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Gravé par EDELINCK, d’après le portrait de VERCELIN.
rafraîchir le vin avec de la glace? — En cas de tremblement invétéré de la tête ou des membres, faut-il poser des cautères ? Pour le doctorat il soutint trois autres thèses : Un médecin peut-il se marier ? Peut-il voyager? — Un médecin peutil abandonner un malade? Peut-il faire prix avec lui — À l'approche de la fièvre quarte, faut-il pratiquer une saignéer ordonner une purgation? Dans le texte latin, ces questions ont je ne sais quoi de cocasse et de grandiose qui fait tout de suite songer à la Cérémonie du Malade imaginaire.
Claude fut-il un habile médecin ? Boileau l’a contesté, mais Boileau est suspect. Claude Perrault soignait sans doute les gens selon la mode de son temps : il les purgeaïit, 1l les saignaïit, et ils n’en mouraient pas tous.
Il nous a laissé la curieuse relation d’un voyage qu'il fit à Bordeaux avec son frère Jean, l'avocat. Ce dernier tomba malade, et trois célèbres médecins bordelais furent appelés à son chevet. Dans son journal, parmi de nombreuses remarques sur les monuments et les antiquités de la ville, Claude a consigné ses propres ordonnances et celles de ses confrères, car, naturellement, la Faculté était divisée ; il y avait discorde entre les quatre consultants. Quoi qu'il en fût, cette fois le patient trépassa.
Dans cette première partie de son existence, Claude avait déjà entrepris les études de physique
et d'histoire naturelle qui devaient lui mériter le renom d'un savant et le faire entrer à l’Académie des sciences.
Quant à l'architecture, il en eut le goût dès sa jeunesse, et l’on découvre un indice de sa vocation dans un de ses premiers essais littéraires. Charles avait imaginé un poème burlesque, les Murs de Troie, dont Claude écrivit le second chant. On y voit Neptune occupé à faire construire les remparts d’Ilion par une troupe de maçons limousins. Plusieurs scènes de cette facétie révèlent déjà «l’homme du métier », je veux dire l'architecte, non le poète.
Cependant las et tout en nage
De son pénible maçonnage, Neptune le ventre au soleil Goûtait un paisible sommeil, Durant que la troupe emplâtrée, Sur terre comme lui vautrée, Achevait sans trop se peiner
Le reste de son déjeuner.
Déjà l’un mettait sa jambette Nonchalamment dans sa pochette, Avalant son dernier morceau Après avoir bu dans un seau.
Un autre essuyait de sa basque‘ Les moustaches d'un vilain masque Que la sueur sur son minois
Lui fiten passant des gravois.
1. Note de Claude Perrault : En 1653, les basques des pourpoints étaient d’une grandeur énorme.
Lorsque l'heure étant achevée Qui, pour manger est réservée, Le sommeil du dieu futrompu Par maint et maint coup de l’estu!, Par maints raclements de truelles, D'auges, de rabots et de pelles, Par maints traînements de sabots Sur les planches des échafauds, Par la rude et triste harmonie Des sons aigus d’une poulie, Joints aux plaintifs gémissements De toute sorte d'instruments.
Le vocabulaire, les mœurs, les gestes de la « troupe emplâtrée », tout révèle ici que le rimeur a pratiqué la bâtisse et flâné sur les chantiers. ,
On se représente volontiers Claude Perrault en bonnet pointu, monté sur sa mule, parcourant Paris en long et en large pour se rendre chez ses malades, De temps en temps il ralentit le pas de sa monture, il rumine quelques vers, médite un problème de mécanique, considère les échafaudages d’un bâtiment en construction. Il rêve d’embellir la ville, il se voit à la tête d’une troupe de Limousins occupés à élever des palais et des arcs de triomphe. Puis il reprend sa course par les rues fangeuses, reçoit la boue des carrosses, et se répète comme le médecin de Molière : « Paris est étrangement grand, et