Passio s. Symphoriani, S 2. [Acta sine. p
'onnance criminelle de 1670^ Titre XVHI. 7, 8, 9,
DES MARTYRS i87
salent souvent, au grand trouble de Tinslruction, les paroles des gouverneurs et les réponses des accusés.
Dès le début de l'audience, nous l'avons vu, naissait la confusion. Ce mot : « Je suis chrétien, » donné pour seule réponse aux interrogations préliminaires, jetait tout d'abord dans la procédure un empêchement inaccoutumé et souvent le débat se prolongeait sans que le chrétien parût comprendre les questions, les adjurations du juge, sans que celui-ci pût saisir le sens des réponses de Taccusé.
Le Christ l'avait dit : « Vous serez présentés aux gouverneurs et aux rois pour me rendre témoignage devant eux et devant les nations. Lorsqu'on vous mettra dans leurs mains, ne vous inquiétez point de savoir comment vous parlerez ; ce que vous devrez dire vous sera inspiré au moment même. Ce ne sera pas vous qui parlerez alors, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous *. » A l'heure de la confession, toute distinction d'ici-bas disparaissait pour le fidèle ; par une pensée de détachement suprême dont nous retrouvons l'expression jusque dans les types de l'épigraphie funéraire, son individualité terrestre s'effaçait et, devant le juge, il ne restait que le chrétien *. La lettre écrite par les Eglises de Lyon et de Vienne nous en apporte une première marque. « Sanctus, y dit-on, supporta des tourments dont la violence dépassa tout ce que l'on pourrait imaginer. Les impies espéraient lui arracher quelque réponse indigne et condamnable. 11 se montra si énergique qu'on ne put même lui faire déclarer son nom, celui de sa famille, de son pays, ni savoir de sa bouche s'il était libre ou esclave. A toutes ces questions, il répondait, en langue latine : « Je suis chrétien. » Pour lui, celte confession résumait tout : son nom, celui de sa patrie, de sa famille et le reste'. » « Qui parle ainsi », dit saint Chrysostome, en rapportant un trait semblable de saint Lucien, « qui parle ainsi
1. Matth. X, 18, 20 ; cf. Tertull. Scorpiace, § XI : « Prohibe! (Christus) meditari responsionem ad tribunal. »