De morte Peregrini^ lU, XIII
2. S. August. Bretfic, collai, contra Donatistas, dies III, c. xni, n« 25.
lâO LA PRÉPARATION
c( comme sur une corne épaisse. Tel sera celui qui, par le « jeûne, a vu souvent de près la mort et s'est déchargé de son « sang, fardeau pesant et importun pour l'âme impatiente de « s'échapper. Il vous appartient bien, » continue-t-il en s'adressant aux catholiques, « il vous appartient bien de chan- « ger, pour des martyrs irrésolus, les prisons en des cabarets, « afin qu'ils ne regrettent point leur vie accoutumée, ne « prennent point d'ennui et ne s'épouvantent pas d'une absti- « nence nouvelle pour eux. Il n'avait jamais essayé de se a soumettre aux austérités, votre Pristinus, qui n'a rien du « martyr chrétien, tîorgé de tout, durant le cours d'une « détention nominale, il fréquenta les bains, il épuisa toutes <' les jouissances d'ici-bas, préférables, pensait-il, au baptême, o aux biens de la vie éternelle. Tout cela fait, apparemment o pour mieux le détourner de mourir, le soir du dernier jour « des assises, il parut devant le tribunal ; mais le vin d'aro- « mates que vous lui aviez versé pour soutenir ses forces « l'avait énervé. Sous les ongles de fer, dont son ivresse res- « sentait à peine les morsures, il ne put répondre au proconsul « et se dire l'esclave du divin Maître. Il ne confessa point, et « les tourments ne tirèrent de sa bouche que lés marques « ignobles de Tintempérance*. »
Ce vin de la dernière heure, dont Terfullien repousse et proscrit si rudement l'usage, les anciens le donnaient aux condamnés que Ton menait au supplice. Nous le voyons rappelé dans la passion de N. S. *, dans le récit de la mort de saint Fructueux'. Los chrétiens l'apportaient au martyr, empressés à lui prodiguer leurs soins, réclamant le secours de ses prières, lui donnant le baiser de paix, soutenant, enflammant son courage par leur admiration enthousiaste.
Dès l'heure où s'annonçait la persécution, l'Église s'efforçait donc d'armer les soldats de Dieu. Dans la prison, devant le juge, au lieu même du supplice, le chrétien recevait