche du type.
1. Dans pareil cas, la nomenclature taxonomique semble exprimer, on le voit, exactement l'inverse de ce que l’on considère comme la réalité. Cette apparente absurdité serait évitée si, au lieu du mot vwriété qui implique l'idée d’une variation à partir d’une forme souche on usait pour désigner la forme qui ne diffère d’une autre que par de faibles caractères — et c’est à cela que se réduit presque toujours le sens du terme en systématiqued’un vocable qui ne contienne pas l’idée de filiation, tel que paraspecies (parespèce) ou tout autre de ce genre. Une nomenclature dont le seul fondement est la priorité bibliographique ne peut prétendre rendre compte des relations phylogéniques des êtres et devrait exclure de son vocabulaire tout terme qui implique l'existence de
elles relations, Plus nos connaissances phylogéniques progresseront, plus s’imposera ce remaniement du voca-
PÉRIDINIENS PARASITES 249
Nous avons déjà fait la comparaison des deux formes à tous points de vue et justifié de la valeur taxonomique que nous leur attribuons.
Il nous reste donc à examiner les relations de B. Mangini avec B. navicula et B. elongatum. La dernière forme est trop insuffisamment connue pour qu’elle puisse faire l’objet d’une discussion phylogénique.
Quant à B. Mangini et B. navicula, ils n’ont guère en commun que leur tendance à la symétrie axiale et leur défaut de différenciation polaire. Mais ils diffèrent par contre par un caractère auquel, en raison de sa constance chez les formes qui le présentent (B. contortum et B. navicula), il faut attribuer une importance : c’est la division oblique sublongitudinale du trophocyte. On voit que l’existence de liens de parenté entre B. Mangini et B. navicula est tout à fait incertaine.
Blastodinium contortum et B. contortum-hyalinum.
Nous avons dit déjà que nous considérions ces deux formes comme très isolées des autres espèces du genre. La simple énumération des caractères du type permettra de se convaincre qu’elles ne confinent à aucun autre Blastodinium :
Forme plus ou moins tordue en hélice, à pôles non nettement différenciés;
Trophocyte à scission sublongitudinale ;
Jamais de sillon ni de crête hélicoïdale ;
Figure achromatique invisible chez l’organisme vivant ;
Condition solitaire ;
Stades avancés polyblastiques ;
La variété se différencie du type par :
Le redressement du galbe ;
L’amincissement du pôle antérieur et sa courbure en crosse.
Le renflement de la région médiane ventrale ;
La disparition du hile ;
Le défaut de pigmentation.
Mais nous avons vu-qu’elle s’y rattache par une série très complète de formes de passage qui nous ont montré toutes les étapes de sa différenciation. Les faits que nous avons constatés ici sont tout à fait de l’ordre de ceux que nous a offerts par exemple B. spinulosum clausocalani passant à B. inornatum. Dans un cas comme dans l’autre, disparition (sous des
bulaire, faute duquel taxonomistes et phylogénistes seront exposés à un éternel quiproquo. Voir, à ce sujet, le malentendu FAGE (1908) Dercourr (1909). Ceci jusqu'à ce que la systématique soit ce qu’elle devrait être : l'expression fidèle de la phylogénie.
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influences probablement différentes) d’un caractère paléogénétique : crête hélicoïdale ou galbe hélicoïdal, et dépigmentation. Celle-ci est complète chez B. hyalinum.
ISOLEMENT DANS LA MER DU NORD DE B. hyalinum ET DE B. contortum. — Ici, comme pour les autres formes en voie de différenciation, se pose la question de savoir si cette différenciation est achevée ou encore incomplète. Jusqu'ici, nous n’avons pas pu répondre. Dans le cas de B. contortum-hyalinum, un document d’ordre nouveau s’est ajouté à ceux que nous avons réunis nous-mêmes, et dont je tiens à faire état, malgré sa médiocrité, et seulement à titre d'indication.
