LAPS ROC TE RER SC DESRERR'AULT
Nous ne connaissons aucun portrait de Pierre Perrault, aucun de Nicolas,
Nous avons reproduit deux portraits de Charles Perrault : l’un à 37 ans, gravé par Baudet d’après une peinture de Le Brun ; l’autre où ilestreprésenté beaucoup plus âgé, gravé par Edelinck, d'après une peinture de Tortebat. Ce dernier figure en tête du premier volume des /ommes illustres.
Lesprocès-verbauxde l’Académie de peinture indiquent deux autres portraits de Charles Perrault; l’un est le morceau de réception du peintre Lallemant (7 novembre 1671), l’autre, commandé à de Troy (25 avrilr67r) a été gravé par Baudet (24 octobre 1675).
Quant à Claude, l’image que nous avons reproduite, est une gravure d'Edelinck d’après un portrait peint par Vercelin.
Il existe au Louvre un tableau de Philippe de Champaigne où deux personnages représentés à mi-corps sont réunis dans le même cadre, et que l’on a coutume de nommer Les deux architectes. Le fond du tableau est formé à gauche par un bâtiment devant lequel se dresse
une Victoire tenant une couronne ; puis s'ouvre une perspective plus lointaine fermée par une colline ; à droite, on entrevoit une colonnade surmontée d'un fronton qui porte une statue. Au-dessous du personnage de gauche, enveloppé d'un manteau noir, une main inconnue a écrit surlatoile : Mansard; au-dessous du personnage de droite, vêtu de gris et qui, du doigt, semble montrer la statue, on lit : Perrault (Les inscriptions paraissent dater du xvin® où du xrx° siècle, car au xvi° on écrivait le plus souvent Mansart). La toile est datée de 7656.
Pour Mansard (il ne peut s'agir ici que de François, le premier des deux Mansard) la désignation est incertaine. Quand on compare ce portrait à l'estampe d’Edelinck d’après une peinture de Namur, on découvre entre les deux visages bien des dissemblances. Quant à Claude Perrault, pas d’hésitation : la mention est erronée.
Le tableau est de 1656. Comment à cette date Philippe de Champaigne aurait-il pu avoir la pensée de placer Perrault à côté de Mansart ? Ce dernier était alors à l’apogée de sa gloire : il avait construit Blois, Maisons et bien d’autres ouvrages qui excitaient l’admiration générale. A la même époque, Perrault avait peut-être quelque notoriété comme médecin, mais personne nese doutait encore de ses talents pour l'architecture ; il n'avait construit nile Louvre ni l'Observatoire. D'ailleurs, rapprochez la figure peinte par Champaigne de la gravure d'Edelinck d’après Vercelin : ni les traits, ni l'expression ne laissent place à aucune incertitude; ce sont là deux types d'hommes absolument dissemblables.
Quel est le personnage qui a jusqu'à présent passé pour Perrault? Peut-être est-ce le neveu du peintre, peintre lui-même, Jean-Baptiste de Champaigne. Si l’on regarae attentivement l'étude charmante où l'oncle à crayonné la tête aux cheveux bouclés de Jean-Baptiste
adolescent (musée du Louvre), le dessin que Jean-Baptiste a fait de lui-même et de sa femme (British Museum) et surtout cette admirable peinture du musée de Rotterdam où Philippe l’a représenté en compagnie de son ami Nicolas de Plate-Montagne, l'hypothèse que nous proposons ne paraîtra pas invraisemblable... Mais, ce qui demeure incontestable, c’est que le portrait n’est point celui de Claude Perrault.
On en peut dire autant d’un tableau du musée Vivenel à Compiègne, reproduit dans la Gazette des Beaux-Arts
de 1908, p.343.
PARIS VUS DUSPOUNAE
Jacques-François Blondel a reproduit dans son Archilecture française quelques-unes des notes manuscrites jointes par Charles Perrault au Recueil des dessins de son frère. Celle-ci qui se pourrait intituler « Paris vu du Louvre >» montre un gentil paysage, un peu sec, à la manière d'Israël Silvestre.
« La situation du Louvre est très belle et très avantageuse ; ilest bâti, sur le bord de la Seine, à l'endroit où toutes ses eaux, après avoir été séparées en plusieurs bras par les îles qu’elles forment, se réunissent en un large canal, fort droit, et long d’une grande demi-lieue; du bord de ce canal on découvre des aspects très agréables, tant du côté de la campagne, d’où l’on aperçoit les beaux coteaux de Chaillot et de Meudon, que du côté de la ville, d’où l'on voit les édifices du Pont-Neuf, de la place Dauphine, les tours de l’ancien Palais, celles de l’église Notre-Dame, et tout ce qui borde les quais des deux canaux. Au delà du fleuve est le magnifique bâtiment du Collège des Quatre-Nations, qui forme une grande place en tour creuse, dans le fond de laquelle est le portail de l’église de ce Collège, couronné d’un dôme très agréable,
et tout le monument enrichi des plus beaux ornements de l’architecture et de la sculpture. A l'endroit de ce large canal qui sépare le Louvre de cet édifice, est un port qu'on peut considérer comme un objet amusant à certains égards, parce que les appartements qui regardent sur la rivière en sont assez éloignés pour empêcher que ni le bruit, ni la vue trop distincte de ce qui se passe sur le port, n'ait quelque chose de désagréable, y ayant entre la rivière et ces appartements un jardin d’une largeur assez considérable. »