‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 103 sur 307 · Acla sine. p · texte numérisé non relu

Acla sine. p

AU MARTYRE m

encouragement et assistance ; soit qa'il survécût au combat, soit qu'il y pérît, le martyr, grandi par la majesté du sacrifice, acquérait un renom immortel en môme temps que la félicité d'en haut. Les païens comprenaient quelle force donnait à la victime volontaire renseignement et le secours qui la préparaient, la soutenaient pour la lutte, la glorification supn^me qui l'attendait dans le triomphe. Que tenter contre des fidèles épris de la mort, passionnés de souffrir? Tarir en écrasant ceux que la loi nommait duces factionu?n^ la source des exhortations', épouvanter les esprits par Texemple de châtiments terribles? La sentence capitale rendue contre saint Cyprien exprime cette pensée, et voilà que les fidèles, en l'entendant, s*écrient d'une seule voix : « Que Ton nous décapite tous avec « notre évéque ' ! » Las de carnage, un proconsul d'Asie avait dû renvoyer les chrétiens d'une cité accourus en foule devant son tribunal : « Malheureux, leur avait-il dit, n'avez- « vous point, si vous voulez périr, des cordes et des préciw pices'? » Aucune souffrance, aucun danger n'épouvantait les vrais croyants. Aux privations du cachot, saint Albiciade était préparé par toute une vie d'abstinence * ; suivre les martyrs devant le juge, au lieu même du supplice, recueillir leurs restes bénis, c'était jouer sa tête ; Alexandre, Origène, Théodosie et tant d'autres, devaient-ils reculer devant ce péril ^? Ni l'anéantissement du corps, ni la privation de sépulture, si redoutée aux temps antiques^ ne pouvaient ébranler les courages. On l'avait vu dans le récit de la passion de Polycarpe, dePionius, de Fructueux, joyeux de périr dans les flammes pour mieux affirmer leur confiance en la résurrection des membres détruits par les bourreaux ^

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