Je rappelle que parmi les nombreux parasites indéterminés qu’Aps- TEIN a observés chez les Copépodes pélagiques des parages de Kiel, nous avons pu reconnaître un Blastodinium, et l'identifier à B. kyalinum. Tous les croquis donnés se rapportent à cette forme. L’absence de toute mention de coloration confirme l’interprétation des images. Or, du travail d’APSTEIN, on peut conclure que ce Blastodinium seul.existe dans la mer du Nord et la Baltique méridionale.
Voici sur quoi se base cette conclusion :
10 B. hyalinum a été observé dans 94 pêches différentes s’échelonnant sur les mois de mai et août 1906, août et novembre 1907, février, mai et août 1908, août 1909, à des époques où tous nos Blastodinium se montrent en Méditerranée.
20 Il a été rencontré : assez commun chez Calanus, très commun chez Pseudocalanus et Paracalanus, rare chez Centropages et Acartia claust. Or, parmi ces Copépodes, se trouve l’hôte de cinq Blastodinium méditerranéens, dont B. contortum, tous plus ou moins colorés. |
39 L’auteur examinait les Copépodes vivants, les dessinait et en peignait la couleur à bord du bateau. La plupart des parasites qu’il a observés sont beaucoup plus difficiles à distinguer que les Blastodinium, surtout que les formes pigmentées. Celles-ci n’auraient donc pas échappé à l’attention de l’auteur.
Force nous est donc de conclure que B. hyalinum est,au moins dans la mer du Nord, une espèce actuellement isolée de sa forme souche méridionale B. contortum.
Ceci nous amène à poser, sans aucune prétention à la résoudre, la question de la distribution et de l’origine géographique des Blastodinium. Mais nous possédons, la concernant, quelques indications que nous ne croyons pas devoir passer sous silence,
PÉRIDINIENS PARASITES 251
Quelques conjectures relatives à la distribution et à l’origine géographique des Blastodinium
C’est ici pour moi le lieu d’exprimer les regrets que j’ai de n’avoir pu, avant de mettre la dernière main à ce travail, faire une rapide enquête sur les Péridiniens parasites, et en particulier les Blastodinium, dans les mers du Nord.
De lexistence exclusive que paraît avoir constaté APsTEIx de B. hyalinum dans les mers du Nord, je puis rapprocher trois faits qui, certes, méritent d’être contrôlés, mais qui semblent indiquer comme celui-là que les Blastodinium sont essentiellement des organismes des mers chaudes. Ce sont :
1° Le ralentissement de la sporogénèse que j'ai observé à Banyuls chez B. spinulosum, B. crassum, B. Pruvoti!, à l’approche de l’hiver, durant le mois de novembre 1906 ;
20 La rencontre durant le mois de mars, à Banyuls et à Villefranche, des seuls B. contortum et B. hyalinum. |
30 Le défaut, pendant les mois d’août, septembre et octobre 1912, probablement en rapport avec la moyenne exceptionnellement basse de la température de l’eau de B. Pruvoti, malgré l’abondance des Clausocalanus.
Genre SCHIZODINIUM CHATTON 1912 Fig. 40, pl IV, ct fig. 91, pl. VIII.
Schizodinium CHATTON (1912, p. 90).
Espèce type du genre : Schizodinium sparsum CHATTON 1912.
Sommaire Schizodinium sparsum. ” Hôte, p. 252. — Forme, structure, p. 252. — Pluralité et unité d’origine des individus, p. 252. — Sporogénèse
apériodique, p. 253. — Comparaison avec les Apodinium, les Blastodinium et les Oodinium. Affinités avec les Blastodinium, p. 253. — Caractère primitif de la sporogénèse, p. 254. — Parasitisme, p. 254.
Schizodinium sparsum CHATTON 1912
Schizodinium sparsum CHATTON (1912, p. 90, fig. 7).
