TRAITEMENT
Lorsqu'il s’agit de péritonites par propagation, partielles, circonscrites, dont on a pu soupçonner la présence par des examens attentifs et répétés il est permis d'employer pour le traitement des moyens palliatifs. Il faut veiller avant tout au repos absolu du malade et de son tube digestif : la morphine en injections, le laudanum sous forme de lavements peuvent être utilisés. L’antisepsie intestinale nesera pas négligée. IL importe de ne pas employer les purgatifs, quelle que soit la constipation. Les bains seront suspendus. Quelques injections de sérum seront parfois utiles. On mettra sur le ventre du malade un sac de glace en ayant soin d’interposer entre ce sac et la peau une flanelle, ce qui permettra d'éviter le sphacèle.
Enfin dans certains cas On a pu employer avec succès, en injections sous-cutanées, le nucléinate de
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soude de la dose de 5o centigrammes en solution à 1 pour 100. On sait que ce médicament favorise l’hyperleucocytose : il semble donc tout indiqué dans la fièvre typhoïde.
Malheureusement, ces indications thérapeutiques ne pourront être que rarement suivies et mises en pratique. Nous avons vu que lorsque la péritonite se manifeste, elle le fait sous une forme ordinairement généralisée et avec des symptômes si variés que le diagnostic différentiel est le plus souvent impossible à établir. D'ailleurs il y a peu d’intérêt à le faire. Qu'il s'agisse de péritonite par propagation, d’appendicite para-typhoïde ou de perforation intestinale, la conduite à tenir est la même : il faut intervenir et intervenir rapidement. On n’est jamais sûr d’avoir affaire à un processus de propagation et il vaut beaucoup mieux courirles risques d’une opération que de laisser évoluer une perforation incertaine vers son issue fatale.
D'ailleurs la péritonite par propagation elle-même ne retire que des bonseffets de l'intervention. Qu'il suflise de rappeler lecas d’Alglave qui guérit à la suite d’une laparotomie : on procéda avec douceur et avec la plus grande prudence au décollement des anses intestinales qui adhéraient entre elles par de fausses membranes ; lorsque l'intestin fut libéré dans tous les points malades on referma le ventre, sans drainage (il ne s'agissait que de péritonite adhésive) par un double surjet au catgut, l’un sur le péritoine, l’autre surle plan musculo-aponévrotique.
On peut ajouter enfin, que si l'intervention n'ap- Porte pas toujours des résultats aussi excellents, elle permet le plus souvent de faire cesser les erreurs de diagnostic. C’est, pour le médecin tout au moins, une légère compensation,