CONCLUSIONS
I — Parmi les complications graves de la fièvre typhoïde il importe de donner une place à la péritonite par propagation, dont l'existence semble nettement démontrée par des observations précises et par les recherches bactériologiques ou expérimentales accomplies dans ces dernières années.
II. — Elle est causée par la migration, le cheminement à travers les parois intestinales des microorganismes qui sont contenus dans le tube digestif et dont la virulence s’est exaltée dans la cavité intestinale elle-même. Les principaux agents de sa production sont le bacille d'Eberth et le bacterium coli.
III. — C’est une complication rare. Cliniquement, elle ne présente pas des symptômes ou des caractères propres qui permettent de distinguer sa nature intime et d’en faire un type clinique bien déterminé.
Ces péritonites par propagation sont circonscrites ou généralisées et elles offrent un tableau symptomatique extrêmement variable :
a) Elles peuvent être latentes parce que les troubles fonctionnels auxquels elles devraient donner lieu disparaissent derrière l’état de prostration inhé-
rent à la fièvre typhoïde, ou parce que les réactions sont peu marquées, les phénomènes douloureux très atténués, l’évolution lente et torpide. Aussi ne relève-t-on le plus souvent que les cas dans lesquels ces manifestations sont très accusées et imposent l'attention.
b) Mais lorsque ces manifestations sont bruyantes, elles simulent alors des maladies et des accidents divers, appendicite, perforation intestinale et même granulie. En général, les péritonites par propagation et par perforation présentent des symptômes à peu près identiques ; il ne faut chercher un élément de diagnostic que dans la persistance ou la disparition de la matité hépatique.
IV.— Le diagnostic étiologique ne se fera donc que très difficilement ; le plus souvent il n’a été découvert qu’au cours de l’autopsie ou d’une intervention. Cependant, en présence de péritonites circonscrites, avec cortège de symptômes habituels, sans éclat, le diagnostic « par propagation » peut être établi et il est alors permis d’instituer un traitement médical : repos, suspension des baïns, glace sur le ventre, et même injections de nucléinate de soude. Mais lorsqu'il s’agit d’une péritonite généralisée, dont on ne fait que soupçonner la cause — propagation ou perforation — il importe de recourir au seul traitement qui offre quelque chance de succès, c’est-à-dire à une intervention rapide.
V. — Etant donné le processus spécial de la péritonite par propagation et aussi certaines trouvailles
d’autopsie, il est probable que cette péritonite n’est pas très rare dans la fièvre typhoïde, à un léger degré ettout à fait circonscrite. On est autorisé à se demander si quelques-uns des cas dans lesquels on a porté le diagnostic de perforation intestinale et qui ont guéri, n’appartiennent pas à cette catégorie ; on a rencontré eneffet des exemples où une péritonite, développée au niveau et par le fait de l’ulcération antérieurement à la perforation, a fait naître des adhérences qui circonscrivent l’épanchement des matièresintestinales et s'opposent ainsi au développement d’une inflammation suraiguë plus étendue.
Vu par le Président de la thèse :
CHANTEMESSE Vu, le Doyen,
DEBOVE
Vu et permis d'imprimer :
le Vice-Recteur de l’Académie de Raris,