Type de l’espèce parasite dans Pestomac du Copépode podopléen
1. Ces faits sont à rapprocher des constatations faites sur les Péridiniens libres par Gou@x (1905) : maximum des divisions du Ceratium fusus en juillet dans la Manche: par GRAN (1908): maximum pour C. tripos, C. fusus et C!. fusca dans le fjord de Kristiana en septembre par APSTEIN (1911 b) : maximum des divisions du Ceratiwm tripos au début de septembre, dans la mer du Nord. Défaut de multiplication en janvier, février, mars.
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Corycœus rostratus C1. (= Corycella rostrata FARRAN) à Banyuls-sur-Mer. Septembre-Octobre. Fig. 91, pl. VIIT.
Horg. — Les Corycœus rostratus ne sont pas rares dans le plankton de la baie de Banyuls, surtout en automne, septembre, octobre. Ils sont assez fréquemment parasités par un Blastodinium, B. Mangini, et beaucoup plus rarement par le parasite que je vais étudier. Depuis le début de mes recherches, je ne l’ai observé que chez 7 Corycœus en tout, alors que Blastodinium Mangini s'y est trouvé chez 67 individus. Je ne les ai jamais vus coexister chez le même hôte.
FORME. STRUCTURE. — L’apparence du parasite est des plus simples. C’est un corps à peu près sphérique, très peu ellipsoïdal, vivement coloré en jaune, de 20 à 50 y de diamètre et à pôles rigoureusement semblables. Il est orienté dans l’estomac d’une façon quelconque, complètement libre dans sa cavité. Une pellicule très mince, lisse et incolore, l’entoure toujours, intimement accolée au corps. Dès l’abord, celui-ci montre les caractères d’un dualisme très net. Il est partagé selon l’équateur en deux hémisphères, par une cloison qui apparaît plus colorée que les autres régions parce que le réseau chromoplastique qui supporte le pigment y est particulièrement dense. Cette cloison équatoriale est en continuité avec le cytoplasme périphérique également chargé de pigment. Seul, le centre de chacun des hémisphères apparaît incolore et lorsqu'on y regarde à un fort grossissement, on retrouve cette structure si caractéristique que nous connaissons déjà, du noyau des Apodinium et des Blastodinium : microsomes à peine plus réfringents que le suc interstitiel, rangés en files parallèles. Chacun des noyaux se colore en vert brillant par le vert de méthyle acétique, d’une manière massive.
Les chromoplastes forment dans le cytoplasme qui est incolore et sans structure apparente un réseau à mailles très irrégulières. Le pigment était présent et abondant chez tous les individus. Quelques pyrénoïdes çà et là, surtout vers les pôles.
PLURALITÉ ET UNITÉ D’ORIGINE DES INDIVIDUS. — Je n’ai jamais vu de tels individus isolés dans un Corycoeus. Dans tous ceux de ces Copépodes que j'ai observés, il ne s’en trouvait jamais moins de quatre et, quel que fût leur nombre, ils étaient tous égaux, semblables, indépendants les uns des autres. Peu nombreux, ils se présentent en file, puis en amas, distendant l’estomac lorsqu'ils se sont multipliés. Dans tous les cas où
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j'ai pu les compter avec précision, ils étaient en nombre pair. Leur nombre maximum m'a paru être voisin de trente.
Cette similitude rigoureuse des individus contenus dans un même Corycœus, leur nombre toujours pair, le fait aussi que leur taille était d'autant plus réduite que leur nombre était plus élevé, montraient dès l’abord qu’ils ne pouvaient provenir que d’une multiplication en progression géométrique, d’un individu initial unique, après son entrée dans le Copépode.
SPOROGÉNÈSE APÉRIODIQUE. — J'ai pu effectivement constater une fois la division simultanée de huit parasites dans un Corycœus. Cest un simple étranglement du corps à léquateur, précédé de la division des deux noyaux. Ceux-ci se scindent, sans spectre cytoplasmique visible, suivant un plan oblique par rapport à l’axe du corps. L'état binucléé se conserve donc à tous les stades du développement.
