ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les lésions anatomiques constatées lors des cholépéritoines sont très dissemblables.
L'aspect microscopique et histologique des voies biliaires, la nature clinique et chimique de la bile épanchée varient avec les cas publiés. Il est donc difficile de classer schématiquement les faits anatomopathologiques.
Nous étudierons successivement les lésions de la vésicule et des voies biliaires, les caractères de l’épanchement biliaire, les lésions associées.
Les lésions des voies biliaires
L'aspect macroscopique de la vésicule biliaire et des canaux extra-hépatiques est, dans la majorité des observations publiées assez caractéristique. La plupart des auteurs ont constaté l’existence d’une dilatation considérable des voies biliaires.
La vésicule très distendue est énorme, sous tension prête à éclater. Le cystique et l’hépato-cholédoque
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sont aussi très distendus, atteignant parfois les dimensions d’un gros crayon. Certains ont voulu que cette dilatation n’existe que lorsque coexistait une lithiase, cette opinion ne nous semble pas justifiée, car même lorsqu'il n’existe aucun obstacle, les voies biliaires sont dans la majorité des cas très distendues.
Cependant ce fait n’est pas constant, certains auteurs, en particulier KUMMER, ont trouvé une vésicule flasque comme si elle venait de se vider de son contenu cette opinion est affirmée par les dimensions anormales de la vésicule (8 cm., 5 sur 7 cm. dans le cas de KUMMER).
On peut donc penser que la vésicule antérieurement très distendue s’est vidée au moins en partie dans le péritoine. Dans d’autres observations telles celles de CURTILLET et de MoNDoOR, la vésicule au contraire loin d’être distendue, était scléro-atrophique.
Cette dilatation très fréquente se comprend facilement lorsque coexiste une lithiase, sinon il faut l’expliquer par une paralysie pariétale.
Lors de nos expériences, nous avons trouvé constamment une vésicule et des canaux biliaires très distendus prêts à éclater. Cependant dans le cas où nous avons obtenu un cholépéritoine, la vésicule était flasque.
Macroscopiquement, il n’existe aucune perforation ; même en la recherchant soigneusement, les auteurs n’ont rien constaté, seul MEYER-MAy devant la rosée biliaire qui se renouvelait sous ses yeux, trouva, en comprimant fortement la vésicule distendue un petit
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pertuis qui laissait passer un jet biliaire. Mais cette constatation ne vient pas infirmer les affirmations des autres auteurs, car la compression forte de la vésicule a pu faire éclater sa paroi.
La paroi externe est d'apparence variable : normale ou de coloration grisâätre, souvent violacée et parsemée de plaques, d’aspect gangréneux.
A la coupe, les parois de la vésicule sont parfois très minces et beaucoup d’auteurs ont insisté sur ce fait. Mais souvent elles sont très épaissies. BROCQ, Cur- TILLET, ROUILLARD et SCHWOB ont vu leur épaisseur dépasser 1 cm., FERRARI atteindre 3 cm.
Cet épaississement semble être souvent le fait d’une réaction œdémateuse constatée macroscopiquement et microscopiquement.
Les examens microscopiques montrent des lésions d'intensité très variable. En dehors de l’absence de toute perforation, les procès analytiques montrent des modifications plus ou moins accusées des parois vésiculaires.
Ces altérations ne peuvent d’ailleurs être systématisées car elles sont fort différentes.
Cependant les lésions de la séreuse et de la sousséreuse sont assez constantes quel que soit le processus pathogénique invoqué.
La séreuse ne présente parfois que des lésions hyperplasiques avec des modifications inflammatoires aiguës et une dilatation des lymphatiques (JoHaANsson). D’autres fois il existe, tel dans le cas de KUMMER, un envahissement de la paroi par des polynucléaires