s. Cypr. De lapsU
11. Enseb. VI, xu ; Passio s, Pionii, § 4 {Acta sine, p. 141).
idoloihyta dont la fumée était, enseignait-on, la nourriture des démons de l'Olympe *.
Feintes ou réelles, les défections dont se réjouissaient les gentils mettaient TEglise en deuil. Les femmes, dont le rôle fut si grand dans la propagation de la foi nouvelle, accueillaient par des larmes le retour de ceux qui avaient cédé aux idolâtres ; devant le proconsul lui-même, elles leur reprochaient hardiment leur faiblesse *. On se répétait que parfois la colère divine avait frappé sur l'heure ces malheureux : l'un d'eux, terrassé par le diable, avait tranché avec les dents sa langue blasphématrice'; un autre, monté au capitole de Carthage pour y abjurer, était devenu muet dès qu'il avait renié le Christ*. Obéir aux persécuteurs n'était pas même toujours une sauvegarde ; parfois, pour obtenir des dénonciations contre d'autres chrétiens, les juges faisaient mettre à la torture ceux qui venaient de renier Dieu ^
Il était, parmi les apostats^ des impudents, comme l'évêque d'Ilion qui devint prêtre des idoles • ; il en était de furieux, comme cet Helpidophore qui, passé au service des Donatistes, fit comparaître devant son tribunal et torturer le pasteur même qui l'avait baptisé^ ; il en était d'humbles et de désolés, mais que leur affliction ne suffisait pas à relever devant leurs frères. On s'écartait de ces malheureux, de ces lépreux, comme il est dit dans le Pastor d'Hermas •. Pas de salut, aux yeux des plus ardents, pour celui qui avait faibli. Un chrétien, torturé, épuisé de souffrances, demande quelque répit au magistrat; ramené à la prison, il y meurt des blessures qu'il vient de recevoir. Aurait-il, jusqu'au dernier souffle, confessé le Seigneur? nul ne saurait Taffirmer, et un doute pèse sur sa