Remarquons que, contrairement à ce qui se passe chez les Apodinium et les Blastodinium, la première division du corps intéresse toujours la cuticule, de sorte que les éléments résultant de cette division restent toujours indépendants. De plus, le corps n’étant pas polarisé, les deux premières cellules qu’il produit sont homodynames, ainsi que toutes les suivantes.
Les éléments d’un même Copépode sont d'autant plus petits qu'ils sont plus nombreux. Il y a donc certainement une période de croissance consécutive à l’entrée du parasite dans l’hôte, suivie d’une période de
reproduction.
COMPARAISON AVEC LES Apodinium, LES Blastodinium ET LES Oodinium. AFFINITÉS AVEC LES Blastodinium. — Si l’on tient à compa-
rer un Schizodinium à un Apodinium ou à un Blastodinium, c’est au gonocyte ou aux sporocytes, et non au trophocyte qu’il faut l’homologuer.
Les deux caractères : indépendance des cellules-filles et défaut de polarité dynamique du corps, c’est-à-dire homodynamie des cellulesfilles, celui-ci beaucoup plus important que celui-là, distinguent nettement Schizodinium sparsum des Blastodinium. Ils rappellent par contre les Oodinium. Il y a certainement dans le cycle de Schizodinium un stade initial où le parasite est unique. Arrivé au terme de sa croissance, il subit comme un Oodinium une série de divisions dichotomiques qui aboutissent à la formation de spores.
On ne peut méconnaître cependant que Schizodinium se rapproche
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des Blastodinium par son mode de vie, par sa structure et en particulier son état binucléé et sa pigmentation. Il est à prévoir que des formes à caractères intermédiaires viendront combler la lacune qui sépare actuellement ces deux genres. Que chez un Blastodinium, la période de repos du trophocyte s’abrège jusqu’à ne plus excéder le temps qui sépare deux divisions successives des sporocytes, on aura fait retour à la reproduction synchrone des Schizodinium. Nous avons vu le cas se produire chez les Apodinium. Il en existe d’analogues comme on le verra dans la série des Haplozoon.
CARACTÈRE PRIMITIF DE LA SPOROGÉNÈSE. — Je dis: « aura fait retour » intentionnellement. Bien qu’en cette matière tout ne soit que pure hypothèse, je crois pouvoir avancer que la reproduction présentée par Schizodinium sparsum est un mode plus primitif que la sporogénèse de Blastodinium. C’est le mode de tous ceux des Péridiniens libres chez lesquels la simple scissiparité tend, en se répétant sans croissance intercalaire, à passer à la sporogénèse. C’est aussi le mode de reproduction des parasites chez lesquels le trophocyte n’est pas génétiquement polarisé.
Schizodinium sparsum nous offre par son mode de reproduction un intermédiaire entre la scissiparité primitive et la palisporogénèse très évoluée des Blastodinium.
PARASITISME. — Le parasitisme des Schizodinium est de même ordre que celui des Blastodinium. C’est aussi un parasitisme chylifique s’aidant encore de l’assimilation chlorophylienne. Au point de vue de leur pouvoir d’expansion, les premiers se trouvent, par rapport aux seconds, dans un manifeste état d’infériorité.
Qu’au pis aller, un Blastodinium Mangini ne fournisse pas plus de spores, en un temps donné, en vingt-quatre heures par exemple, pour une poussée qu’un Schizodinium,il peut, grâce à la sporogénèse périodique, en fournir chaque jour une nouvelle. Un Schizodinium ayant sporulé ne peut recommencer à le faire que si ses spores ont été ingérées par un autre Corycœus. C’est du moins probable, car il semble que les spores des Schizodinium, pas plus que celles des Blastodinium, ne peuvent se développer directement dans l’hôte même où elles ont pris naissance. Et tout naturellement, l’on est amené à penser que l’infériorité numérique du Schizodinium sparsum, par rapport au Blastodinium Mangini, chez Corycœus rostratus, a pour cause, toutes choses semblant égales d’ailleurs, sa plus faible capacité de prolifération.